La tablette fait moins rêver

photo: © iStock / hocus-focus

Elle semblait promise à un grand avenir. Mais elle est pénalisée par la demande croissante de smartphones et la résistance de l’ordinateur traditionnel.

Les tablettes tactiles n’ont plus la cote. Il y a encore cinq ans, leurs ventes explosaient en Suisse et dans le monde. Aujourd’hui, force est de constater que la tendance est inverse. Le marché mondial des tablettes a enchaîné douze trimestres consécutifs de baisse des livraisons. En 2017, il cumule ainsi trois trimestres négatifs (–8,1 %, –3,4 % et –5,4 %), selon des chiffres fournis par le cabinet d’analyse IDC. Désormais, seuls les grands constructeurs s’en sortent avec des produits phares comme l’iPad d’Apple.

 

«Pourquoi acheter une tablette pour, simplement, consulter la toile ? Les ardoises doivent permettre des fonctionnalités supplémentaires. Or, beaucoup y renoncent, car les smartphones sont toujours plus grands et performants, observe Xavier Studer, le blogueur romand qui analyse les nouvelles technologies et les télécoms. De plus, bon nombre d’entreprises passent sur des systèmes de PC convertibles.»

 

Le marché des ordinateurs n’a en effet pas mis long à trouver la parade face à ces ardoises qui semblaient invincibles. Les grandes marques ont développé les « convertibles », qui peuvent s’utiliser en mode tablette grâce à un écran qui pivote. Et Xavier Studer de pointer du doigt un nouveau concurrent qui s’impose dans le segment des terminaux mobiles: les «phablettes» (contraction de tablette et de smartphone). Avec leurs écrans toujours plus grands et offrant de bonnes résolutions, des processeurs plus rapides, ces supersmartphones sont aussi commercialisés par les opérateurs télécoms. Ils peuvent donc être connectés en permanence.

Elle n’a pas dit son dernier mot

Faut-il en conclure que l’avenir de la tablette est derrière elle? «Non, dans les années à venir, elle aura encore un rôle à jouer, explique Donato Mottini, directeur de l’entreprise Mémoire Vive, centre de service agréé Apple à Lausanne. Certes, nos ventes d’iPad diminuent, mais ce n’est pas seulement en raison d’une baisse d’engouement plus forte que prévue pour ce produit. Nous devons également compter avec un cycle lent de renouvellement. Cela dit, je constate une politique d’encouragement à l’utilisation de la tablette, notamment au sein des établissements scolaires, notamment en Valais et dans le canton de Vaud. » Xavier Studer confirme la place de choix occupée par la tablette dans les salons professionnels de formation en ligne. « Elle est aussi souvent associée à l’utilisation de bornes interactives.»

 

Si la tablette fait désormais figure de troisième écran, au risque de passer pour un gadget auprès du consommateur privé soucieux de son budget, elle n’en conserve pas moins les faveurs de personnes avant tout préoccupées par le confort de lecture et qui recherchent un accès facilité aux contenus multimédias. Beaucoup plus simples à utiliser pour les néophytes, les ardoises classiques ont notamment les faveurs des seniors. Leur ergonomie convient bien à des personnes non formées aux usages du numérique. Sur le long terme, les tablettes n’ont donc pas dit leur dernier mot.

Nicolas Verdan

 

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