Comment améliorer ses finances, une fois à la retraite ?

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Existe-t-il, pour les rentiers, des moyens de mettre du beurre dans leurs épinards ? Réponses de Sandra Hegetschweiler, conseillère en planification financière à la Banque Cantonale Neuchâteloise.

Arrêter son activité conduit à une nette diminution des revenus. Poursuivre une activité professionnelle après l’âge légal de la retraite peut s’avérer intéressant.
 
Faire des placements, est-ce une bonne manière d’améliorer le montant de sa retraite ?
Tout dépend de sa situation personnelle, de son patrimoine global, de son budget et de ses objectifs. Mais les placements peuvent, en effet, se révéler intéressants. Pour cela, il faut déterminer, avec son conseiller, son profil d’investisseur et son horizon temps. En effet, dès qu’on parle de retraite, il est primordial de viser un rendement moyen sur le long terme et de ne pas tenter des expérimentations.

 

Pour certains, continuer de travailler au-delà de l’âge légal de la retraite représente un moyen de maintenir leur train de vie. Est-ce une bonne option ?
Chaque situation étant particulière, il est difficile de donner une réponse générale. Plusieurs éléments sont à prendre en compte : est-ce que l’employeur donne la possibilité de le faire ? Est-on encore en santé pour exercer ? Vaut-il la peine de continuer de travailler, alors que la tendance des taux de conversion de son 2e pilier est à la baisse ? Quel sera l’impact sur la charge fiscale ? Seul un « check-up » individuel avec l’aide d’un spécialiste en planification financière permet de mettre en place, dès l’âge de
50 ans, des mesures en fonction de ses propres objectifs et de sa fortune pour déterminer s’il y a une nécessité de travailler au-delà de l’âge légal de la retraite.

 

D’autant que les bénéfices financiers liés à la poursuite d’une activité professionnelle ne se limitent pas au salaire …
Si un retraité a la possibilité de poursuivre une activité lucrative, il peut demander un ajournement de sa rente AVS d’un à cinq ans ; celle-ci sera dès lors majorée avec un supplément mensuel. Dans le cadre de son 2e pilier, il faudra se référer au règlement en vigueur, afin de connaître les modalités d’une retraite différée. Quant au 3e pilier a, un retraité poursuivant une activité peut continuer de faire des versements déductibles.

 

Pensez-vous que la réforme des retraites en cours peut amener des solutions à ce niveau ?
Les différentes analyses montrent que, depuis 2002, les rentes projetées des 1er et 2e piliers ont diminué, la lacune de prévoyance ne cessant de croître à cause, principalement, de l’augmentation de l’espérance de vie, de la faiblesse des rendements et de la baisse des taux de conversion. La réforme AVS 21 améliore la flexibilisation de la retraite déjà existante par le biais de différentes mesures, afin d’encourager à poursuivre l’exercice d’une activité lucrative. Selon la planification du Conseil fédéral, sa mise en application, prévue au 1er janvier 2022, pourrait donc amener des solutions jusqu’en 2030. Mais la question du long terme subsiste.

 

Auriez-vous d’autres idées qui permettraient d’améliorer ses revenus une fois à la retraite ?
Malheureusement, les mesures d’optimisation s’amenuisent après l’entrée à la retraite, d’où l’importance d’anticiper. D’ordinaire, des solutions d’assurance sont possibles, mais la faiblesse actuelle des rendements est un vrai bémol. Pour les propriétaires de biens immobiliers, une alternative de source de financement existe au moyen d’un emprunt hypothécaire ou de l’augmentation de ce dernier dans les limites et ratios usuels des banques. Enfin, à terme, vendre son bien immobilier peut permettre de dégager des liquidités.

         

 

  Propos recueillis par Frédéric Rein

 

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