Martina Chyba: «J’ai testé pour vous… le voyage avec le chat»

Martina et Achille dans le train, direction Paris! © DR

Quand on va retrouver en train son amoureux qui vit à Paris, on prend son animal avec soi. Une bonne idée? Pas sûr. 

Il faut se faire à l’idée, on ne rencontre plus son amoureux au bal de son village. On le rencontre désormais en ligne, ce qui signifie qu’il peut habiter assez loin du village en question. En ce qui me concerne, l’axe, c’est Genève-Paris, et je suis heureuse dans cette nouvelle existence de couple pendulaire. Le problème, c’est qu’il y avait déjà un autre homme dans ma vie… et dans mon lit: Achille. Mon chat. Sacré de Birmanie. Huit ans, 4,2 kilos. Signe particulier: très performant quand il s’agit de se déplacer du lit au canapé du salon.

Là, je pars pour une semaine, il n’y a personne pour le garder et j’ai envie de l’avoir avec moi, à Montmartre. Je me retrouve donc à voyager avec mes affaires, mon pique-nique pour le TGV (qui a déjà goûté un croque-monsieur de la SNCF comprendra) ET le chat. J’ai tout préparé scrupuleusement. Achille a été vacciné contre la rage et la vétérinaire en a profité pour lui faire un passeport. Un vrai passeport suisse à croix blanche! Avec photo et tout! Je n’en revenais pas. Disons que c’est plus facile à obtenir pour un chat que pour un conjoint…

J’ai aussi acheté un sac de voyage cylindrique, avec une bandoulière. J’ai mis une couverture dedans avec son odeur. Pour être tout à fait honnête, je ne me suis pas souciée de lui prendre un billet. Sur l’application, on peut ajouter un vélo mais pas un animal, alors, flûte, on verra bien. Un siège en deuxième classe, ce n’est pas très grand, donc, à l’arrivée dans le wagon, c’est un peu le Tetris. Quand tout est casé, j’ai le sac avec le chat sur les genoux et je ne peux plus bouger. Il a miaulé pour la forme, l’air de dire: «Il se passe quoi là exactement?» Mais, après, il est resté très calme.

C’est au bout d’une heure et demie que je me suis rendu compte qu’il bavait. Or, les chiens bavent, pas les chats. Il ne peut pas avoir la rage. Donc, il a soif. Meeerde, comment on fait boire un chat de force, dans un train? J’ai essayé de remplir son écuelle et de lui mettre le museau dedans, elle s’est renversée, of course, à la fin, on aurait juste dit que je m’étais fait pipi dessus. J’ai checké sur Google, il semble que le stress peut faire baver un chat. Ouf, il ne va pas mourir de déshydratation tout de suite. J’ai essuyé la bave et je l’ai sorti du sac pour le poser sur mes genoux. Il était tout cool, mais c’est, évidemment à ce moment-là, qu’il y a le contrôle des billets, donc je l’ai refourré dans sa caisse vite fait et planqué sous mes pieds.

J’ai eu ensuite l’idée ambitieuse de vouloir m’alimenter. Inutile de dire que, avec le sac du chat, le pique-nique, l’ordinateur, les journaux, un livre, la bouteille d’eau, le téléphone en charge, la tablette baissée, le masque, j’étais totalement détendue, bonne pour la crampe ou/et la thrombose ou/et la nausée, car je n’étais pas dans le sens de la marche, je ne sais pas pourquoi, mais je ne suis jamais dans le sens de la marche. C’est pile à cet instant, fatalement, que le voisin a envie d’aller faire un tour. Donc il faut ranger le pique-nique avant d’avoir commencé, et attendre debout avec tout le bordel, que la personne revienne. 

