Le général Pinard

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Une BD témoigne d’une pratique peu connue de la première guerre mondiale. Dans les tranchées, il n’y avait pas que le sang des poilus qui était versé. Le picrate coulait à flots lui aussi, sur ordre du commandement français.

On sait depuis l’Antiquité que les armées marchent rarement à l’eau et au pain. Pour traverser la France en quelques jours, les forces allemandes carburaient aux amphétamines. En fait, depuis l’Antiquité, les drogues les plus diverses ont servi à décupler l’ardeur des soldats au combat. Mais en 14-18, les poilus, eux carburaient au vin. Et ceci sur ordre du haut commandement qui a régulièrement revu à la hausse la dose quotidienne des pauvres types dans les tranchées, la ration étant au final de 1 litre par homme.

Pour « alimenter » les troupes, c’est donc tout un commerce parallèle qui a dû se mettre en place, une économie de guerre qui comptait son lot de profiteurs, comme Fernand dans cette bande dessinée qui vient de paraître, Pinard de guerre. Un lâche, un salaud ? Pas vraiment. Si notre marchand de vin refuse de se battre, c’est parce qu’il connaît déjà les horreurs de la guerre. A cette intrigue bien construite, s’ajoute en fin d’album un cahier didactique des plus édifiants sur cette pratique peu connue du conflit. A lire.

J.-M.R.

Pinard de guerre, Grand Angle, Editions Bamboo

 

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