François Berléand, un acteur tout-terrain

 Dans Ramsès II, François Berléand fait face, sur sa chaise roulante, à un gendre particulièrement retors, revenu d'Egypte sans son épouse.
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Son nom ne brille pas au firmament des stars. Pourtant, il suffit de voir sa tête à l’écran ou sur scène — il sera bientôt à Fribourg — pour qu’on le reconnaisse immédiatement.

Il y a d’abord ce regard perçant. Glaçant parfois, joueur souvent, voire amusé, c’est ce qu’on remarque en premier chez François Berléand. Et, si son nom n’évoque pas tout de suite quelque chose à vos interlocuteurs, il suffit de montrer une photo pour que sa gueule déclenche une vague cinématographique. A défaut d’avoir jamais eu un physique de jeune premier, le bonhomme ne passe pas inaperçu, que ce soit à l’écran ou sur scène. Il faut dire aussi que, à 66 ans, ce fils de commerçant russe de gadgets américains (!) peut se targuer d’une filmographie longue comme le bras. Idem pour ses prestations au théâtre. L’homme est peut-être boulimique, mais les propositions de rôles lui tombent dessus, les unes après les autres.
Plutôt pince-sans-rire, il est aussi d’une franchise quelquefois déroutante dans ses interviews. On sent qu’un rien l’amuse et qu’il ne se prend pas au sérieux, malgré ses Césars du meilleur acteur et du meilleur second rôle ou encore son Molière du meilleur comédien. Ses choix d’acteur le montrent bien. Il est partant pour tout et il n’est jamais mauvais. Il a fréquenté aussi bien le théâtre subventionné que l’équipe du Splendid. Il a tourné avec les plus grands réalisateurs, sans jamais dédaigner la comédie — on l’a vu encore dans le dernier Dany Boon — ou l’action avec Luc Besson notamment.

 

Trois verres, ça va…

Bref, l’homme est partout et c’est sans doute ce qui explique ses aveux — un comble pour lui qui a interprété un nombre incalculable de fois le rôle d’un inspecteur — à l’hebdomadaire L’Express à qui il expliquait être atteint de phobie administrative. Autrement dit : « Je suis foutraque, je ne note rien, mon bureau est un bordel sans nom. » Et ça ne date pas d’hier : « Lorsqu’une inspectrice des impôts a débarqué chez moi en 2000, elle a été sidérée de voir toutes mes feuilles de Sécu non remplies et m’a conseillé de prendre une assistante. »


Boulimique, François Berléand l’est aussi devant les plaisirs de la table et les bons vins. « Ce que je fais après avoir bu trois verres de vin ? Je m’en ressers un quatrième.» Il précise toutefois savoir qu’une consommation excessive nuit à la santé et qu’il ne boit jamais avant de conduire. Reste à savoir s’il prend souvent le volant de sa voiture où il reconnaît, avec honte, être atteint d’une forme de syndrome de La Tourette : « Je me fais pitié tellement je vitupère, j’enchaîne les gros mots. »
Un brin excessif donc. Mais cela ne doit pas faire oublier un talent d’acteur reconnu aussi bien par le public que par ses pairs. Les spectateurs fribourgeois pourront en bénéficier d’ailleurs prochainement dans la pièce de théâtre, Ramsès II, qui a fait un carton à Paris. Il interprète un père de famille qui attend, avec sa femme, l’arrivée de sa fille et de son gendre de retour d’Egypte. Mais le gendre, pervers, débarque tout seul. Où est passé son épouse ? On ne vous racontera pas la suite, tout au plus vous dira-t-on que c’est une pièce de Sébastien Thiéry, auteur quelque peu déjanté, qui n’avait pas hésité à se mettre à poil devant la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, lors de la 27e Nuit des Molières.

J.-M.R.


Ramsès II, Théâtre Equilibre à Fribourg,15 et 16 novembre

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