Marc Aymon, le rebelle aux accordéons

© Olivier Lavey

En reprenant des chansons du patrimoine pour son dernier CD, le chanteur valaisan avait surpris tout le monde. Il s’apprête à faire encore plus fort en se produisant sur scène avec 30 accordéonistes !

N’allez jamais dire à Marc Aymon qu’il a repris des chansons de notre patrimoine pour faire plaisir à Alain Morisod ! « Surtout pas », rétorque-t-il avec fougue. Non, si le chanteur valaisan a réarrangé des œuvres d’avant 1930 dont Le vieux chalet, c’était bien dans une démarche rock’n’roll. « Tout le monde m’a traité de fou, me disant de ne pas faire ça ! » En bon rebelle, il a donc décidé d’aller à contre-courant, de ne rien faire comme les autres avec ce projet sorti à la fin de 2017. Intitulé O bel été, chansons éternelles, il se présente sous forme d’un disque et un carnet de chant d’une septantaine de pages illustrées par Cosey, pardon du peu !
La genèse est difficile à établir. On dira que le dernier-né de cet artiste de 37 ans vient de l’écoute de La délaissée (1890), une chanson dont il est tombé amoureux et qu’il a incorporée à ses tours de chant, surprenant à chaque fois les auditeurs, en expliquant qu’elle avait plus d’un siècle. « Moi qui fuyais le patrimoine et pensais que les trésors étaient toujours cachés ailleurs sur la planète, je me suis mis à chercher dans le répertoire local des titres qu’on pourrait revisiter et réarranger. »

 

Encore plus loin

Qui l’eut cru ? O Bel été a connu un succès international, permettant à ce bourlingueur de se produire dans une vingtaine de pays. Avec de jolies surprises à la clé, certains spectateurs se proposant de chanter des titres de leur propre patrimoine, comme à Dublin, en Irlande.
Rebelle un jour, rebelle toujours ! Pour deux spectacles dont l’un au Théâtre du Jorat, le 5 mai, il a décidé de se faire accompagner, en plus de son groupe folk habituel, des trente accordéonistes de Bulle ! Autant dire que cela va décoiffer. Ils seront utilisés à toutes les sauces, explique l’artiste, « parfois en fond sonore, parfois en solo ou alors en percussions. J’ai vraiment envie de dynamiser — j’allais me tromper et dire dynamiter —le patrimoine. »

Admirateur de Patty Smith et de Nick Cave entre autres, le Valaisan se réjouit de ce moment à venir. On est loin du gamin assis au dernier rang, à l’école, qui ne disait rien. « Jusqu’au jour où la maîtresse m’a proposé de chanter, parce que j’avais un joli brin de voix. Cela a changé ma vie, la première guitare. » Et un répertoire qui n’avait rien à voir avec celui des dragueurs en culotte courte : « Non, je n’ai pas appris Le Sud de Nino Ferrer. A l’époque, c’était Kurt Cobain et Nirvana. » S’il s’est un peu assagi depuis, « mais l’important, c’est de rester fidèle à soi-même » le bonhomme continuera de surprendre. « Je ne sais pas encore où je vais, mais, en revanche, je sais que le prochain projet sera complètement différent. » On te croit Marc, on te croit !      

             

 J.-M.R.

 


Informations

O bel été, chansons éternelles, Marc Aymon avec les accordéonistes de Bulle, le 5 mai au Théâtre du Jorat à Mézières   

 

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