Ils veillent sur vos animaux chéris!

La fondation ASA aide les seniors qui doivent se séparer temporairement ou définitivement de leurs animaux de compagnie. © Corinne Cuendet

Qui va s’occuper de votre chien ou de votre chat si vous devez aller à l’hôpital? Active sur La Côte, la fondation Aide Seniors Animaux répond à cette préoccupation et à bien d’autres encore. Rencontres.

A l’ère du chacun pour soi, il est des initiatives dont il faut louer l’altruisme. C’est le cas pour Aide Seniors Animaux (ASA). La fondation, née en mars 2012, offre un service d’utilité publique unique en Suisse: permettre aux seniors vivant sur La Côte de placer leur chien ou leur chat à titre provisoire ou définitif chez des gens de confiance. Cela, par exemple, lors d’un séjour à l’hôpital, à leur entrée en EMS ou après leur décès.

«L’idée a germé en voyant à quel point mes patients âgés s’inquiètent du sort de leur animal lors d’une hospitalisation, explique le Dr Philippe Glasson, médecin interniste et cofondateur d’ASA. Tout comme je suis confronté à leur désarroi quand ils entrent en EMS et doivent se séparer de leur animal, rarement admis dans ces établissements. Et quand leur compagnon décède, ils dépriment souvent, leur santé se détériore.» La fondation s’occupe ainsi également de leur retrouver un ami à quatre pattes à leur mesure – calme, éduqué, propre, en bonne santé, etc.

Bon pour la santé

Les bienfaits de l’animal de compagnie pour les seniors sont bien connus: il leur permet de rester en meilleure santé plus longtemps, de se sentir moins seuls et plus en sécurité, de garder un rythme quotidien et une vie sociale.

Les vétérinaires aussi assistent au désarroi des gens âgés quand ils doivent faire euthanasier leur animal. «Souvent, ils n’osent en reprendre un autre, par crainte qu’il ne soit abandonné à la SPA, ou endormi à son tour quand eux-mêmes seront partis», commente Micheline Altwegg, cofondatrice avec son mari vétérinaire, Gilles.

Même un soutien financier

ASA a déjà trouvé un foyer à 15 chiens, ainsi qu’à 28 chats et placé temporairement 10 canidés. Même deux tortues ont changé de maître. «Nous nous limitons aux chiens et aux chats, mais nous examinons toutes les situations», note Micheline Altwegg. Elle fait aussi partie des 10 femmes bénévoles remplissant les tâches quotidiennes d’ASA: répondre aux demandes, visiter les familles et les animaux et assurer leur transport.

Ceux qui adoptent un animal sont soutenus financièrement par la fondation si besoin. Un éducateur canin, des promeneurs et des toiletteurs pour chiens bénévoles sont également à leur disposition, ainsi que des volontaires venant nourrir l’animal.

Projets

Déjà, la fondation travaille sur d’autres projets: créer des antennes en Suisse romande, car la demande est très forte et la fondation ne peut y répondre au-delà de la région de La Côte. Mais elle souhaiterait aussi créer un lieu d’accueil réservé aux chats, participer à la création d’EMS avec une partie aménagée pour accueillir les animaux de compagnie des résidents et, enfin, contribuer à la création d’un crématoire pour animaux sur La Côte. Des projets en accord parfait avec le but premier d’ASA: aider les seniors qui ont des animaux de compagnie.

Ellen Weigand

*ASA, Fondation Jean-François Kurz, CP 1166, 1260 Nyon 1,

www.asa-jfk.ch, tél. 079 126 94 84 (7 jours/7).

