Acheter malin sur internet

Habits, nourriture, électroménager. L’e-commerce est en plein boom. Mais comment y trouver son bonheur ? Et ne pas se faire arnaquer ? Nos bons plans.

Vous rêvez de vous faire livrer du mobilier flambant neuf, une robe de soirée ou le dernier best-seller sans bouger de votre canapé ? Rien de plus facile. Qu’importe ses envies du moment et ses besoins, tout est désormais disponible en quelques clics de souris. Et accessible à toutes les bourses. Il suffit d’avoir avec soi un ordinateur, une tablette ou un smartphone, d’aller sur internet, et le tour est joué !

Fini les corvées !

Le commerce en ligne connaît un succès croissant depuis plusieurs années. « On peut désormais acheter tout et n’importe quoi sur internet, sans mettre un pied dans un magasin », relève Dominique Locher, directeur général de leshop.ch, le plus grand supermarché en ligne de Suisse. Et si les gens sont toujours plus nombreux à faire leurs achats sur la toile, c’est principalement pour gagner du temps et pour davantage de commodité. « Il s’agit surtout de faire les corvées à la place des consommateurs », explique le spécialiste. Et ça marche. Au premier semestre 2015, leshop.ch a battu un nouveau record avec 89,5 millions de francs de chiffres d’affaires, la plus forte croissance depuis cinq ans.

Frais de port offerts

Un succès loin d’être isolé. Côté textile, Zalando, le numéro un de la vente de mode en ligne en Europe, est également en plein essor. Pour la région qui regroupe la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche, son chiffre d’affaires a augmenté de 22,3 % par rapport à 2014. Il faut dire que sur Zalando.ch, le choix est particulièrement large : on y trouve des habits de marque et de sport, des chaussures, des sacs et des accessoires… Et pour ne rien manquer, les livraisons (très rapides) ou les retours totalement gratuits.

 

Chez Payot également, les frais de port sont offerts. Le site marchand ne cesse d’ailleurs de voir ses ventes évoluer positivement. Quant aux clients qui choisissent cette option, Natacha Décoppet, directrice de la communication, avance qu’ils sont pour la plupart déjà des habitués de la librairie, mais qu’ils choisissent cette solution quand ils ne peuvent pas se déplacer.

Éviter le déplacement

Le commerce en ligne s’avère effectivement bien utile pour tous ceux qui ne sont pas en mesure de se rendre dans les magasins. Et en particulier pour les personnes âgées, « quand il s’agit d’acheter des produits lourds, comme les boissons, les litières ou les croquettes pour les animaux », précise Dominique Locher.

 

Mais de manière générale, la livraison à domicile rend service pour toutes les commandes volumineuses, notamment dans le domaine du mobilier, de l’électroménager et de l’électronique.

 

Le géant suédois Ikea, lui aussi s’y est mis en proposant quelque 7500 produits dans son magasin en ligne. Et sur digitec.ch, l’éventail des produits est riche, que ce soit dans l’informatique (ordinateurs, imprimantes, etc.), l’électronique grand public (télévisions notamment) ou la télécommunication (téléphones portables, fax, tablettes…).

Avenir prometteur

L’avancée de toutes ces enseignes qui se sont lancées dans le commerce en ligne n’est pas sur le point de s’arrêter. Bien au contraire. Dans leur scénario d’avenir pour l’e-commerce, les économistes de Credit Suisse partent du principe que la part du chiffre d’affaires total réalisé en ligne atteindra environ 11 % en 2020 alors qu’elle est de 5 % aujourd’hui. Dans le segment alimentaire, elle passera d’environ 1,6 % à 3,5 % et sur le marché de l’électronique grand public, elle devrait augmenter à 38 % dans 5 ans (contre environ 26 % aujourd’hui). Enfin, dans le domaine de l’habillement, les économistes tablent sur une part en ligne de 27 % en 2020.

Entre particuliers

Si les grands magasins ont senti la bonne affaire, notons qu’il existe aussi d’autres canaux, moins classiques, où il est possible d’acheter différents biens de consommation courants, mais à prix cassés.

