Calamity Jane, la femme qui mentait plus vite que son ombre

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Une orpheline devenue une légende du Far West ! Plutôt étonnant, oui, mais Martha Jane Cannary, de son vrai nom, était effectivement une personnalité hors du commun, et à plus d’un titre.

Entre la légende et la réalité, il y a parfois plus qu’un simple pas à franchir. Dans le cas de Calamity Jane, c’est carrément le Grand Canyon. Tout ou presque est sujet au doute, à commencer par sa date de naissance : 1850, 1852 ou 1856 selon les sources. Et cela ne va pas s’améliorer avec les années. A l’instar de ses collègues masculins, l’aventurière s’avère être une affabulatrice de haut vol. Comme Buffalo Bill et d’autres, elle ment plus vite que son ombre pour créer sa propre légende.

Prenez son surnom : pourquoi Calamity Jane ? « Il y a au moins 36 explications et, au final, personne ne sait. D’ailleurs, je donnerai ma propre version dans le deuxième album prévu pour 2021 », se marre Thierry Gloris, historien de formation et scénariste d’une superbe bande dessinée* consacrée à cette héroïne. Un auteur tombé, lui aussi, sous le charme de cette femme hors du commun et au physique plutôt ingrat à en juger les photos de l’époque. La preuve : « A la base, je voulais me consacrer à la vie de Wild Bill Hickok (NDLR, autre légende de l’Ouest), son ami ou son amant, on ne sait pas. Et peu à peu, je me suis tourné vers Calamity. »

Thierry Gloris n’est pas le premier à craquer. La plus grande menteuse de l’Ouest a tenu la vedette d’un album de Lucky Luke, de pièces de théâtre, de chansons. Elle apparaît dans de nombreux films et même dans la série culte de HBO Deadwood.

Une bonne descente

Il faut dire que le personnage était fascinant. Sa légende aussi bien que sa vraie vie d’ailleurs, à une époque où tout était possible. Née dans une famille de fermiers, elle se retrouve orpheline à 11 ans et commence alors à chevaucher ou plutôt à construire seule sa légende. Aujourd’hui, il semble pourtant certain qu’elle n’a jamais été l’éclaireur du général Custer dans ses campagnes contre les Indiens Sioux. De même, elle ne fut pas une bâtisseuse de forts, une justicière implacable, une chercheuse d’or et que sais-je encore. En revanche, les historiens s’accordent à dire qu’elle fumait comme une locomotive, buvait comme un trou et prononçait plus d’insanités que n’importe quel militaire de carrière. Accordons-lui aussi qu’elle fut une authentique aventurière, une sacrée bagarreuse, qu’elle maniait le pistolet et le lasso comme un homme. Elle a effectivement été amie, amante (?) de Wild Bill Hickok et a été enterrée à son côté à Deadwood après une fin de vie misérable. Pauvre, alcoolique perpétuellement ivre, elle serait décédée d’une infection pulmonaire à l’âge de 47 ans. Enfin… 53 ans selon sa pierre tombale. Sacrée Calamity, blagueuse jusqu’au bout.

J.-M.-R.

Calamity Jane, Wild West, aux Éditions Dupuis

 

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