Mare Nostrum, musique d'avenir

Ce film, entre autres, la préparation de ce concert avec des musiciens venus de plusieurs pays.

Le film, en clôture du Festival Visages de Martigny, raconte un concert et un voyage dans la vie d’une école peu ordinaire. Il est aussi un hymne à l’échange entre les âges, les lieux, les cultures, les religions, les peuples.

C’est à la fois le titre d’un concert et d’un documentaire : Mare Nostrum. Le film sera projeté lors de la dernière soirée du Festival Visages de Martigny, à la fin mars. Le concert, œuvre de Jordi Savall, maître de musiques anciennes, mélange des instrumentistes et des chanteurs d’Arménie, de Turquie, de Grèce, d’Israël, d’Italie, de France, de Catalogne, d’Espagne et d’Angleterre avec une classe de la Scuola Vivante à Buchs dans le canton de Saint-Gall. Une école qui aide les êtres à « devenir ce qu’ils sont au fond d’eux-mêmes ». Quant au film, réalisé par Michelle Brun et Stefan Haupt, cinéastes indépendants, il relate la préparation du concert et raconte le voyage de la classe au Maroc dans le but de rendre visite à une école soutenue par Scuola Vivante. Ce sont Veronika Müller Mäder et Jürg Mäder, les producteurs du film et les directeurs de la Scuola Vivante, qui ont imaginé le projet avec Jordi Savall. Les élèves, de leur côté, désiraient faire la connaissance d’une école partenaire dans le Haut-Atlas. « Les deux projets, indique Michelle Brun, se complétaient mutuellement et les filmer était évident. C’est de cette manière que tout a commencé : un voyage musical autour de la Méditerranée avec des histoires de migrations, des va-et-vient entre les trois grandes religions monothéistes. »

 

Plus de 400 heures

La réalisatrice explique : « Stefan Haupt a réalisé les images du concert et à l’école. Le périple vers le Maroc a été filmé exclusivement par les jeunes eux-mêmes, sous la direction de Veronika Müller Mäder, après une formation aux techniques cinématographiques. Au montage, dont je me suis occupé, nous avons traité plus de 400 heures de matière première, composée de films et d’enregistrements sonores, mais aussi de textes, de dessins, de recettes, de journaux intimes, de chansons et de musiques … Les élèves ont pu assister au travail. Cette situation particulière a été déterminante pour le traitement de ces matériaux polyvalents et, finalement, pour la réalisation du film. » La musique est au centre de Mare Nostrum. Elle est sa raison d’être. Le concert lui-même, présenté en avril 2014 dans une église de Buchs, en est le fil conducteur. La musique rassemble par-dessus les langues, les croyances, les âges. Le concert regroupe miraculeusement des musiciens provenant des rivages méditerranéens. Et il rapproche les âges : les aînés jouent avec des collègues plus jeunes et avec la classe d’adolescents. On découvre des instruments inconnus, comme on débarque en Afrique, « un autre monde », chuchote la voix d’une élève.

 

Le secret du film

« L’échange entre les générations dans le film est réel, confie Michelle Brun. Les musiciens d’âges différents répondent aux questions des jeunes personnellement et honnêtement. Cet intérêt crée des émotions qui touchent profondément les personnes impliquées. Le fait que toutes les rencontres entre les personnages du film se déroulent à la hauteur des yeux, c’est le secret de ce film. » Finalement, c’est la musique qui apaise les cœurs, suggère Jordi Savall, comme l’amour. A l’image de cette mélodie du vent cueilli par l’un des musiciens séjournant dans le désert ou à l’image de la harpe qu’il faut accorder chaque fois avant de s’en servir, afin de remettre de l’ordre dans la création. Mare Nostrum, tel une musique d’avenir, figure un espoir, une utopie: vivre en harmonie, littéralement, malgré les différences ou grâce à elles. « C’est de là que nous tirons la force du changement et de l’espoir », conclut Michelle Brun.

 

           Marco Danesi

 


Mare Nostrum, à voir et à écouter le 29 mars, à  20 h, à la Fondation Pierre Gianadda, à Martigny. La projection sera suivie du concert de clôture du Festival Visages avec l’ensemble instrumental du Conservatoire de Martigny «   La Fanfaribole » sous la direction de Pascal Emonet.

Programme complet du festival : www.festivalvisages.ch. Commande du programme version papier : Pro Senectute Suisse — 021 925 70 10

 

Danser entre les clichés

Monsieur Georges, un vieil homme aux traits marqués, boit un café et lit le journal dans un bistrot valaisan. Alors qu’il pointe du doigt une annonce, une danseuse le prend par la main. En quelques virevoltes, elle l’entraîne dans une chorégraphie endiablée. Au bout de cette éruption sensuelle et athlétique, il revient à sa table et reprend un café, un autre, avant de plonger de nouveau dans son quotidien. Monsieur Georges est une marionnette protagoniste d’un court métrage destiné à promouvoir les activités et l’esprit de Pro Senectute Valais. Son créateur, Romain Guex, l’anime. Céline Fellay, la fait danser sur une musique de Basil Félix. Le propos est de s’écarter des clichés sur la vieillesse. De questionner la représentation des seniors. Et de montrer à quel point le partage est fondamental. Le film s’intitule tout naturellement La rencontre, car, selon le slogan de Pro Senectute, on est « plus fort ensemble ».   

 

M.D.


Projection suivie d’un échange avec le public, le lundi 25 mars, à 18 h, Espace Saint-Marc, Le Châble. Infos sur www.festivalvisages.ch

 

 

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