La Traviata débarque au Jorat !

© Simon Gosselin & DR

Rares sont les spectacles qui font l’unanimité. Et pourtant, l’adaptation de La Traviata de Verdi au Théâtre des Bouffes du Nord a suscité un tsunami d’éloges. A voir prochainement à Mézières.

Le pari était osé. En proposant un spectacle mi-opéra mi-théâtre à partir de La Traviata de Guiseppe Verdi, le sol était pour le moins glissant. Mais Benjamin Lazar, Florent Huber et Judith Chemla ont fait mieux qu’éviter les fausses notes. Leur adaptation a été saluée par une presse unanime comme rarement. De Libération au journal Le Monde en passant par Les Inrockuptibles, les compliments ont plu comme rarement. Le Canard enchaîné a même osé : « Veni, Verdi, Vici ! ». Bref, c’est dire si le passage de la troupe au Théâtre du Jorat, à Mézières, revêt un caractère exceptionnel. Directeur de la Grange sublime, justement, Michel Caspary n’est pas avare non plus d’éloges : « Dès que le plateau s’illumine, tu es pris. » Reprenons : Traviata, vous méritez un monde meilleur est donc bien à mi-chemin entre l’opéra et le théâtre. Avec des comédiens-chanteurs, comme Judith Chemla dans le rôle principal. Ce mélange des genres ne nuit pourtant pas. Et Michel Caspary de citer un extrait de presse évoquant « un soprano d’une puissance folle » pour la comédienne. Bref, les mélomanes y trouveront leur compte comme les néophytes, souligne-t-il. Et je me réjouis d’amener l’opéra à la campagne. D’abord, parce que le Jorat a une longue tradition lyrique et une acoustique magnifique qui se prête bien à cet art. Et puis, c’est un peu comme lors de la venue du Béjart Ballet Lausanne. Nous avons des spectateurs qui voient pour la première fois ce genre de spectacles. Ils n’iraient pas à l’opéra ou dans une salle de ballet, parce que la rumeur dit que c’est guindé, que c’est cher. Mais ils viennent chez nous. »

 

 

La triste vie de Violetta

L’opéra à la campagne, c’est d’ailleurs encore mieux lorsque le décor du spectacle colle au lieu. Dans Traviata, vous méritez un monde meilleur, la scène est justement sobre, très nature. « Oui, il y a vraiment beaucoup de verdure dans ce décor. » Et, pour ceux qui vont profiter de cette occasion pour découvrir l’art lyrique, quelques éléments de rappel. Inspiré de La dame aux camélias de Alexandre Dumas, le chef-d’œuvre de Verdi est aujourd’hui encore un des opéras les plus joués de par le monde. D’une durée d’environ deux heures en trois actes, La traviata (littéralement la dévoyée) conte l’histoire d’une courtisane, Violetta, qui s’étourdit dans la fête pour oublier sa maladie, la tuberculose. Par amour, elle s’éloignera toutefois de cette vie de débauche. Mais elle va se retrouver seule et ruinée avant de mourir dans les bras de son amant revenu trop tard. « C’est triste, mais pas larmoyant. Il y a une tension qui est très belle. Franchement, j’ai vu ce spectacle et c’est un vrai coup de cœur. »      

J.-M.R.


La Traviata vous méritez un monde meilleur, mercredi 12 et jeudi 13 juin, Théâtre du Jorat, Mézières

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