Laurence Revey suit son instinct

La chanteuse valaisanne s’entoure toujours de musiciens de renom. ©Jean-Bernard Sieber

Chants sacrés, pop électronique, rock ou encore jazz. Impossible de cataloguer l’artiste valaisanne. Ça tombe bien, elle fait tout pour échapper aux étiquettes. A voir à Fribourg.

« J'ai l’âge que l’on me donne et je suis une citoyenne européenne!» Avis aux curieux, Laurence Revey aime cultiver le mystère et ne répond jamais simplement aux questions. La chanteuse – et auteure-compositrice – valaisanne est parfois déroutante. Elle n’en a cure. Entre pop électronique, rock, jazz et chants sacrés, la Sierroise d’origine sait où elle va et trace son chemin avec un certain bonheur, s’entourant à chaque étape créative de musiciens de talent. A voir ou plutôt à écouter prochainement à Fribourg.

Tout au long de votre carrière, vous avez surpris en cultivant des registres très différents. Vous n’avez jamais craint que le public ne se perde?

J’ai tracé ma route en me laissant guider par mon instinct. Je suis autodidacte, autrement dit mes références sont multiples, ce qui me laisse beaucoup plus de liberté. Mais j’ai quand même un fil conducteur, une identité sonore qui se retrouve dans mes albums.

Autodidacte, donc vous chantez, là aussi, instinctivement?

J’ai la chance d’avoir une belle voix. Il m’est arrivé de prendre des cours ci et là, suivant les envies et les besoins. Après, c’est vrai je compose et rédige des textes, mais je ne sais ni lire ni écrire la musique. Mais, une fois encore, j’estime que c’est une aubaine de ne pas être formatée. Cela dit, je prends soin de travailler avec des gens ouverts, qui m’aident par exemple pour les langues puisque je ne parle pas le patois et l’anglais.

Sur votre site internet, vous faites référence aux très nombreux artistes qui vous ont accompagnée et influencée comme Peter Gabriel ou Kate Bush: vous êtes nostalgique des années 1980?

Je ne crois pas. En fait, j’écoute de tout. Petite fille, j’aimais Orly de Brel même si ne comprenais pas grand-chose, ignorant alors qu’Orly était un aéroport. Maintenant, je crois que j’aime avant tout les musiques qui font danser.

Vous avez fait une incursion dans le cinéma?

J’ai contribué à une chanson pour L'immortel de Richard Berry avec Jean Reno. Cela s’est très bien passé, de manière naturelle. Là encore, c’est une manière d’élargir ma palette.

Vous vous dites citoyenne européenne, le Valais reste un point d’ancrage?

J’ai un rapport assez clair à mes origines. J’ai la chance de toujours avoir ma petite grand-maman et ça compte. Maintenant, j’ai éprouvé très tôt le besoin de voyager, de partir, j’ai besoin d’être dans quelque chose qui bouge.

On sent de la tendresse quand vous parlez de votre grand-mère.

Je dois tout aux aînés. C'est la génération des mes grands-parents qui m'a élevée et qui m'a tout appris. C'est au contact des aînés que j'ai appris le monde. Et ma grand-mère a été une véritable partenaire et inspiration pour mon parcours.

Votre prochain disque?

Il sortira en fin d’année, avec un livre où j’explique ma démarche et je réponds à des questions.      

Propos recueillis par J.-M.R.

Théâtre Nuithonie, Salle Mummenschanz, samedi 13 décembre à 20 heures.

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