Des téléphones portables plus simples à utiliser

Les téléphones portables pour séniors présentent de nombreux avantages. © Shutterstock

Moins de fonctionnalités pour une plus grande facilité d’utilisation: telle est la caractéristique des natels dits pour seniors. Gros plan sur un marché en pleine croissance, qui propose désormais aussi des smartphones ou tactiles aisés à manipuler.

A l’aune des téléphones portables dernière génération, ils ressembleraient presque à des objets vintage, avec leurs grosses touches et leur écran non tactile. Pourtant, ces téléphones portables sont bel et bien en phase avec notre époque. Prenant le contre-pied des natels à tout faire ultra-compacts prisés des amateurs de nouvelles technologies, ces appareils proposent un retour à la fonction première et essentielle pour laquelle l’invention d’Alexander Graham Bell a été conçue: téléphoner.

Les portables estampillés seniors, à clapet ou monobloc, ont pour raison d’être leur plus grande facilité d’utilisation. Cela se traduit le plus souvent par des touches bien larges et visibles, un bouton d’assistance qui déclenche un appel d’urgence vers un destinataire présélectionné, un écran étudié pour permettre une lisibilité optimale, une sonnerie amplifiée, une compatibilité avec les prothèses auditives (un signal induit par le téléphone, puis transmis à l’appareil afin de réduire les interférences), une partie qui s’illumine quand le téléphone sonne, mais aussi un menu simplifié et épuré au maximum, par exemple avec une icône SMS qui ouvre directement le message. Car si certains modèles sont réduits à leur plus simple expression téléphonique, d’autres conservent des gadgets utiles, comme l’appareil photo.

Frédéric Rein

 

Plus chers

A qui sont destinés ces portables, généralement un peu plus cher que ceux des marques traditionnelles? «Notre cœur de cible est actuellement les plus de 65 ans, répond François Jacob, manager pour l’Europe centrale de la marque suédoise Doro, leader mondial de ce marché et qui propose un peu plus d’une vingtaine de modèles différents. Beaucoup viennent à nos produits «dédiés» quand ils doivent faire face à un début de perte de vision ou d’audition. Il y a donc d’un côté les personnes qui n’ont plus de plaisir à utiliser un appareil conventionnel et se sentent exclues, et de l’autre, celles qui n’en ont jamais eu et qui ont envie de se lancer dans cette aventure, grâce à un appareil simple.» Pour Selim Dusi, directeur général de la société suisse Telego, détenteur de la marque Switel, qui fabrique aussi de tels appareils, l’âge joue un rôle secondaire par rapport aux petites déficiences: «J’ai 53 ans et j’en possède un. Je n’ai par exemple pas besoin de la touche SOS pour l’instant, mais cela m’évite de devoir chausser mes lunettes dès que je veux l’utiliser

 

Plus nombreux

Ce marché émergeant répond-il à une véritable demande? Ce ne sont en tout cas pas les statistiques des opérateurs téléphoniques qui nous renseigneront, puisqu’ils n’en tiennent aucune sur la segmentation de leur clientèle par catégorie d’âge. Chez Swisscom, qui propose deux modèles de la marque autrichienne Emporia – numéro deux mondial de ce marché – on parle «d’une demande faible comparée à l’ensemble du marché, mais constante».

Un marché de niche, mais qui est en pleine croissance, à en croire Selim Dusi: «Nous proposons ces mobiles depuis cinq ans, et nous constatons une nette croissance de la demande au fil des ans. Nous sommes implantés dans 32 pays, où nous vendons plusieurs centaines de milliers de pièces.» Même discours chez Doro: «Il y a sept ans, quand nous avons commencé, les différents acteurs de l’industrie téléphonique, à l’instar des opérateurs, ne s’y intéressaient pas du tout. Aujourd’hui, la situation a évolué, affirme François Jacob. En 2013, nous en avons vendu plus d’un million à travers le monde.»

 

Plus faciles

A l’heure où 48% des portables utilisés en Suisse sont des smartphones (selon une récente étude menée par comparis.ch), on peut se demander si, dans cette frange de la population, l’avenir n’est pas également aux téléphones intelligents. Cette question, les constructeurs se la sont évidemment posée. Doro vient d’y répondre avec la sortie, il y a quelques semaines, de son premier vrai smartphone. «En plus des grosses touches, du son amplifié, etc. présents sur tous nos téléphones, ces appareils, aussi performants que les autres smartphones, possèdent une interface entièrement repensée, avec des menus simplifiés, explique fièrement François Jacob. Pour chaque pays, on propose par exemple les 50 applications Google les plus connues, réparties dans plusieurs catégories qui intéressent les seniors. Ces derniers peuvent installer chacune de celles qu’ils choisissent en un clic. Et, si le propriétaire du smartphone le souhaite, il a aussi la possibilité de laisser son téléphone se faire piloter à distance – via le stockage de données en ligne (cloud) – par une personne de confiance, qui pourra notamment ajouter des photos ou changer la taille des caractères.»

Un smartphone que l’on retrouve aussi, depuis le début de l’année, dans le catalogue Switel. «Nous avons développé des applications spéciales pour les aînés, notamment liées à la météo», détaille Selim Dusi.

L’étape suivante? «Hormis la création de nouvelles applications, je ne vois pas», explique le directeur de Telgo. Selon François Jacob, une partie des seniors migrera vers les smartphones faciles d’utilisation, alors que les autres, irréductibles, ne franchiront pas le pas technologique.

Quitte à perdre le fil... du numérique!

 


Le modèle M910 de Switel

 

Utilisation simple avec de grosses touches

  • Touche SOS pour l´appel de 5 numéros maximum
  • Alarme par vibration, Affichage d'appel par LED
  • Confirmation vocale par appui de touche
  • 3 touches de numéros pré-mémorisés - M1, M2, M3
  • 8 touches de numéros abrégés
  • (touches 2 à 9)
  • Répertoire téléphonique avec 500 noms
  • numéros d´appel
  • Envoi et réception de SMS
  • Fonction lampe de poche
  • MF Radio, réveil

 

0 Commentaire

Pour commenter