Des solutions pour se prémunir contre les taux bas

©Helen Tilbury

« Mon épargne ne me rapporte plus rien. Que puis-je faire avec mon argent ? »

Diversifier ses investissements, profiter des dividendes des entreprises, investir dans des placements défiscalisés dans le domaine de la prévoyance : vous n’êtes pas démunie pour protéger et valoriser votre patrimoine.

Les taux d’intérêt sont au plancher. Certes, ce n’est pas la première fois dans l’histoire. Comme le relève le professeur Peter Kugler de l’Université de Bâle dans la revue La Vie économique, l’empereur Tibère accordait déjà, en l’an 33, des crédits à taux zéro aux banquiers de l’Empire dans le cadre d’un plan de relance qui présente quelques similitudes troublantes avec l’interventionnisme monétaire d’aujourd’hui.

Etait-ce mieux avant ?

Plus près de nous, durant la seconde moitié du XXe siècle, les taux réels — soit les taux nominaux moins l’inflation — ont plongé à plusieurs reprises en territoire négatif, en Suisse. Mais ce n’est pas ce que l’on a retenu de cette époque. Au contraire, d’aucuns évoquent, avec une nostalgie touchante, l’âge d’or du livret d’épargne, produit populaire des années 1970-1990, qui était rémunéré à des taux bien plus élevés qu’aujourd’hui. En 1980, les économies des Suisses étaient en effet rétribuées à hauteur de 3 %, et même à près de 5 % en 1990, selon la Banque nationale suisse. Il n’empêche que l’inflation, qui s’élevait alors à respectivement 4 % et 5,4 %, selon l’Office fédéral de la statistique, a fait perdre de l’argent aux épargnants. Si ceux-ci ont parfois connu meilleure fortune durant ces décennies, les exemples évoqués ci-dessus nous rappellent que l’on devrait souvent se garder d’idéaliser le passé.

Une situation sans précédent

En dépit de ces précautions historiques, la situation actuelle sur le front des taux d’intérêt est inédite. Jamais, de mémoire d’homme, la rémunération des emprunts n’a été aussi faible et jamais le stock de dettes à rendement nul, voire négatif, n’a été aussi important en Europe. Cet état de fait résulte des politiques très accommodantes mises en place par les banques centrales après la crise financière de 2008, mais aussi de changements structurels fondamentaux, comme la décélération de la croissance mondiale et les changements démographiques. Heureusement, des solutions existent pour protéger et valoriser son patrimoine.

Oser investir

Une réponse efficace à cette problématique est d’oser investir dans les marchés et, naturellement, de manière diversifiée. Cet objectif peut être atteint en optant pour un mandat de gestion privée ou en allouant une part de votre capital à des fonds d’allocation d’actifs. Ces produits, qui présentent plusieurs déclinaisons en fonction de la tolérance au risque de chaque investisseur, ont montré leur capacité à générer de la performance dans la durée. La répartition du capital dans plusieurs classes d’actifs, l’exposition à différents univers géographiques, monétaires et sectoriels permettent de diversifier le portefeuille et d’en atténuer la volatilité.

Ces véhicules de placement bénéficient, en outre, d’une bonne liquidité, de sorte que l’on peut investir ou retirer ses avoirs en tout temps. Ils procurent enfin une grande flexibilité en matière de souscription. Vous pouvez en effet vous y exposer à partir de quelques centaines de francs dans le cadre d’un plan d’épargne en fonds de placement et investir votre capital par tranche, afin de mieux lisser les fluctuations du marché.

Hauts dividendes, haut potentiel

Si vous souhaitez vous exposer aux actions et que vous êtes en mesure de supporter les risques que cela implique, vous devriez vous intéresser aux titres suisses à hauts dividendes. Cette approche constitue une alternative attractive aux placements sans risque mais mal rémunérés.

Historiquement, les dividendes ont été l’un des meilleurs alliés de l’investisseur. Ils ont par exemple contribué à près de deux tiers de la hausse de l’indice Swiss Performance Index (SPI), ces vingt dernières années. Aujourd’hui, le rendement au dividende des actions suisses avoisine 2,8 %, ce qui représente un différentiel de plus de 3 % par rapport au taux de la Confédération à dix ans.

Pour construire un portefeuille à hauts dividendes, il faut essentiellement puiser dans un vivier de 80 titres qui délivrent des rendements supérieurs à la moyenne helvétique, en privilégiant les entreprises capables de rétribuer leurs actionnaires de façon durable et de faire croître régulièrement le montant de leur distribution. Pour s’épargner ce fastidieux travail de sélection, on peut acheter des parts de fonds de placement dévolus à cette thématique.

La fiscalité peut jouer un rôle important

N’oubliez pas, enfin, d’investir une partie de votre argent dans des placements défiscalisés dans le domaine de la prévoyance, notamment dans le 3e pilier lié. Le montant maximum du versement déductible du revenu imposable s’élève aujourd’hui à 6826 francs pour un salarié et à 20 % du revenu de l’activité lucrative, mais au maximum 34 128 francs, pour un indépendant. La somme est fiscalement soustraite du revenu et le montant épargné n’est pas imposé sur la fortune. A l’échéance, le capital est imposé séparément lors de son retrait et à un taux préférentiel. Dans certains cantons, un gain fiscal supplémentaire peut être obtenu, lors du retrait, en échelonnant celui-ci sur plusieurs années pour limiter la progression fiscale.

Les économies que l’on peut réaliser par l’intermédiaire d’un simple compte de 3e pilier sont souvent spectaculaires. En y allouant 6826 francs, un couple de salariés lausannois, sans enfant à charge et déclarant un revenu imposable de 100 000 francs, réduit sa charge fiscale annuelle de 1852 francs, ce qui équivaut à plus d’un quart de la somme épargnée.

Agir maintenant

Vous n’êtes donc pas démunis pour faire fructifier vos avoirs dans l’environnement actuel. Reste une question cruciale. Faut-il agir immédiatement ou attendre pour se lancer ? Plus les taux sont bas, plus il est important de mettre son argent au travail. En effet, si on double la valeur de son patrimoine en vingt ans avec un rendement de 3,5 % par an, on ne le fera jamais avec les taux offerts par l’épargne. Dans ce contexte, on gagnera à procéder à une évaluation exacte de son capital de placement disponible, à choisir des stratégies en adéquation avec son profil de risque et à investir à intervalles réguliers les mêmes montants pour atténuer les fluctuations des marchés.

Patrick Botteron,
directeur Private Banking Onshore, BCV


Références

BCV Vaud - Patrick Botteron - Directeur Private Banking Onshore

Tél. 0844 228 228 - patrick.botteron@bcv.ch - www.bcv.ch

BCVs Valais - Fabrice Constantin, Directeur BCVs, Asset Management

Tél. 058 324 62 70 – fabrice.constantin@bcvs.chwww.bcvs.ch

BCF Fribourg - Olivier Maillard – Chef team gestion de fortune

Tél. 026 350 74 87 – olivier.maillard@bcf.chwww.bcf.ch

BCN Neuchâtel - Sandra Hegetschweiler - Planificatrice financière

Tél. 032 723 63 10 sandra.hegetschweiler@bcn.ch - www.bcn.ch

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