Pauvre petit ange!

@DR

Reprenant le flambeau du regretté Philippe Kerr, auteur de La trilogie berlinoise, Fabiano Massimi nous plonge dans un polar passionnant avec L'ange de Munich, d’autant plus qu’inspiré de faits réels s’étant déroulés au cœur du nazisme.

Angela Raubal est retrouvée morte dans la chambre d’un appartement munichois. On est en 1931 et tout indique un suicide. Problème, la jeune femme au visage d’ange a utilisé le pistolet Walther de son oncle et tuteur égal, un certain Adolf Hitler avec lequel elle vivait. Classer l’affaire serait le plus simple, mais dans l’opposition et même au sein du clan nazi où les rivalités sont exacerbées, tous ne sont pas du même avis. Et qui est ce mystérieux H. qui laisse des indices pour le commissaire Sauer? Himmler, Heydrich, Hitler, Hess, Hofmann le photographe? 

Présenté par son éditeur comme le successeur de Philippe Kerr, l’écrivain Fabiano Massimi a fait un important travail de recherches avant de se lancer dans sa trilogie munichoise. Les premières pages peuvent donnent à penser que c’est aller un peu vite en besogne que de comparer les deux auteurs. Notamment parce que le commissaire Sauer semble trop sûr de lui, fait d’un bloc, sans faille apparente. Mais très vite les fissures apparaissent et dieu sait si elles sont profondes. A défaut d’être aussi cynique que le héros de Kerr, notre homme va aller de désillusion en désillusion. La chute sera vertigineuse et il lui faudra mordre à son tour sous peine d’être dévoré. 

Alors oui, L’ange de Munich est passionnant.  A plus d’un titre. Une intrigue solide et documentée, des personnages attachants, Sauer, son adjoint et Rosa, l’amoureuse du commissaire, il y a de quoi saliver rien qu’avec ces ingrédients. Mais avouons-le, s’approcher aussi près des monstres et sentir l’odeur du souffre constitue aussi un argument de poids pour qui s’intéresse à l’histoire et essaie de comprendre l’horreur de cette période.

J.-M.R.

L’ange de Munich, Editions Albin Michel

 

 

 

0 Commentaire

Pour commenter