 

Dans cette idée, eboutic.ch, un site de ventes privées en Suisse propose chaque jour pour une durée limitée des articles (mode, voyages, loisirs, etc.) à tarifs réduits. Et bien sûr, il y a aussi tous les sites des petites annonces (anibis.ch par exemple) ou des enchères en ligne comme ricardo.ch, des plateformes qui proposent des biens de seconde main, cédés à moindre prix. Mais attention : c’est précisément lors d’achats entre particuliers qu’il faudrait redoubler de vigilance.

 

Pour Daniel Favre, sergent-chef et responsable de la prévention et sécurité à la police neuchâteloise, « les risques sont surtout présents quand l’internaute entre volontairement en contact avec une personne et non une société établie. »

 

Parmi les différentes mesures de précaution (lire encadré), et quelle que soit la situation, « il faut passer du virtuel au réel ». C’est-à-dire prendre le temps de demander au vendeur son numéro de téléphone et son adresse, et ne pas hésiter à l’appeler pour s’assurer qu’il existe en chair et en os et qu’il ne se trouve pas à l’autre bout de la planète.

 

Marie Tschumi

Quand l’offre est trop belle

Pour déjouer les pièges des cybercriminels, quelques mesures simples.

Faire ses achats en ligne, c’est s’exposer à certains dangers, d’où une certaine réticence, surtout de la part des personnes âgées. Dans une récente enquête de Pro Senectute, il apparaît que l’obstacle principal pour tous ceux qui n’utilisent pas internet est d’ordre sécuritaire. Cela dit, les risques sont les mêmes pour tous. Et comme le rappelle Martin Boess, directeur de la Prévention Suisse de la Criminalité, c’est surtout une question d’attitude : « Le plus important est d’adopter une méfiance saine. » Qui plus est, certains signes avant-coureurs ne trompent pas, « notamment quand l’offre est beaucoup trop avantageuse et que l’internaute est poussé à conclure son achat dans de très brefs délais ». Il convient également de suivre quelques recommandations.

  1. Installer un antivirus (le logiciel gratuit Avast par exemple) et le mettre à jour régulièrement.
  2. Ne jamais télécharger des logiciels sans connaître leur provenance.
  3. Vérifier la fiabilité et la crédibilité d’un site méconnu. Une présentation avec un aspect « officiel » ne signifie pas que la plateforme est sérieuse. Les conditions générales de vente doivent être visibles et les coordonnées de la société (mail, téléphone) accessibles. En cas de doutes, une recherche sur internet permet souvent de découvrir l’opinion d’autres clients et des évaluations.
  4. Régler un achat avec sa carte de crédit est courant. Une connexion sécurisée se traduit souvent par la présence d’un petit cadenas dans la barre d’adresse et d’un « s » après le « http » (soit https). Après avoir entré les informations nécessaires (nom et prénom du titulaire, type de carte, numéro, date d’expiration, code de sécurité) et validé l’achat, il faut imprimer la confirmation et la conserver. Pour terminer, ne pas oublier d’effacer toutes les données de navigation (cookies, historique, etc.).
  5. Ne pas communiquer de données personnelles par courriel (ou par téléphone d’ailleurs). Les entreprises (banques, télécommunications, etc.) ne demandent jamais des mots de passe, des coordonnées bancaires ou des adresses par ce biais. Ce genre de requêtes se fait toujours par courrier postal.
  6. Enfin, pour tous ceux qui, malgré ces mesures de précaution, craignent encore de se lancer dans l’aventure, rappelons qu’il existe des cours de sensibilisation et d’information pour se familiariser avec l’informatique et internet.

Trois adresses en Suisse romande: Cité Seniors à Genève (→ 022 418 53 61), HES-SO Valais à Sierre (→ 027 606 90 43), Pro Senectute (→ Vaud: 021 646 17 21; Fribourg: 026 347 12 40; Arc Jurassien: 032 886 83 20).

Quelques adresses en Suisse pour vos achats en ligne:

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