Prévoyance et temps partiel

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Ces dernières années, le travail à temps partiel a progressé aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Mais ce modèle de travail n’est pas sans conséquence à court et à long termes. 

Deuxième au niveau européen, la Suisse compte 59 % de femmes actives à temps partiel contre 18 % d’hommes. Devenu un modèle d’équilibre auquel aspirent de plus en plus de travailleurs, un poste à temps partiel est pourtant souvent synonyme de conditions d’emploi précaires, d’une couverture sociale insuffisante ou d’obstacle à la réalisation d’une carrière. Malgré une nouvelle souplesse des employeurs, le système a été pensé pour un travail à temps plein. Réduire son pourcentage comporte un risque de lacunes, plus précisément dans la prévoyance professionnelle. 

 

Davantage de femmes concernées

Le temps partiel caractérise surtout la vie professionnelle des femmes. Un tiers d’entre elles cesse de travailler après avoir eu un enfant, alors que les hommes abandonnent rarement leurs responsabilités. Lorsqu’ils le font, ils demandent tout au plus un 80% et pour une courte durée. Une formation ou une seconde activité indépendante explique également ce modèle de travail. Pour d’autres, la diminution du taux d’activité signifie tout simplement davantage de liberté. Cette option est régulièrement envisagée par les personnes actives peu avant leur retraite.

 

Les limites du deuxième pilier

De nombreux travailleurs l’ignorent, le temps partiel génère des lacunes dans la caisse de pension. Ce problème apparaît à la retraite au niveau du 2e pilier. Du fait d’un salaire réduit et de faibles cotisations à la LPP, la rente vieillesse s’en trouve diminuée. Pour pallier ce manque, les employeurs peuvent facultativement améliorer la couverture de leurs employés, en adaptant la déduction de coordination au taux d’occupation et en abaissant le seuil d’entrée. Ces améliorations génèrent des cotisations supplémentaires pour les assurés et les employeurs.

 

Que faire pour améliorer sa prévoyance ?

Quiconque réduit son taux d’activité devrait s’informer, en temps utile, sur les conséquences financières. Découvrez les opportunités qui s’offrent à vous pour combler les lacunes éventuelles.

1.   Contrôler le montant du salaire assuré

Pour bénéficier d’une affiliation LPP comme salarié du même employeur, le salaire annuel doit dépasser le montant minimum de 21 330 fr. par an. D’autre part, le salaire assuré est calculé en soustrayant la déduction de coordination de 24 885 fr. par an. Exemple, pour un salaire annuel de 35 000 fr. à un taux d’occupation de 60%, vous serez assuré au montant de 10 115 fr. dans une caisse de pension qui fournit des prestations selon le minimum légal. Ce salaire assuré déterminera le montant des cotisations annuelles à verser dans la caisse de pension. 

Les employés dont la caisse de pension réduit la déduction de coordination peuvent s’estimer chanceux. Dans notre exemple, la déduction serait non pas de 24 885 fr., mais de seulement 14 931 fr. Le salaire assuré de 20 069 fr. augmente ainsi les cotisations dans la caisse de pension. L’avoir de vieillesse constitué à l’échéance sera donc sensiblement plus élevé. 

 

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2.   Renseignez-vous auprès des ressources humaines 

Les caisses de pension modernes proposent à leurs assurés des plans de prévoyance individuels et flexibles pour adapter le financement à chaque situation de vie. Certaines caisses de pension offrent également aux employés la possibilité de cotiser pleinement même à un taux d’occupation réduit. Un rachat fiscalement privilégié dans la caisse de pension est une autre option intéressante, puisqu’il permet de réduire l’impôt sur le revenu, tout en épargnant pour ses vieux jours. 

 

3.   Profitez de la prévoyance privée liée 3a

Seul un travailleur sur deux se constitue un 3e pilier, dont seulement un tiers d’entre eux au montant maximum annuel de 6826 fr.; les actifs versant en moyenne 2870 fr. Cotiser dans le 3e pilier est d’autant plus important pour les employés à temps partiel. Cela permet de combler les lacunes de prévoyance à la retraite, tout en capitalisant avec des avantages fiscaux non négligeables. En choisissant un compte bancaire de pilier 3a, vous êtes libre de vos versements. Outre l’épargne classique, peu rentable actuellement, d’autres solutions sont possibles, telles que le compte 3a avec dépôt et placement dans des fonds.

 

4.   N’oubliez pas le pilier 3b

Vous avez déjà bénéficié de toutes les possibilités du pilier 3a ou vous souhaitez plus de flexibilité, dans la forme des placements par exemple ? Vous pouvez profiter des avantages du pilier 3b. Pour rappel, le 3e pilier libre correspond à n’importe quelle sorte d’épargne. Cela peut donc être un compte épargne bancaire, des placements ou une assurance vie. Le 3b consiste à économiser de l’argent dont on peut disposer librement. La conclusion d’une police d’assurance vie libre avec une couverture risque décès peut également s’avérer intéressante, afin de protéger votre conjoint, tout en pondérant la charge fiscale successorale.

 

5.   Prévoir un conseil patrimonial  avec un spécialiste

Il est recommandé de procéder à une analyse de sa situation financière à partir de 50 ans. Quiconque envisage sa retraite doit préalablement se déterminer sur deux points :
•   L’âge de la retraite ou de la préretraite
•   Les besoins financiers futurs.

Vous pourrez ensuite faire appel à un spécialiste afin de faire une analyse détaillée de votre situation. Il sera alors possible d’établir une projection de vos revenus de substitution à la retraite et de mettre en place les mesures pour combler d’éventuelles lacunes. Planifier votre retraite suffisamment tôt est le meilleur investissement pour votre avenir !

 

 

Laurent Debons, 
Conseiller patrimonial, BCVs.

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