 

«Ma mère a retrouvé le sourire»

Adèle et René Conne et Cash

C’est avec le sourire qu’Adèle Conne, atteinte dans sa santé et vivant surtout en fauteuil roulant, a assisté aux tumultueuses retrouvailles des chiens Check, son nouveau compagnon et Cash, son frère (lire ci-dessous). L’arrivée de Cash, il y a quelques semaines, a chamboulé la vie de l’octogénaire, très déprimée depuis le décès de son mari en début d’année: «C’est elle qui m’a réclamé un chien. Et maintenant, elle se lève à nouveau avec un sourire, elle chante et a retrouvé de la joie de vivre, se réjouit son fils René. Elle le nourrit avec plaisir. Et moi, cela m’oblige à bouger, à promener le chien avec ma mère. Quand je dois la laisser seule, je fais asseoir Cash, très bien éduqué, à côté d’elle et lui dis de rester jusqu’à mon retour. Il comprend et attend. Ma mère, ça la rassure et elle n’a plus de crises d’angoisse

 

«Je craignais qu’il ne soit revendu à un laboratoire»

 Julitte Lecompte et Check

Si dans les statuts, les bénéficiaires d’ASA doivent avoir 65 ans et plus, la pratique est plus souple. C’est l’expérience faite par Julitte Lecompte, 27 ans. Son chien Cash, l’un de ses deux bergers de Bohème âgé de 4 ans, vient d’être adopté par la famille Conne (lire ci-dessus), grâce à l’organisme.

Traversant une période personnelle difficile, Julitte avait dû se résoudre à se séparer d’un de ses deux chiens. «Je craignais qu’il ne soit revendu, par exemple, à un laboratoire d’expérimentation animale! ASA m’a ôté cette crainte. Et bien que ce fut très dur de donner Cash, cela m’a vraiment facilité la vie de n’avoir plus que Check, son frère. De plus, ses nouveaux propriétaires m’ont proposé de promener les deux chiens ensemble, de temps en temps.» Ce qu’elle a fait le jour de notre visite chez les Conne. Un moment émouvant, les deux chiens se revoyant pour la première fois depuis leur séparation n’ont eu de cesse de faire les fous.

 

«C’est moi qui habite chez elle»

Daniel Pilet et Féline

Les chats confiés un temps à ASA sont accueillis à tarif préférentiel dans une partie aménagée à leur intention au refuge de la SPA de La Côte à Nyon. C’est là aussi que séjournent les félins le temps de leur retrouver un foyer. Comme Féline, 7 ans, accueillie chez Daniel Pilet en 2013. «Féline est arrivée avec ses jouets et son arbre à chat et s’est sentie chez elle de suite! Aujourd’hui, c’est moi qui habite chez elle», se réjouit-il, visiblement sous le charme du bel animal noir aux yeux jaunes. Même si la chatte multiplie les bêtises, ouvre ses placards et tyrannise parfois la chienne apeurée que sa compagne Traute vient d’adopter dans un refuge en France voisine. «Le travail d’ASA est vraiment important. Souvent, les personnes âgées n’ont plus que leur compagnon, qui se fiche qu’ils soient vieux et deviennent moches», sourit Daniel Pilet.

 

«Je rêve de créer un EMS»

Christiane Floquet et Lupi

Pour des séjours provisoires, les chiens vont dans l’une des 25 familles bénévoles que compte ASA, dont Christiane Floquet. Le jour de notre rencontre, elle promenait Lupi, joyeux labrador probablement croisé schnauzer, dont le propriétaire est hospitalisé. La dynamique septuagénaire ne craint pas de se rouler dans l’herbe avec le fougueux bâtard à l’instinct de chasse. «J’ai toujours accueilli des chiens abandonnés, blessés. Et j’ai accompagné des personnes en fin de vie, tristes de n’avoir pu revoir une dernière fois leur animal. Depuis, je rêve de gagner au loto pour créer un EMS ouvert aux animaux, avec du personnel pour s’en occuper. Je n’ai donc pas hésité à devenir bénévole chez ASA!»

(Paru dans le numéro 59, juillet-août 2014)

1 Commentaire

Pour commenter

Bonjour,
J ai vu votre annonce chez mon médecin et je l ai fait rechercher par ma soeur sur internet.
De santé fragile, je serais intéressée à connaître quelqu un pour promener de ma chienne Jack-russel de 2 ans, super gentille mais pleine d énergie, lorsque je ne suis pas en état de le faire.
Je ne suis pas abonnée au journal Génération, faut-il vraiment être abonnée pour avoir accès à vos services?
Si c est le cas, j aimerais tout de même avoir quelques renseignements sur votre fondation.
Je vous remercie d avance pour votre réponse et vous envoie mes cordiales salutations.

E. Mingard