Pro Senectute Vaud : une centenaire qui vous veut du bien !

La section vaudoise fête, en 2019, son centième anniversaire. C’est l’occasion de présenter un programme original d’activités et de réaffirmer la volonté de donner de la voix aux aspirations des seniors.

1919. La Première Guerre mondiale vient de s’achever, Pro Senectute Vaud voit le jour.

2019. La section cantonale fête son centième anniversaire. Sa longévité est de bon augure pour tous les seniors vaudois.

Comme la vitalité d’Irène Gardiol, ancienne conseillère nationale et députée vaudoise, conviée à la rencontre avec la presse annonçant le programme des festivités. A 81 ans, elle a raconté à quel point elle apprécie les activités de Pro Senectute — du taï-chi, entre autres — autant d’occasions de partager avec autrui des moments agréables et de se maintenir en forme.

Pour marquer l’anniversaire, l’association a offert un calendrier à tous les seniors du canton, près de 150 000 sur bientôt 800 000 habitants. L’almanach, illustré par douze dessinateurs de la presse romande, égrène 16 événements rythmant cette année. « L’idée, indique Tristan Gratier, directeur de Pro Senectute Vaud, est de montrer aux aînés que nous sommes là pour eux. »

 

 

élargir le cercle

En même temps, un Club de membres a été lancé (cotisations de 35 fr. pour une personne et de 40 fr. pour un couple). Il propose un magazine publié deux fois par an et des offres préférentielles pour les prestations de Pro Senectute Vaud. Ce groupement des amis de l’association servira également de relais aux aspirations et aux questionnements des personnes âgées. Il s’adresse en priorité « aux 90 % des aînés qui ne recourent pas à nos services », indique le président de la section vaudoise, Jean-Robert Guignard. L’espoir est d’élargir le cercle des personnes impliquées dans la vie de l’association.

Le vieillissement de la population appelle Pro Senectute à jouer un rôle de plus en plus important aux côtés des personnes âgées, constate Tristan Gratier. Il faudra donc faire preuve d’imagination et trouver les ressources nécessaires (actuellement la section dispose d’un budget annuel de 13 millions de francs). Les projections de l’Office fédéral de la statistique coupent le souffle: autour de 2050, le nombre de retraités aura augmenté de plus de 50 % dans le canton de Vaud.

 

Les « nouveaux vieux »

Le Club devrait permettre à Pro Senectute Vaud de relever les défis d’une telle évolution démographique. Il donnera de la voix aux préoccupations de ces générations de « nouveaux vieux », tout en valorisant leur force de proposition. Il s’agit, pour son directeur, d’assumer aussi la fonction de défenseurs des seniors, à la manière des fédérations de consommateurs. Pas vraiment un lobby politique, mais, plutôt, une cohorte de citoyennes et de citoyens de plus

de 65 ans susceptibles de s’exprimer sur leur condition, d’être consultés sur certains projets, de brasser des idées, de participer aux débats publics.

L’ambition du Club renoue avec l’esprit des fondateurs et de l’histoire de Pro Senectute. Son engagement en faveur de l’AVS jusqu’à son institution en 1947 est encore dans toutes les mémoires.

Aujourd’hui, l’accent est mis surtout sur le maintien des liens sociaux, sur les rencontres intergénérationnelles. Pro Senectute Vaud multiplie les initiatives dans ce sens.

 

Un exemple parlant

« Quartiers solidaires » incarne à merveille cette approche. La démarche — un projet original de la section vaudoise — incite les seniors à animer leurs lieux de vie. En deux mots, on crée des occasions de rencontre, d’échanges, on accomplit des tâches communes, on part en promenade, entre voisins de tous les âges. On chasse la solitude, l’isolement et on s’entraide quand c’est nécessaire.

Irène Gardiol, instigatrice du projet à Pully-Nord dans le canton de Vaud, se souvient encore du « désert qu’était le quartier avant d’encourager les gens à sortir de chez eux pour être ensemble ». C’est là le pari de la section, à l’aube de son deuxième centenaire: essayer encore et toujours d’améliorer la qualité de vie des personnes âgées, sans craindre de se renouveler.

 

Marco Danesi

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