Seconde main. Les achats en ligne font un tabac

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Dopé comme jamais par la pandémie, le marché de l’occasion sur internet cartonne. Conseils pratiques pour surfer sur cette nouvelle tendance, acheter ou vendre en évitant les écueils.

Effet secondaire du Covid-19, les courbes des achats en ligne d’articles de seconde main ont pris l’ascenseur, et pas qu’un peu ! Toutes les plateformes qui en proposent l’attestent, chiffres à l’appui. Chez Digitec-Galaxus, plus grand détaillant en ligne de Suisse, les ventes d’occasion ont quasiment doublé en 2020, téléphones portables et cartes graphiques en tête. Et, au premier semestre 2021, l’entreprise parle même de deux tiers de produits d’occasion vendus de plus que sur l’ensemble de l’année 2020. 

Même constat auprès de Tutti. Ce site de vente d’objets d’occasion de particulier à particulier a enregistré, l’an dernier, une nette augmentation des visites et du nombre de nouvelles annonces (+32 %) par rapport à l’année précédente, notamment dans le domaine des articles électroniques, des marques de mode et des produits proposés gratuitement. « S’il ne fait aucun doute que la pandémie a renforcé ce boom, nous pensons que, de manière générale, l’occasion s’est popularisée », estime Stephan Kurmann, porte-parole chez Digitec-Galaxus. Patrizia Negri, digital content manager chez Tutti, ne dit pas autre chose : « La croissance continue de notre plateforme tient certainement au changement de comportement des consommateurs. La période de confinement a toutefois été propice au grand ménage dans les foyers et, plutôt que de jeter l’inutile, beaucoup de gens ont vendu des objets dont ils n’avaient plus l’utilité et se sont équipés d’occasions à bon prix. La durabilité est dans l’air du temps. » Mais pas seulement. « Pour certains, il s’agit là de combattre la surconsommation », atteste Jean Tschopp, responsable Conseil et juriste à la Fédération romande des consommateurs (FRC). 

 

Question de prix et d’environnement

Privilégier la seconde main, c’est en effet une manière de limiter le gaspillage. Selon une étude réalisée en 2020, cet argument parlerait à 46 % des personnes interrogées. De nombreuses autres cases peuvent en outre être cochées sur la longue liste des attentes des consommateurs. A commencer par le prix, par la force des choses moins cher. 

Près de 69 % des adeptes de l’occasion chercheraient avant tout la bonne affaire. Par effet ricochet, 37 % des amateurs du genre y voient aussi un moyen d’acheter davantage. Des objets courants aux articles technologiques en passant par les vêtements de grand luxe, rien ne semble échapper à ce vent de réutilisation. Cela vous tente ? Voici quelques conseils pour éviter les pièges. 

 

Comment faire ses achats les sites de seconde main ? 

Cela commence toujours par la création d’un compte où l’on doit donner son e-mail et choisir un mot de passe. Un courriel vous parvient dans la foulée afin de confirmer en un clic que votre adresse est juste. Il ne reste alors plus qu’à aller faire son shopping en ligne. Un article vous intéresse ? Sur Tutti.ch, par exemple, l’acheteur et le vendeur sont directement mis en relation et s’arrangent entre eux pour régler les modalités, à savoir qui se déplace, si le prix est négociable, etc. 

Sur Galaxus.ch, la démarche est un peu différente. Le site propose plusieurs catégories de produits, la plupart étant issus de retours de clients. L’état de l’objet (aspect, fonctionnalité, emballage…) est alors décrit avec précision et de petits bandeaux indiquent sa qualité. « Comme neuf+ Testé » signifie que le produit 
a fait l’objet d’une vérification et que l’emballage est susceptible d’être légèrement endommagé, alors que « Utilisé + Testé » intervient quand le produit peut présenter de petits dommages esthétiques ou fonctionnels. Une troisième catégorie porte la dénomination « Occasion ». Elle répertorie exclusivement des articles achetés chez Digitec et Galaxus, et dont leurs propriétaires souhaitent se séparer. Le vendeur et l’acheteur sont mis en contact, à eux ensuite de s’accorder sur les modalités de vente. 

 

Comment vendre un objet sur les sites de seconde main ?    

Comme pour un achat, il convient, dans un premier temps, de se créer un compte (lire ci-dessus). Après quoi, on peut insérer une annonce. Celle-ci se constitue d’une photo, d’un texte descriptif, d’un contact et l’affaire est dans le sac. Ou, tout du moins, l’annonce en ligne, puisque seul l’avenir vous dira si votre article sera vendu ! 

