Oui, la fin du monde peut être joyeuse

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Chroniqueur, comédien, auteur, François Morel arrive à faire rire en évoquant le temps qui s’égrène. Fort, très fort.

Pour reprendre une expression consacrée, on pourrait résumer François Morel en disant qu’il a plusieurs cordes à son arc. Mais le portrait ne serait pas complet. Talentueux et drôle, bien sûr, mais ce qui frappe d’emblée, lorsque la discussion démarre, c’est son amabilité, pour ne pas dire sa gentillesse ou son humanité. Autant dire que, malgré son titre apocalyptique, le spectacle qu’il présentera prochainement à Monthey sera marqué du sceau d’un humour riche et sensible. Un moment rare de nos jours, avec un François Morel seul sur scène interprétant toute une galerie de personnages.

Pourquoi avoir titré ce spectacle La fin du monde est pour dimanche?

Parce que c’est pour dimanche. Vous pensiez que c’était pour lundi ? Non, sérieusement, c’était la première phrase d’un livre de Michel Audiard où il évoquait la mort de son fils, un dimanche dans une voiture jaune. J’ai trouvé cette citation très jolie et très forte. C’est un spectacle où les gens parlent de leur vie, de leur destin. Mais pas en philosophant, je vous rassure. Tout cela avec une idée inéluctable, celle qu’il y a une fin. Une fin au spectacle, à la vie, à tout.

A-t-il évolué depuis sa création, en 2013?

Un peu, surtout dans la deuxième moitié. Au début de la représentation, on suit le texte, puis, une fois le lien avec le public établi, on peut commencer des mini-improvisations. Cela dit, le spectacle a eu des arrêts, j’ai fait plein d’autres choses entre-temps. Là, par exemple, je joue La vie (titre provisoire) à La Rochelle.

 

Et vous, depuis trois ans?

Euh… j’ai vieilli. Et puis, comme tout le monde, j’ai passé une année 2015 effroyable. Mais je continue.

Toujours l’envie de rire?

Ah ouais !

Comment sait-on qu’un spectacle va durer?

On ne le sait pas. On l’espère, bien sûr. Evidemment, c’est extrêmement agréable de voir que, aujourd’hui encore, on me demande La fin du monde est pour dimanche. Et j’ai toujours autant de plaisir à le jouer.

Comment donner envie à ceux  qui ne vous connaissent pas de venir au théâtre ?

Oh là, je suis nul pour la promotion. En fait, ma force, c’est la scène. J’essaie d’être bon et, après, que les spectateurs le disent à leurs connaissances.

Dans une critique, Le Monde vous a trouvé des airs de Bourvil?

J’adore Bourvil. Maintenant, je ne sais pas si la comparaison est fondée. Je suis assez différent, j’écris mes histoires. Peut-être ont-ils fait ce rapprochement, parce qu’on est Normands et qu’on a le sourire de travers. Sinon, Bourvil faisait beaucoup d’opérettes. Moi, je ne pourrais pas. Qu’est-ce que cela m’ennuierait !

Vous êtes déjà venu souvent en Suisse. Qu’aimez-vous chez nous, à part le chocolat?

J’ai même tourné un film chez vous, de Jean-François Amiguet : Au sud des nuages. A part le chocolat ? Il y a un vin que j’aime beaucoup, la petite arvine.      

Propos recueillis par Jean-Marc Rapaz

La fin du monde est pour dimanche, Théâtre du Crochetan à Monthey, mardi 5 avril

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