Retraite anticipée : opportunité ou douce utopie ?

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Avancer l’âge où l’on devient pensionnaire est une option possible, mais qui mérite une solide réflexion, en amont. Explications de spécialistes.

La retraite anticipée est porteuse de douces promesses de liberté. Elle mérite donc d’être considérée. « Etant donné que les caisses de pension appliquent un taux de conversion de 6,8 %, à ce jour, sur la partie obligatoire et que celui-ci risque de baisser dans les prochaines années, il peut s’avérer intéressant de prendre une retraite anticipée actuellement, répond Sandrine Duvoisin, responsable clients privés aux Retraites populaires. D’autant plus sous forme de rente, puisque celle-ci sera garantie à vie au taux de conversion appliqué au moment de votre décision. »

Il faut toutefois être conscient que toute retraite anticipée diminuera de manière importante les rentes. « Ce choix mérite d’être mûrement réfléchi, car il doit couvrir et correspondre à ses futurs besoins et coûte, de surcroît, cher, rappelle Yves Piccino, responsable assurance aux Rentes Genevoises. Le fait de prendre sa retraite deux ans avant l’âge légal représente une réduction des rentes AVS de 13,6 %. Pour le 2e pilier, la possibilité d’obtenir une retraite anticipée dépendra avant tout du règlement de la caisse de pension de votre employeur, dont les prestations varient beaucoup de l’une à l’autre. Par ailleurs, certaines caisses ne prévoient pas de retraite anticipée.

Il est donc fortement recommandé de se renseigner sur ses droits. Mais, si votre caisse de pension prévoit une diminution de son taux de conversion dans les prochains mois, un départ à la retraite avant la date prévue peut signifier une rente plus élevée ! » « Il faut en outre savoir que cette décision est irrévocable et qu’il faudra payer durant ce laps de temps une cotisation AVS pour personnes non actives », ajoute Sandrine Duvoisin.

 

Plusieurs facteurs pris en compte

Bref, cette option n’est pas sans conséquences financières, et donc pas à la portée de tous. « Le choix d’une retraite anticipée dépendra de plusieurs facteurs : le niveau des rentes futures, l’état de santé, les divers projets que l’on souhaite mener et son niveau de vie, détaille Sandrine Duvoisin, qui rappelle que la réforme AVS21 en cours pourrait relever l’âge de la retraite pour les femmes. Dès l’âge de 50 ans, il est donc recommandé de faire appel à un spécialiste en prévoyance pour faire une planification de sa retraite, afin de la préparer de manière optimale. » « Commencer une stratégie de prévoyance suffisamment tôt fait toute la différence, car quelques années de cotisations de plus et des choix judicieux peuvent s’avérer déterminants, confirme son confrère. Les possibilités d’augmenter vos revenus à la retraite sont nombreuses : rachats du 2e pilier, 3e pilier A ou B, investissements, etc. Cependant, il faut toujours du temps pour que l’effet des taux d’intérêt se fasse sentir. »

Concrètement, comment agir une fois sa décision prise ? « Tout d’abord, il faut déterminer si l’on veut une rente à vie ou un capital ou un mixte des deux solutions, souligne Sandrine Duvoisin. Des instructions devront être données à son employeur dans les délais impartis (selon le règlement du personnel et de la caisse de pension). Si vous optez pour une retraite anticipée au niveau de l’AVS, une demande par le biais d’un formulaire ad hoc devra être faite six mois avant la date prévue. »

 

Frédéric Rein

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