Dans l'univers d'un passionné d'oiseaux exotiques

Aussitôt entré dans la volière, Marc Anex est rejoint par ses compagnons à plumes. Les plus anciens ont chacun leur prénom. Ici l'homme nous présente Kida, Jimmy et Sony.              © Corinne Cuendet

Depuis plus de dix ans, Marc Anex se dévoue sans compter à sa passion pour les volatiles exotiques. Au point d’avoir transformé son jardin lausannois en une ménagerie digne d’une véritable station ornithologique.

Quand on aime, on ne compte pas. Voilà l’expression qui caractérise au mieux la folle passion de Marc Anex pour les oiseaux exotiques. Pour s’en rendre compte, il suffit de passer devant sa maison, sur les hauteurs de Lausanne. Les cris qui se dégagent de son jardin s’entendent à des dizaines de mètres à la ronde.

 

Des jaunes, des verts, des rouges, des aras, des inséparables, des gouldes… Les volières de Marc abritent des espèces de toutes sortes, de toutes les couleurs et du monde entier. A vue de nez, on dirait qu’ils sont une centaine. Ou peut-être deux cents. A vrai dire, même Marc ne sait pas combien d’oiseaux il possède aujourd’hui.

Nos oiseaux ne sont pas une vitrine. On vit avec eux.

Mais son tout premier, il s’en souvient comme si c’était hier. «Tout a commencé il y a 14 ans, quand je regardais un film animalier avec mes enfants et ma femme Christine, raconte le Lausannois bientôt quinquagénaire. J’ai eu un coup de foudre pour les beaux perroquets que je voyais à l’écran et, comme par hasard, quelque temps plus tard, Christine est tombée sur un magnifique ara jacinthe en visitant une jardinerie de la région.»

 

 

Cet ara, c’est Kida, l’éclatante femelle jaune et bleu qui se blottit contre Marc pendant qu’il nous raconte leur rencontre. «J’ai eu envie de l’adopter dès que je l’ai vue, mais j’ai attendu une année, le temps de bien me renseigner sur les besoins des oiseaux et de construire une volière. Quand j’étais enfin prêt, nous sommes allés la chercher et elle était avec un autre perroquet. Ils sautaient sur la grille. Il fallait voir comme ils nous amadouaient du regard. Déjà ce jour-là, je n’ai pas réussi à en prendre qu’un seul.»

Une vocation, pas une collection

En voyant les yeux et le plumage de Kida, on devine comment le charme a opéré. Mais comment passe-t-on de deux oiseaux à toute une colonie? «Alors ça, j’aimerais bien le savoir, répond-il en rigolant. Ça s’est fait naturellement, au feeling.» Comme cette fois où Marc et Christine sont retournés à la jardinerie pour une petite course. «En repassant devant la volière du magasin, il y en a un qui nous a littéralement dragués. Il était si doux et si gentil, qu’on a craqué pour lui aussi.»

 

 

Au fil des expositions et bourses d’échange, il étend sa colonie avec de nouvelles races, tantôt choisies par ses soins, tantôt par son épouse et ses deux enfants, qui eux aussi ont eu leurs coups de cœur. Mais n’allez surtout pas lui parler de collection! «Nos oiseaux ne sont pas une vitrine. On vit avec eux, on se promène, on va dans les magasins ou à la montagne. On fait même du vélo et de la trottinette avec Kida.»

 

Connivence réciproque

Avec le temps, une forte complicité s’est donc installée entre l’homme et ses animaux. Et pour cause: malgré son emploi à plein temps en tant que chef de projet à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, Marc ne compte pas non plus le temps et l’argent consacrés à ses volatiles. Une passion dévorante? «Je m’occupe aussi des oiseaux et je les aime beaucoup mais certainement pas autant que Marc. Il leur accorde beaucoup d’attention, j’aimerais parfois qu’il y passe moins de temps», admet Christine. Mais Marc voit la chose autrement: c’est sa passion et il préfère ne pas la chiffrer en statistiques ou en calculs.

Il faut les alimenter toutes les quatre heures à la seringue.

Un dévouement semblable à celui d’un père envers ses enfants. D’ailleurs, tous ses becs crochus, il les a nourris à la main après leur naissance. «Si on veut les apprivoiser, il faut les alimenter toutes les quatre heures à la seringue. Actuellement, j’ai douze bébés que je nourris avant et après ma journée de travail. Entre deux, c’est mon épouse qui prend le relais. Heureusement, en grandissant ils deviennent autonomes et mangent des graines».

 

 

A force de les côtoyer, Marc connaît par cœur les caractères et petites habitudes de chacun. «Celui-là il va me piquer l’oreille. Je sais qu’il va le faire, c’est sa spécialité!» Mais eux aussi connaissent bien Marc. «Quand mon téléphone sonne, je décroche toujours en disant «voilà!». Kida l’a compris et a pris l’habitude de dire ce mot à ma place dès qu’elle me voit toucher sur l’écran pour répondre. Pour éviter que mes interlocuteurs soient reçus par le perroquet, je dois d’abord faire semblant d’appuyer sur l’appareil et laisser Kida parler avant de prendre réellement l’appel.»

Passionné proclamé spécialiste

Les oiseaux font partie intégrante de la vie de Marc, mais aussi de son entourage. A commencer par les voisins qui, contrairement à ce qu’on pourrait croire, apprécient beaucoup ses animaux: «Ils sont réglés sur les mêmes horaires que nous. Ils dorment la nuit et vivent le jour. Il peut y avoir des moments où ils s’excitent et deviennent bruyants, mais ça ne dérange personne. Au contraire, les gens viennent voir et sont enchantés de découvrir les volières

 

Ainsi, Marc s’est fait connaître dans l’univers des espèces exotiques, au point d’en devenir une référence. «J’ai souvent des coups de fil et des personnes à la maison pour me demander des conseils. A Noël, je reçois même des photos et des cartes de vœux de la part de personnes qui ont adopté un petit chez moi.»

 

Même si le Lausannois construit encore une nouvelle volière, il l’assure: «C’est la dernière! J’aimerais pouvoir continuer, mais on manque de place. Et même si on m’offrait un terrain supplémentaire, je ne prendrai pas plus d’oiseaux. Ce que j’aime ce n’est pas de les posséder, mais de passer du temps avec eux. Alors même en les ayant à deux minutes de la maison, le contact ne serait pas le même.»

 

La colonie atteint désormais ses limites, mais Marc profitera encore longtemps de ses bêtes puisque certaines vivront jusqu’à 80 ans. Et qui sait, peut-être l’aideront-elles à réaliser un jour son grand rêve: ouvrir son propre parc animalier.                  

Barbara Santos

Notre vidéo dans les volières de Marc Anex

 


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Une visite des volières de Marc Anex est exceptionnellement organisée pour les membres de la communauté Générations Plus. Plus d'informations et inscriptions sur notre page Activités.

 

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