Christine Pompéï réussit à faire aimer la lecture aux enfants!

L'auteure Christine Pompéï et certains de ses personnages qu'adorent ses jeunes lecteurs. © Wes Photographie, DR

Installée à Epalinges (VD), la Bretonne Christine Pompéï est tombée dans l’écriture un peu par hasard. Mais lire a toujours été une évidence pour l’auteure de Les Enquêtes de Maëlys qui connaissent un franc succès. Rencontre.

Christine Pompéï est lumineuse, à l’instar des boucles d’oreilles jaunes en forme de fleurs qu’elle porte le jour de notre rencontre. Ses paupières sont teintées d’un fard ocre pailleté qui donne à cette quinquagénaire un air espiègle et pimpant. Cette mère de deux adolescentes est l’autrice à succès de Les enquêtes de Maëlys, dont le 26e récit vient d’être publié*. Elle a aussi plusieurs autres histoires à son actif, comme celles Des histoires de Millie D. sur la RTS, née en période de semi-confinement.

>> Ecouter un épisode de Les histoires de Millie D.

Pourtant rien ne prédestinait Christine Pompéï à écrire des histoires pour les enfants. Traductrice de formation, elle constate que Maëlys, sa fille aînée alors âgée de 8 ans, n’aime pas lire. «Elle est dyslexique et la lecture était quelque chose de laborieux pour elle. Pourtant, à la maison, je lisais tous les soirs des livres à mes filles. Nous allions très souvent à la bibliothèque. Ne sachant pas comment intéresser mon aînée à la lecture, j’ai décidé de créer Les enquêtes de Maëlys. Comme ma fille, le personnage de mes histoires est espiègle, intrépide, cascadeur. En plaçant les intrigues dans des lieux que j’avais visité avec mes enfants, je suis parvenue à leur donner envie de me lire.» 

Avant de faire connaître son héroïne au public, la Française s’était d’abord mise à coucher sur papier des contes et des légendes de Suisse. « En Bretagne, où j’ai grandi, on raconte tout un tas de légendes bretonnes aux enfants. Mes filles grandissant en Suisse, je me suis intéressée à celles de notre pays d’adoption. C’est important pour moi qu’elles plantent leurs racines ici et qu’elles connaissent la Suisse. J’ai d’ailleurs visité beaucoup de lieux dans différents cantons, car j’avais envie de leur faire découvrir les environs, de leur donner une base locale. Petite, je vivais à la campagne et ma famille ne partait pas en vacances. Mes voyages, je les ai faits grâce aux livres et à mon imagination débordante. Chaque fois que j’ouvre un bouquin, je me plonge dans la scène, je vois les lieux, les personnages…»

Mots choisis

L’aspect local des histoires que Christine Pompéï invente, pas uniquement celles de son héroïne intrépide, a contribué à son succès. Sans oublier les mots choisis qui ciblent un jeune lectorat. Enfin, l’authenticité des personnages, très proches dans leurs goûts et leurs caractères des enfants que l’autrice a côtoyés, fait mouche. Toutefois, certains jeunes n’essaient même pas d’ouvrir un livre. Alors que faire? Pour l’autrice palinzarde, il n’y a pas de miracle: il faut s’entourer de bouquins et en ouvrir régulièrement devant les enfants ou les petits-enfants pour que cela leur donne envie de faire de même. «Si vous aimez lire et que vos enfants vous voient un livre à la main, ça va leur donner envie. Chez moi, il y a toujours des bouquins qui traînent ici et là. Certains grands-parents m’écrivent pour savoir comment s’y prendre avec leurs petits-enfants. Une piste que je leur donne est d’aller sur les lieux Des enquêtes de Maëlys. Le château de Chillon, Lucerne, la cathédrale de Lausanne… visiter les endroits dont je parle dans mes livres va permettre aux enfants de s’intéresser aux histoires. Sans oublier que cela créera de jolis souvenirs chez les deux générations. » 

Autre astuce qui fonctionne: lire à haute voix des récits. Pour les parents, cela peut prendre la forme d’une histoire chaque soir avant d’aller au lit. Quant aux grands-parents, ils peuvent instaurer un rituel de lecture à chaque visite. Demander aux petits d’imaginer la suite de l’histoire que l’on vient de leur lire ou encore leur proposer d’en dessiner les personnages sont autant d’activités que l’on peut faire en famille autour d’un livre. Une façon de rendre la lecture plus vivante et d’impliquer même les plus petits qui ne savent pas encore lire. 

A noter également que de plus en plus de bibliothèques de quartier ou de villages rivalisent d’imagination pour attirer les jeunes publics. Lectures par des auteurs, ateliers autour du livre, animations diverses sont souvent au programme et permettent de faire une sortie familiale différente. «Lorsque les enfants grandissent, on peut aussi leur demander de nous lire un chapitre ou encore alterner les lecteurs, suggère Christine Pompéï. Se retrouver en famille autour d’un livre, c’est un moment agréable et convivial. Une petite bulle de bonheur. C’est précieux.» 

Yseult Théraulaz

>> * Les enquêtes de Maëlys, tome 26: Le fantôme du lac noir, Editions Auzou Suisse

A chaque âge, sa lecture

Pour donner envie aux enfants d’ouvrir un bouquin, il faut cibler les intérêts des uns et des autres et proposer des ouvrages adaptés aux âges du lectorat. Rien ne sert de donner une aventure de Tintin à un môme de 6 ans, ni un album sur les bébés animaux à une pré-ado de 11 ans. Voici trois coups de cœur sortis récemment en librairie et proposés selon l’âge des enfants.

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