Gautier Capuçon : « Je suis quasiment Suisse ! »

Le violoncelliste virtuose Gautier Capuçon sera à Genève pour une soirée de gala en faveur des jeunes musiciens.

Rien de plus beau que d’apprendre et de jouer, même sur le tard : le credo pour la musique du fameux violoncelliste Gautier Capuçon — frère de Renaud — est sans appel. Il en a même fait profiter ses enfants. Interview.

Vous soutenez la Fondation Crescendo con la musica qui permet notamment à de jeunes musiciens d’accéder à la formation grâce à des bourses d’études. Et vous étiez déjà à l’affiche du premier Gala. Vous êtes sensible à la démarche de la fondation ?

Beaucoup. Le travail de Jorge Viladoms, qui en est le fondateur, est absolument extraordinaire et essentiel. Je suis très touché par son histoire personnelle et son lien avec tous ces enfants. On sait à quel point la culture et la musique sont importantes dans le développement des enfants, et encore plus quand ils n’ont pas la chance d’y avoir facilement accès. La musique est une manière de s’exprimer, de pouvoir se réaliser, de panser certaines blessures, de partager. C’est parce que j’admire ce que fait Jorge que je suis très heureux de partager ce concert avec lui et avec les danseurs.

 

Comment se passe, pour vous, une journée type ?

Jusqu’à mes 25 ans, j’ai travaillé au minimum sept à huit heures par jour sur mon instrument. Aujourd’hui, je travaille quasiment non-stop, mais différemment. J’ai toujours un travail quotidien sur l’instrument, et une préparation physique, car, comme les sportifs de haut niveau, nous pouvons nous blesser. Je passe beaucoup de temps sur les partitions dans une démarche d’analyse et de compréhension des œuvres et j’ai aussi d’autres tâches en dehors de ma vie de concertiste. Je m’occupe de ma classe de violoncelle à la Fondation Louis Vuitton et, depuis le début de cette année, j’ai une activité sur Radio Classique.

 

Vous avez deux petites filles et une épouse, elle aussi violoncelliste brillante. Arrivez-vous à ne pas être trop directif dans leur apprentissage musical ?

L’aînée joue du violon, mais fait surtout de la danse intensivement, et la cadette a commencé le violoncelle, pour l’instant … très relax. Pour tout parent, il est difficile de savoir comment être là, mais pas trop, ce que nous découvrons, ma femme et moi. Je crois que nous ne sommes pas assez impliqués pour le moment. Lorsque j’ai dit à ma deuxième fille que nous allions devoir lui trouver un professeur, elle m’a répondu : « Papa, je n’ai pas besoin de professeur, je suis violoncelliste. » Elle a un tempérament très cool … et je pense qu’il va falloir que je m’occupe un peu plus de la situation ! Mais elles sont toutes les deux mignonnes et adorent la musique.

 

Vous êtes Savoyard. Avez-vous des liens avec la Suisse ?

Oui ! Je dis toujours que je suis quasiment Suisse. J’y suis souvent, j’adore le pays et j’y ai beaucoup d’amis.

 

Peut-on apprendre un instrument après 50 ans ?

Bien sûr. On apprend moins vite qu’à 5 ans, mais, si on en a le désir, il n’y a rien de plus beau. Les instruments à cordes sont un peu plus difficiles au début que le piano, mais, avec un bon professeur et de la constance, il faut se lancer sans hésiter.

 

 

           Martine Bernier

 


À VOIR

Bâtiment des Forces Motrices, Genève, 25 novembre : Gala Crescendo con la Musica, avec Jorge Viladoms, des danseurs étoiles du Mariinsky Ballet, Maria Khoreva et Xander Parish et Gautier Capuçon

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