Blanche-Neige si sensuelle

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Créé en 2008, le ballet du chorégraphe vedette Angelin Preljocaj n’a pas pris une ride. Ni les costumes signés Jean Paul Gaultier. A voir en exclusivité suisse à Fribourg.

Publié la gentillette version de Walt Disney et retour au conte original des frères Grimm ! C’est ce qu’a réalisé le chorégraphe Angelin Preljocaj en offrant au monde une vision revisitée de Blanche-Neige. Et quelle vision ! L’acariâtre reine mère a beau prendre des rides, elle est sexy en diable habillée par Jean Paul Gaultier. Eh oui, les costumes de ce ballet sont l’œuvre du créateur parisien et ont, sans aucun doute, contribué à son succès, comme pourra en juger le public lors des deux soirées prévues à Fribourg en exclusivité suisse.

Directeur du Théâtre Equilibre-Nuithonie, Thierry Loup ne cache d’ailleurs pas sa satisfaction à l’idée d’accueillir ce grand ballet — 24 danseurs — « qui a reçu de multiples prix dont le Globe de cristal du Meilleur spectacle de danse ou opéra en 2009. J’ai eu la chance de le voir, à l’époque, et cela faisait longtemps que je rêvais de les avoir chez nous », avoue-t-il. Avant de rassurer tout le monde. « Même si l’on peut parler d’une version sensuelle de Blanche-Neige, cela reste un spectacle tout public. » De fait, le chorégraphe et Jean Paul Gaultier sont tout simplement revenus aux sources. Le conte évoque bien une reine dont la splendeur s’étiole au fil du temps et une comparaison d’autant plus cruelle avec une jeune fille au firmament de sa beauté. Lors de la création du ballet en 2008, Angelin Preljocaj soulignait d’ailleurs sa volonté de rester fidèle à la version des frères Grimm. Pour lui, « la marâtre est sans doute le personnage central du conte. C’est elle aussi que j’interroge à travers sa volonté narcissique de ne pas renoncer à la séduction et à sa place de femme, quitte à sacrifier sa belle-fille. »

 

 

« Un ravissemenT »

On vous rassure à notre tour. Les nains et le prince charmant n’ont pas disparu pour autant, ils évoluent bien sur les musiques de Mahler qui garantissent l’aspect classique de ce spectacle. Pour le reste, les critiques gaulois se sont aussi bien extasiés sur la qualité du ballet que sur des costumes mettant en valeur celle qui s’apprête à croquer la pomme. Le journal du dimanche évoque une « Blanche-Neige habillée-déshabillée par Gaultier qui serait plutôt une coquine, un brin délurée » dans un article titré Blanche, mais pas comme neige. La journaliste de Libération, elle, a été étonnée par une marâtre, « Domina, gainée de noir et majestueuse », tout en insistant sur des décors et une création qui est un ravissement. Et dans le Journal du dimanche toujours, on relève que l’œuvre de Angelin Preljocaj est « un grand ballet populaire comme on n’en a pas vu depuis Béjart ».  

 

  J.-M.R.


Blanche-Neige, Théâtre Equilibre à Fribourg, 16 et 17 mai

 

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