Bourvil, la gentillesse incarnée

Décédé trop tôt, en 1970, à l’âge de 53 ans, le génial acteur de La grande vadrouille et de Le corniaud reste dans tous les esprits. Un spectacle lui rend hommage au Théâtre du Jorat.

On ne dira pas que Claude Mordasini sait tout de Bourvil. Mais il est intarissable dès lors qu’il évoque ce grand monsieur de la scène française. « Oui, je pourrais en parler pendant des heures, reconnaît-il. Je l’adore, je ne sais pas pourquoi. Il était d’une sensibilité, d’une gentillesse incroyable. Oui, c’était un gentil, mais dans le bon sens du terme. Personne n’a jamais dit du mal de Bourvil. »

Après une telle déclaration d’amour, on comprend mieux pourquoi ce chanteur et metteur en scène a monté un spectacle en hommage à son idole, en 2017, à l’occasion du centenaire de sa naissance, le 27 juillet 1917. Un show qui a connu évidemment le succès, preuve en est qu’il sera encore présenté deux ans plus tard au Théâtre du Jorat. C’est que Bourvil, même s’il est parti en 1970, reste une star notamment grâce aux multiples rediffusions de films de-venus cultes : La grande vadrouille bien sûr, Le corniaud, mais aussi La cuisine au beurre et tant d’autres. Et puis, il n’était pas seulement homme de cinéma, mais aussi chanteur et humoriste. L’eau ferrugineuse, vous connaissez non ? Ou La tactique du gendarme ?

A ce propos, Claude Mordasini n’en a-t-il pas ras le bol de La grande vadrouille qu’on voit chaque année ou presque sur le petit écran ? La réponse est évidente. « Celui-là ou d’autres sont des films cultes, je ne m’en lasse pas. Récemment, je l’ai projeté au Tessin pour des amis. Là-bas, ils ne connaissent pas Bourvil, mais ils hurlaient de rire. » Et notre homme de revenir sur l’humilité de la star. « A la fin de chaque spectacle, il allait regarder le public et disait : “Ca va, ils sont contents”. »

 

Pas de « gorillage »

Comme il connaît par cœur les 54 films et les 314 chansons estampillées Bourvil — « Plein de gens ont écrit pour lui, Michel Berger, Serge Gainsbourg entre autres » — Claude Mordasini a donc initié l’hommage à ce géant du rire. Sur scène, ils sont sept dont une femme, Maria Mettral. A ses côtés, on retrouve aussi Pascal Rinaldi, Thierry Romanens, Pierre Aucaigne, Yves Z et Lionel Buret. « Je leur ai demandé d’interpréter des œuvres, mais à leur sauce. J’ai vu trop de gens “goriller” Bourvil, avec le béret et l’accent. Là, chacun le fait avec ses tripes. » De fait, la petite troupe raconte aussi la vie de l’acteur français depuis sa jeunesse. C’est le fil rouge du spectacle. Et ça marche : « Il y a des gens de tous les âges, y compris des jeunes qui, pour certains, adorent ce qu’il a fait, d’autres en profitent pour payer le billet et amener leurs grands-parents. » De là-haut, Bourvil, de son vrai nom André Robert Raimbourg, doit être content.    

 

J.-M.R.


Plus d'informations

Bourvil, c’était bien, Théâtre du Jorat, Mézières, dimanche 23 juin

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