Jacky Milliet : légende vivante du jazz

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A 83 ans, le clarinettiste jurassien n’a pas fini de faire swinguer le public.

S’il fallait résumer la carrière de Jacky Milliet, on citerait ses disques vendus à plus de 100 000 exemplaires et les légendes du jazz Revival qu’il a côtoyées. Bill Coleman, Mezz Mezzrow, Barney Bigard … La liste est longue et elle ne cesse de s’allonger puisqu’il continue d’enchaîner les performances.

 

Pourtant, rien ne prédestinait ce natif de Porrentruy à une carrière musicale au long cours. Tout a commencé par un disque de jazz reçu pour ses 18 ans. « Ça m’a donné envie de faire de la clarinette, alors j’en ai acheté une avec l’argent que mon père me donnait pour mes études et j’ai rejoint une bande de copains qui cherchait à monter un orchestre. »

 

Imaginait-il la suite de l’histoire ? « Jamais ! Je pensais juste m’amuser avec mes amis et faire danser les gens dans les bals. » L’artiste en devenir a beau avoir mis sa passion en veille pendant une dizaine d’années — le temps de fonder une famille et reprendre la pharmacie de son père — son destin de clarinettiste le rattrape.

 

Il monte un orchestre, s’en suivent quelques concerts avec Albert Nicholas, grand clarinettiste américain. Un événement dans la région : « C’est un peu comme si Pelé était venu jouer quelques matchs de foot avec l’équipe du coin ! » Vient ensuite la rencontre avec Claude Luter, une référence dans le courant Nouvelle-Orléans : «Ça a été début d’une belle aventure qui m’a permis de jouer avec des musiciens aussi célèbres que talentueux. »

 

Il y a plus de 60 ans que Jacky Milliet fait swinger les mélomanes à travers festivals et clubs de toute l’Europe et l’octogénaire continue d’arpenter les salles avec un dynamisme surprenant. Mais n’allez pas le féliciter pour ça: «Je veux que les gens m’applaudissent pour ma musique, pas en fonction de mon âge.» Gageons que le public du Théâtre du Pré-aux-Moines, à Cossonay (VD) saura l’applaudir à sa juste valeur.

           Barbara Santos

 

Jacky Milliet en duo avec le pianiste Fabrice Eulry, Théâtre Pré-aux-Moines, Cossonay, le 21 novembre

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