Quand des seniors se sentent discriminés

Friedy Gottet-Kohler, dans la nouvelle campagne 2019

Pro Senectute a cherché à savoir dans quels domaines les aînés se sentaient le plus désavantagés par leur âge. Un sondage exclusif donne des réponses.

Chaque année à pareille saison, Pro Senectute Suisse lance sa collecte d’automne. Une opération importante évidemment ! Et, pour soutenir cette campagne et son bien-fondé, l’institution n’a pas fait les choses à moitié. En plus du clip publicitaire habituel, un sondage d’envergure a été commandé à l’Institut gfs-zurich* avec, pour objectif, de découvrir dans quels domaines les aînés se sentaient le plus discriminés aujourd’hui et, accessoirement, pour savoir combien d’entre eux se sentaient touchés. Sans surprise ou presque, c’est dans le domaine de la recherche d’un emploi que le mal est le plus grand. Parmi les sondés âgés de 40 à 65 ans, une personne sur cinq estime être désavantagée. Une projection montre que 535 000 Suisses seraient ainsi concernés. Des chiffres jugés alarmants par Pro Senectute. Et de rappeler qu’être exclu du monde du travail « dans les dix dernières années de sa vie active augmente le risque de pauvreté », une fois à la retraite. Autre point noir révélé ou confirmé par l’enquête, le domaine des soins de base où 11 % des sondés ont des craintes d’être moins bien traités en raison de leur âge. Dans le détail, leurs inquiétudes ont trait aux coûts, à la prise au sérieux en matière de diagnostic, au traitement et à la réadaptation, voire au refus d’un traitement en raison de l’âge.

 

Une image positive

L’enquête a également porté sur les offres de loisirs et l’accès aux informations (8 % et 9 % se disent respectivement désavantagés) ainsi que sur l’image des seniors dans la population. Globalement, note toutefois Pro Senectute : « La grande majorité ne se sent ni avantagée ni dés-avantagée dans la vie quotidienne. » Au final, Ursula Koch, la nouvelle directrice de Pro Senectute Suisse depuis le 1er septembre, relève que les résultats de cette enquête présentent à la fois des aspects négatifs et positifs : « Nous sommes en contact quotidien avec des personnes qui vivent la dernière partie de leur existence … dans des conditions indignes. Nous devons tout faire pour empêcher cela. » Cependant, elle juge encourageant qu’une grande partie de la population âgée ne subisse pas de discrimination dans sa vie quotidienne. « Les forces de la solidarité semblent toujours prédominer dans notre société. En tant qu’organisation pour les personnes âgées, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que cela reste le cas. » Un exemple en est donné avec le dernier spot publicitaire contre la discrimination qui met en vedette Friedy Gottet-Kohler dans un grenier où un acteur jouant son fils passe déposer des cartons sans du tout se préoccuper d’elle.

 

Prendre soin plutôt que

Des images tristes qui illustrent parfaitement le slogan de la campagne répétant qu’il faut prendre soin et non pas mettre de côté les personnes âgées. Evoquant un tournage compliqué et la tristesse du décor ainsi que le scénario, la presque nonagénaire remarque que « ce n’était pas difficile d’avoir l’air déprimée ». Si elle se dit reconnaissante envers sa famille avec laquelle elle est en très bons termes, elle déplore que l’on associe trop souvent les personnes âgées à des coûts : « Cela m’affecte et me donne parfois mauvaise conscience. Mais, en fait, je n’y suis pour rien, n’est-ce pas ? » souligne Friedy Gottet-Kohler qui, après avoir perdu son mari jeune, a fait des ménages en plus de s’occuper de ses trois enfants. Et elle a travaillé jusqu’à l’âge de 77 ans comme caissière dans un cinéma de Zurich ! De quoi clouer le bec à pas mal de mauvaises langues, non ?

 

Appel aux dons

A travers le sondage, mais aussi le témoignage de cette actrice retraitée, le travail de Pro Senectute est aujourd’hui encore, et malheureusement, plus que nécessaire. Et, comme toujours, le nerf de la guerre reste l’argent. D’où la collecte d’automne « pour que personne ne puisse se sentir mis de côté, superflu, voire oublié », une fois sorti de la vie active. Et rappelons que c’est grâce à la générosité de la population que l’institution veille depuis plus de cent ans « à ce que les seniors puissent vieillir dignes et autonomes ».          

    Réd.

 

Faites vos dons sur le compte CP 87-500301-3   *Dans le cadre de cette enquête, 1311 entretiens téléphoniques ont été réalisés dans toute la Suisse.


 

Tricoter contre l’oubli : l’aventure continue

La campagne de l’année dernière a connu un grand succès. Avec plus de 60 000 porte-gobelets tricotés, de nombreux bénévoles ont contribué à susciter de l’intérêt au sein de la population pour le thème de la démence et de ses conséquences au quotidien.Cette année, l’aventure reprend de plus belle. A vos aiguilles ! Les porte-gobelets seront distribués gratuitement le 22 janvier 2020 partout en Suisse à l’achat d’un café à l’emporter. Les boulangeries et les confiseries ne seront pas les seules à participer à cette édition. Tous les points de vente offrant du café à l’emporter pourront se joindre à elles. D’ailleurs, pourquoi votre café préféré ne participerait-il pas, lui aussi ? Proposez ! Les cafés intéressés peuvent s’inscrire dès maintenant à memo-info.ch/participer. Vous trouverez toutes les informations sur la campagne ainsi que les instructions de tricot sur memo-info.ch. Veuillez envoyer vos porte-gobelets d’ici au 6 décembre à l’adresse suivante : GEWA, Département logistique memo-info, Alpenstrasse 58, 3052 Zollikofen. Un grand merci de votre participation !

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