Des bulles voyageuses

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De l’Amérique aux frimas de la Russie  en passant par l’Algérie, voilà des albums qui nous transportent aussi dans le temps. 

J.-M.R.

Sigrid, Editions Delcourt

Bien avant Christophe Colomb, des Vikings auraient mis les pieds sur la terre du Nouveau Monde. C’est ainsi qu’Istrid, une jeunefemme avide de découvertes se retrouve à Terre-Neuve alors que son équipage a été victime d’une foudroyante maladie. Là, elle va rencontrer un indien Béothuk. Ils ne parlent pas la même langue, mais vont se comprendre pour survivre notamment face à des compatriotes de la navigatrice. En dehors d’une intrigue sanguinaire, on admire les magnifiques paysages dessinés par Patrick Pion qui nous donnent une irrésistible envie de grands espaces.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La dernière ombre, Editions Glénat/Vents d’Ouest

En parlant de survie, les combats entre Allemands et Russes durant la Première Guerre mondiale nous amènent dans des contrées enneigées. Un petit groupe de soldats compte ses blessés après avoir été mitraillé par un avion du Kaiser. Les trouffions, emmenés par un drôle de duo, un lieutenant de l’ancien régime, et son sergent, plus que pragmatique, se réfugient dans un Château où l’ambiance devient de plus en plus tendue alors les enfants arrivés avec les fuyards sympathisent avec ceux qui se cachaient déjà sur place. Et qui est cette dernière ombre, ce fantôme que les fantassins imaginent comme la mort? Un album ­- le premier d’un diptyque, très dense ­– à l’intrigue glaçante, soutenue par un dessin en parfaite adéquation avec chaque situation. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Karolus Magnus, L’empereur des barbares, Editions Soleil

On chante celui qui a inventé l’école, mais le Charlemagne de cet album est un conquérant impitoyable, n’hésitant pas à s’ailler aux ennemis de ses ennemis pour imposer sa main de fer sur de nouveaux territoires. Bref, ça ne rigole pas, ça complote dans tous les coins du Château et le lecteur s’y perd parfois. Il vaut sans doute la peine de s’accrocher, ne serait-ce que pour un dessin impressionnant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Légio Patria Nostra, Main de bois, Editions Glénat

A défaut d’aimer le boudin, on ne peut que regarder avec respect le sort de ses légionnaires transformés en terrassiers en Algérie. Une discipline de fer, un soleil écrasant et le jeune Laï qui va devoir apprendre la discipline et le sens du devoir. Tout en essayant de sauver du bordel la belle Zélie. Notre héros y parviendra-t-il, retiendra-t-il les leçons du capitaine Danjou, surnommé main de bois. A lire essentiellement pour l’ambiance très virile de cette unité composée de délinquants ou autres fuyards venus de de toute l’Europe pour y apprendre l’honneur et devenir de véritables frères d’armes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gianna, Editions Albin Michel

Italie des années 1970: la liberté sexuelle s’apparente encore  à de la science-fiction. C’est ce que va découvirir Gianna, jeune étudiante à la libido plutôt débordante. Mais face à la société et à des médecins catégoriques, elle ne gagnera pas ce combat. De joyeux, le sujet devient sérieux, tragique même. Heureusement, la technique de l’auteure, Arianna Melone, faite de crayon de couleur et d’aquarelle apporte de la douceur à cette histoire qui n’en demeure pas moins passionnante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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