Deli nous reçoit dans sa famille d’accueil

Comme tous les futurs chiens-guides, Deli apprend à faire ses besoins sur une grille d’égout, pour qu’il en fasse de même le jour où il sera en ville avec une personne malvoyante ne pouvant ramasser ses déjections. © Yves Leresche

Deuxième épisode de notre série sur la formation des chiens guides d’aveugles: ce jeune labrador est chez les Bürki, qui vont s’en occuper durant dix-huit mois.

La truffe de Deli se glisse dans l’entrebâillement de la porte d’entrée de sa « nouvelle » maison, près de Payerne (VD). Depuis notre rencontre à la Fondation romande pour chiens guides d’aveugles de Brenles (VD), il a pris des centimètres, mais reste toujours aussi sociable. Derrière lui se trouve Carole Bürki, qui l’hébergera durant dix-huit mois. « L’idée de jouer le rôle de famille d’accueil me trottait dans la tête depuis longtemps, explique celle qui a pris une semaine de congé quand on lui a confié Deli. Ma première approche remonte à ma jeunesse, à Berne. Le père d’une copine était employé dans un atelier protégé où des aveugles venaient travailler avec leur chien. Plus tard, je suis tombée sur un article traitant de la formation de ces chiens, et j’ai décidé de participer à une séance d’information. Mais, à l’époque, mes enfants étaient encore en bas âge. »

 

Son engagement se matérialise aujourd’hui sous la forme de ce jeune mâle labrador, entré le 2 mars dernier dans cette famille. Avec les petits aléas du quotidien : quelques aboiements nocturnes, des sorties régulières pour lui apprendre la propreté, etc. « Mais honnêtement, je pensais que cela serait pire, note Carole Bürki, employée de bureau à 50 %. Cela s’est d’emblée très bien passé au travail, où il vient avec moi tous les matins, en accord avec mon employeur. » 

 

Un bon encadrement

Le jour où nous sommes passés, Deli apprenait à faire ses besoins sur une grille d’égout, pour qu’il en fasse de même le jour où il sera en ville avec une personne malvoyante, qui ne pourra pas ramasser ses déjections. Stéphanie Duvoisin, responsable des familles de parrainage, montre à Carole Bürki comment faire, ramenant sans cesse Deli sur l’une des grilles présentes dans la ruelle. Elle lui remet aussi des documents sur lesquels figurent les exercices et les signes (auditifs ou visuels) d’obéissance que Deli devra intégrer. Notamment douze ordres oraux unifiés où, par exemple, « stacca » signifie qu’il doit faire ses besoins. La spécialiste répond aux questions qui se posent au quotidien.

 

Elle montre ainsi à Carole Bürki comment l’habituer à l’aspirateur, contre lequel il aboie, ou lui explique qu’il faut éviter de lui donner un doudou en peluche pour ne pas qu’il s’étouffe avec la mousse et qu’il ne soit distrait, par la suite, par ceux des enfants qu’il croisera. « J’apprends beaucoup de nouvelles choses, surtout que je n’ai jamais eu de chien, confie cette mère de deux adolescents, qui a installé un parc pour bébé au milieu de son salon pour Deli ! Après avoir eu deux enfants, on a l’habitude de s’adapter, d’autant plus quand on est bien encadré, comme c’est le cas. Cela dit, je sais déjà que ce sera un déchirement de me séparer de Deli. Mais je prends les choses comme elles viennent avec, comme objectif, de vivre une expérience en famille, mais surtout de voir Deli réussir sa formation. »

 

Comme le dit Stéphanie Duvoisin : « On ne sort jamais indemne d’un parrainage ! » 

Frédéric Rein

 

En partenariat avec la Fondation romande pour chiens guides d’aveugles

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