Quand Bonaparte traversait la Suisse romande

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Pour les 200 ans de la mort de l’Empereur, le 5 mai 1821, l’occasion est belle pour aller découvrir quelques endroits, en Suisse romande, où subsistent les traces de son passage. Suivez le guide, Gérard Miège, historien et vice-président de la Délégation suisse du Souvenir napoléonien. 

1. Genève

C’est en tant que Premier Consul de la République que le futur vainqueur d’Austerlitz, en route pour le Saint-Bernard et l’Italie, passe une nuit, en 1800, dans ce qui était alors la maison de maître de la famille de Sellon, aujourd’hui Maison Beaulieu. «On ne sait pas ce qui s’est dit alors, reconnaît Gérard Miège. Mais la nuit a sans doute été agitée. Bonaparte était un très petit dormeur, il avait un sommeil vraiment agité et des horaires en conséquence.» Appartenant désormais à la Ville de Genève, le domaine et ses très beaux cèdres du Liban (plantés en 1735) est ouvert au public toute l’année.

Où? Parc Beaulieu, rue Baulacre 8.

 

 

2. Rolle

Ici, le Petit Corse ne passa point. Mais c’est à Paris, devant le Directoire, que Bonaparte rendit un vibrant hommage au général de division Amédée-Emmanuel de la Harpe dont on peut toujours admirer la résidence rolloise depuis l’extérieur. Pour mémoire, cet officier impétueux avait empêché les Autrichiens de franchir le Pô, le 10 mai 1796. Pas de bol, il fut tué dans la bataille d’une balle perdue certainement «tirée de son propre camp».

Où? Maison d’Amédée de la Harpe, route de Genève 2.

 

 

3. Morges

Une visite au château s’impose. Outre le fait qu’il abrite le siège de la Délégation nationale du Souvenir napoléonien, on peut découvrir des pièces exceptionnelles comme une selle ou un fusil de chasse du conquérant. A noter que la plupart des objets, tous ramenés de Sainte-Hélène par le fidèle valet de pied de l’Empereur, le Vaudois Jean-Abram Noverraz, sont la propriété du Musée cantonal d’archéologie et d’histoire, à Lausanne. On peut y voir ainsi une selle d’apparat, des brides, des fusils de chasse, un aigle napoléonien ou encore une clé de sa dernière demeure. 

Où? Musées et Château de Morges, rue du Château 1.

 

 

4. Dorigny 

A cent mètres à l’ouest de la Bibliothèque universitaire de Dorigny se trouve un chêne pédonculé pour le moins majestueux âgé de 241 ans. C’est pour honorer le passage du Premier Consul à Saint-Sulpice, le 12 mai 1800, que Etienne-François-Louis de Loys fit transplanter cet arbre dans sa propriété de Dorigny. Il faut dire que le conquérant avait marqué les esprits en passant en revue, dans la plaine de Saint-Sulpice, les divisions des généraux Chamberlac et Loiron. 

 

5. Lausanne 

A Lausanne, Bonaparte a passé trois nuits à la Villa Villamont, acquise par la Ville en 1917. Il avait répondu à l’invitation de Rudolf Emanuel de Haller. «En fait, il passait son temps à faire des allers-retours entre la capitale et Villeneuve où des barges acheminaient du matériel pour l’armée.» Après un dîner organisé en l’honneur du Premier Consul, un lieutenant attaché au préfet du canton avait laissé ses impressions: «… La conscience de sa supériorité était telle chez lui qu’aucune sympathie ne pouvait le rapprocher de ces êtres qu’il voyait à une si grande distance au-dessous de lui…» 

Où? Villa Villamont, parc de Mon-Repos, accessible toute l’année.  

 

6. Martigny

Bonaparte resta trois jours à la prévôté du Saint-Bernard. Enrhumé, il passa néanmoins son temps à dicter ses ordres pour que le passage de 40 000 hommes se déroule au mieux dans la cité, base de départ pour le col. Etonnant: un vitrail de l’Hôtel de Ville de Martigny montre, aujourd’hui encore, le passage de Bonaparte et de son armée à Martigny. A noter aussi la présence de panneaux dans la ville signalant les différents endroits occupés par les troupes françaises.

Où? Informations à l’Office du tourisme, avenue de la Gare 6.

 

7. Hospice du Grand-Saint  Bernard 

On connaît la suite. Représenté sur un cheval blanc — une mule lors de la dernière heure — Bonaparte et son armée allaient déferler sur l’Italie, prendre Milan, secourir Masséna retenu à Gênes par les Autrichiens et remporter la bataille de Marengo au cours de laquelle le général Desaix fut tué. Une grande perte pour Bonaparte qui fit transporter ses cendres au Grand-Saint-Bernard où il repose dans la chapelle.

Où? Hospice du Grand-Saint Bernard, ouvert au public toute l’année.

 

 

Sur les pas des Bonaparte en Suisse, Gérard Miège, Editions Cabedita

 

 

J-M R.

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