« Courage, tu vas y arriver ! »

© Jean-Claude Carbonne et DR

Un héros grimaçant, le front couvert de transpiration: tu penses, il a pris une balle. Et de demander à sa girlfriend, à son fils, son frère ou je ne sais quel acolyte de lui retirer le projectile. Il n’y a qu’aux chiens qu’on ne demande pas ce genre de services dans les films d’action. Dommage, d’ailleurs, une extraction avec les dents de Rintintin, Rantanplan ou Rex, cela aurait de la gueule ! Mais revenons à notre victime qui souffre le martyre. Et qui a quand même de la chance, puisqu’il y a toujours quelqu’un à son côté pour faire le bon samaritain, alors que le matériel nécessaire, un gros couteau de chasse, se trouve généralement à proximité. Mieux : à défaut d’anesthésiant et de désinfectant, la bouteille de whisky n’est jamais trop loin. Ne reste plus qu’à convaincre l’assistant, et c’est donc là que survient la phrase tellement entendue au cinéma : « Courage, tu vas y arriver. » Mais arriver à quoi ? Là est toute la question, comme dirait l’autre. Faut-il vraiment creuser un énorme trou avec un couteau de chasse pour retirer une balle ? Pas sûr que la victime se porte mieux. Au contraire, on risque de faire encore plus de dégâts et de lésions, d’augmenter les risques d’infection. Ou alors, on est adepte de la solution Sylvester Stallone dans Rambo : à savoir verser dans la plaie de la poudre préalablement retirée d’une cartouche et y mettre le feu. Mais quelque chose nous dit que cela doit drôlement picoter. Bref, vous, je ne sais pas, mais, si demain, je devais tomber sur une femme ou un homme blessé par balle, je n’y touche pas. J’appelle le 144. C’est moins impressionnant qu’au cinéma, mais cela semble plus raisonnable, n’est-ce pas docteur ?      

 

J.-M.R.

0 Commentaire

Pour commenter