Une fois réinstallée et prête à déguster la salade de quinoa (oui, j’essaie de faire sain, car je sais que, à Paris, ce sera pinard et saucisson), je sens une odeur bizarre. Par acquis de conscience, je rerange tout et jette un coup d’œil à Achille. Il a vomi. C’est moche et ça ne sent pas bon du tout. Lui s’en fiche, mais moi pas. Discrètement, je sors des mouchoirs et commence à essuyer les dégâts. Le résultat est moyen. L’odeur aussi. Option radicale, j’enlève la couverture du sac du chat, elle va aller empuantir mon sac à moi. Je refais une recherche Google. Les chats souffrent du mal des transports, paraît-il. Aha. Bon ben, c’est trop tard. On va survivre à ça, il ne reste qu’une heure de route.

Nous sommes bien arrivés. Mais je sentais bien qu’il en avait ras-le-bol. Je l’ai câliné, rassuré et lui ai expliqué gentiment qu’il ne restait plus que 35 minutes en métro, les marches de la Butte à monter et que, ensuite, on serait dans un 30 mètres carrés sans balcon. Mais il y avait un lit et un canapé. Il a adoré Paris.

Martina Chyba

Se renseigner avant de partir


© DR

«Dans l’idéal, le chien et le chat doivent être habitués aux déplacements dès leur plus jeune âge. Il faut d’abord les familiariser avec leur caisse de transport à la maison, sans stress», conseille Laurent Pignot, porte-parole du TCS. Caisse qui doit être adaptée à la taille de l’animal, parfaitement bien fermée et… facilement lavable. 

Pour ce qui est de la voiture, le principal problème est la chaleur. «On évite les heures chaudes, on protège l’animal des rayons directs, on fait des pauses, on se gare à l’ombre et on ne le laisse JAMAIS seul dans le véhicule. Autre détail important auquel on ne pense pas, éteignez les haut-parleurs dans la zone où il se trouve.» 

Dans les transports publics, en Suisse, les animaux de moins de 30 cm au garrot (chats et petits chiens) voyagent gratuitement dans leur sac. En train, avec un chien plus grand, vous payez la moitié du prix de la 2e classe (ticket journalier chien, passeport chien). «Il ne faut pas oublier de se renseigner sur la législation cantonale, ajoute Laurent Pignot, elle peut stipuler que les chiens doivent être tenus en laisse et/ou porter une muselière. Lors d’un voyage à l’étranger, il est impératif de s’informer de la loi du pays dans lequel vous vous rendez, certaines races peuvent être interdites et certains vaccins peuvent être exigés. Pour l’avion, il faut voir directement avec la compagnie aérienne, mais bien penser que ce sont des voyages très éprouvants pour les animaux.»

Sylvie Jetzer, de l’Organisation internationale de protection des animaux www.quatre-pattes.ch, renchérit: «Nous recommandons d’éviter l’avion, sauf cas de force majeure, car c’est trop de stress.» Dans l’absolu, un chat préfère rester à la maison, «mais il faut quelqu’un qui vienne s’en occuper deux fois par jour et passe du temps avec lui ou le placer dans une chatterie», précise Sylvie Jetzer. «Si l’on décide d’emmener son animal en vacances, le mieux est de faire un check-up vétérinaire avant. Il faut que l’animal ait une puce, un carnet de vaccination, et il est important d’emporter la nourriture à laquelle il est habitué ainsi que ses jouets et couvertures. Ainsi qu’une trousse avec des médicaments, notamment contre le mal des transports et la diarrhée.»

Justement, lors du déplacement, quels sont les signes de détresse? «Grande agitation, halètement, difficultés respiratoires, apathie, vomissements, diarrhée ou langue qui pend méritent qu’on s’arrête pour boire et le rassurer.» Est-il indiqué de donner des calmants? «Il existe des gouttes, par exemple, mais il est impératif de demander au vétérinaire. Et c’est totalement déconseillé en avion.» Enfin, à l’arrivée, notre compagnon a besoin de trois choses: «Faire ses besoins, boire, éventuellement manger et se reposer.»

(M.C.)

 

0 Commentaire

Pour commenter