Mon animal et moi: Ramon et Hervé

© Corinne Cuendet & DR

Hervé May vit à Estavayer-le-Lac (FR), entouré de sa femme Dominique, ses deux chiens, ses trois chats, son iguane, sa centaine de tortues terrestres et son perroquet, avec lequel il a une relation singulière.

Bonjour, ça va ? » L’accueil verbal de Ramon est chaleureux, mais son plumage gonflé et ses pupilles dilatées trahissent une certaine crainte. « Ne lui tendez pas la main, car il risque de vous mordre », prévient Hervé May, 58 ans. Ramon acquiesce par un « ouais » bien affirmé. Ce perroquet, né à Lucens (VD), mais dont l’espèce est originaire du bassin amazonien, possède un sacré caractère. « Il a ses têtes et ses humeurs, précise cet habitant d’Estavayer-le-Lac (FR). Si, durant sa jeunesse, ses liens se sont renforcés avec l’une de mes filles, il se montre agressif avec la seconde. Mais il aime beaucoup les enfants. Depuis le perchoir de sa cage extérieure, il interpelle les écoliers qui passent. Il apprécie beaucoup les inter-actions avec l’homme.» Un second « ouais » marque son approbation, alors qu’il est occupé à escalader son maître adoré. « Ramon est surprenant, car il a une incroyable capacité d’analyse et arrive à jouer avec les mots, poursuit-il, rappelant que les perroquets apprennent vite et durant toute leur vie. Un jour, je suis rentré tracassé par un événement qui s’est produit dans le cadre de mon métier d’éducateur social, et il m’a dit : « Cela ne va pas ! » utilisant pour la première fois une tournure négative. Il manie également l’humour à bon escient. Il lui arrive de mordiller la queue des chats ou d’appeler les chiens, puis d’en rigoler ! C’est un provocateur. » Son surnom est Terminator, eu égard aux attaques perpétrées contre les prises électriques, les armoires et les plantes vertes. « Pour y parer, je lui ai créé un coin dans une armoire avec des cartons qu’il peut détruire et chambouler à sa guise. Je lui donne aussi parfois des objets pour qu’il puisse jouer. S’il n’arrive pas à ses fins, il les balance, énervé. Il déteste aussi quand je pars longtemps et peut se montrer déprimé, refusant de manger les premiers jours. » Ses péchés mignons ? Le café et les céréales croustillantes !

 


Après dix-sept ans de vie commune, Ramon arrive toujours à me surprendre.

 

Ramon est arrivé chez les May, alors qu’il était bébé. Avant, ils avaient Cali, un gris du Gabon récupéré après une saisie. L’envie d’adopter un perroquet résulte des bons contacts que ce passionné de nature a eu avec ces volatiles lors de voyages en Amérique latine. Une fois de plus, Ramon nous interrompt, mais cette fois en chanson. « Il apprécie et réinterprète Piaf et Mozart, en raison de ses passages répétés chez ma mère durant nos vacances, mais aussi ce qui passe à la radio. » Que représente-t-il aux yeux de Hervé May ? « C’est un ami, une bonne compagnie, un membre de la famille, répond-il. J’y suis très attaché sentimentalement. Je me réjouis d’être à la retraite, dans un an, afin de passer encore plus de temps avec lui. »           

 

Frédéric Rein

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