 

Quels sont les pièges à éviter ?

« Le e-commerce est en plein essor, et les problèmes liés à ce changement se multiplient, d’autant plus pour les articles de seconde main, comme en attestent les dénonciations adressées à la FRC, répond Jean Tschopp. Nous avons notamment enregistré des plaintes au niveau de la garantie, des erreurs 
de livraison, des malfaçons ou encore des difficultés à se faire rembourser. » 

 

 

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Quelles précautions s’imposent donc pour éviter ces déconvenues ?

« De manière générale, mieux vaut privilégier la rencontre en personne lors de la remise d’articles d’occasion, car cela permet de vérifier la marchandise », insiste Patrizia Negri. Que faire si un contact direct n’est pas possible ? « N’envoyez la marchandise qu’une fois le paiement reçu (sur votre compte ou sur PayPal, par exemple) et évitez de commercer avec une personne qui se trouve à l’étranger, répond la spécialiste. Vérifiez également soigneusement l’adresse électronique de l’expéditeur lorsque vous recevez des justificatifs de paiement et des numéros de suivi. Et, si le nom du vendeur ne correspond pas à celui du titulaire du compte bancaire, demandez conseil au Service clients du site. Chez Tutti, nous contrôlons volontiers si les utilisateurs signalés ont un comportement suspect. En outre, nous examinons en amont si le titre de l’annonce, la description et les photos correspondent aux biens ou aux services proposés et les décrivent de manière satisfaisante. » La prudence est mère de sureté.

 

Les objets vendus d’occasion sont-ils garantis ?

Il arrive souvent que la garantie légale de l’objet neuf soit échue. « En revanche, une garantie contre les défauts de deux ans à compter de la conclusion du contrat, ou d’un an au minimum si le revendeur l’a prévu dans les conditions générales de vente, prend le relais, souligne Jean Tschopp. Il ne faut toutefois pas confondre les défauts de fonctionnement (objet devenu inopérant) avec l’usure naturelle, contre laquelle l’acheteur n’est pas protégé. » 

En cas de défaut, l’acheteur pourra se retourner vers le revendeur pour faire valoir ses droits. « Pour pouvoir se prévaloir d’un avis de défauts, il faut commencer par signaler le plus rapidement possible la défectuosité de l’objet, détaille le juriste. Pour se couvrir, il convient de le faire par écrit — pas nécessairement sous pli recommandé. Si le défaut est tel qu’il est impossible d’utiliser l’article convenablement, le plus simple est de le retourner en demandant la résolution du contrat et le remboursement du prix. Si le vendeur fait la sourde oreille, l’acheteur peut le mettre en demeure par écrit et demander un remboursement contre restitution de l’objet ou une diminution du prix. »

 

La bonne attitude à avoir en tant qu’acheteur…

• Se renseigner auprès du vendeur sur la date d’achat initial et le prix d’origine.

• Se rendre sur place avant de s’engager pour bien vérifier l’état de l’objet et prendre une décision en connaissance de cause.

• Privilégier les revendeurs proches de son domicile, afin, précisément, de pouvoir aller voir le bien désiré et éviter les mauvaises surprises.

• Demander une baisse de prix en cas de défaut non signalé par l’acheteur. 

• Conserver une trace écrite attestant de la date d’achat (un échange de e-mails avec le revendeur peut suffire).

• Signaler sans délai, par écrit, tout éventuel défaut non identifié au moment de l’achat.

• En cas de livraison, se mettre d’accord sur celui qui supporte les frais.

 

La bonne attitude à avoir en tant que vendeur…
 

• Indiquer spontanément le prix de vente initial et le prix d’origine pour être transparent.

• Annoncer immédiatement d’éventuels défauts ou usures. 

•Réaliser des photos sous plusieurs angles, afin de tranquilliser l’acheteur et lui donner une meilleure idée de l’objet en vente.

• Fournir, si possible, l’article avec les conditions d’utilisation.

• En cas de livraison, se mettre d’accord sur celui qui supporte les frais.

 

 

Voici trois applications dédiées à la mode 

Teorem. Vente et achat de vêtements et d’accessoires de mode. 
Depop. Achat et vente de vêtements, y compris de baskets. 
Vestiaire Collective. Des pièces de luxe et de créateurs de seconde main.

 

Ainsi que quelques sites internet de vente d'occasions très fréquentés en Suisse :

ricardo.ch
tutti.ch
ebay.ch
galaxus.ch
occasions-luxe.ch 
monvidedressing.ch
facebook.com/marketplace

 

Frédéric Rein

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