Portraits de femmes : les visages de l’humanité

Le film de Margarita Cadenas dresse le portrait de femmes qui racontent la dégradation du Vénézuela.

Le neuvième Festival visages, organisé par Pro Senectute Suisse, ouvrira avec Femmes du chaos vénézuélien de Margarita Cadenas, qui incarne l’esprit de la manifestation : montrer des histoires de vie dans les tourments du monde.

« C’est un film clandestin », affirme sans détour Margarita Cadenas au téléphone, depuis Paris où elle réside. Femmes du chaos vénézuélien qu’elle a réalisé est programmé en ouverture de la prochaine édition du Festival visages qui aura lieu en mars 2019 à Martigny. Le film est le quatrième de la scénariste, réalisatrice et productrice de nationalité franco-vénézuélienne, qui sera présente lors de la projection et participera ensuite à une discussion avec le public. «Clandestin », parce que le film a été tourné aux risques et périls de l’équipe, dont certains ont préféré ne pas apparaître au générique. « Clandestin » encore, parce que la situation au Vénézuela est telle que la simple expression d’un mal-être, d’une critique, d’un refus à l’égard du pouvoir en place est suspecte. « Clandestin » enfin, parce que la pellicule n’a pas été projetée dans ce pays d’Amérique du Sud. C’est pourquoi Margarita Cadenas a voulu montrer au reste du monde à quel point les droits de l’homme sont bafoués dans son pays. « Le Vénézuela, explique-t-elle, vit une sombre période, peut-être la plus sombre de son histoire. J’ai l’espoir que ce documentaire ouvre les yeux du public et contribue à changer la situation. »

 

 

Une crise terrifiante

Le film dresse le portrait de cinq femmes. Saisies au quotidien, elles racontent leurs histoires imbriquées dans la grande histoire contemporaine du pays. A travers leurs récits, imprégnés d’angoisses, de peurs, de douleurs, d’espoirs aussi, elles dévoilent la dégradation d’une société, minée par la pénurie alimentaire, le manque de médicaments, la perte de repères sociaux, la violence et la criminalité. Etrangères dans un pays « qui fut un eldorado économique et qu’elles ne reconnaissent plus », résume Margarita Cadenas. Ces femmes sont issues de toutes les classes sociales, des femmes du commun, de générations différentes, car personne n’échappe au désastre. La banalité terrifiante d’une crise que « le gouvernement tente désespérément de dissimuler » frappe tout le monde. Et pousse sur les chemins de l’exil des centaines de milliers de personnes. Femmes du chaos vénézuélien est sorti en 2017 et, depuis, fait le tour des festivals aux quatre coins de la planète en gagnant au passage le Prix du public à Francfort, en Allemagne. C’était donc presque inévitable que le film atterrisse également à Martigny au Festival visages, tant il est en phase avec l’ADN de celui lancé en 2006. Margarita Cadenas y a d’ailleurs présenté en 2014 Cenizas eternas (Cendres éternelles) qui narre les péripéties d’une fille qui cherche à retrouver sa mère disparue dans la forêt amazonienne depuis vingt ans. C’est dire si la manifestation et la réalisatrice partagent une sorte de communauté d’esprit.

Olivier Taramarcaz, fondateur et directeur de l’événement, responsable Formation et Culture à Pro Senectute Suisse pour la Romandie, confirme à quel point Femmes du chaos vénézuélien est exemplaire de l’ambition du festival : se consacrer aux histoires de vie en prise directe avec les réalités sociales. Et « visages », précise-t-il, renvoie « à ce qui révèle notre humanité, notre dignité, notre identité, notre diversité ». Il est aussi question des liens entre les générations, de transmission, d’héritage. Afin d’incarner ce besoin de proximité, des projections sont programmées également dans des lieux inattendus, chez des particuliers, dans un caveau, une fromathèque, une galerie d’art …
L’édition de 2019, fidèle à l’idée qu’un film a pour vocation d’interroger notre rapport aux autres, au monde, se focalisera sur les destins de femmes, surtout, et d’hommes qui s’engagent pour le bien commun, pour changer les choses. Qui assument pleinement leur responsabilité à l’égard de leurs semblables et de la société quand les droits humains sont menacés, quand les injustices « défigurent le visage de l’humanité », détaille Olivier Taramarcaz. Le cinéma, finalement, est là pour dévoiler l’invisible, sinon l’indicible ou l’inavouable. Et le directeur du festival d’évoquer, en guise de conclusion, un film iranien aussi à l’affiche du festival dont la protagoniste est une chanteuse qui veut, envers et contre tout, organiser un concert de femmes solistes, alors que c’est interdit.

 

Migros prend le parti des seniors dans le besoin

La pauvreté touche une personne âgée sur huit. Certains ménages ne peuvent pas se permettre une nouvelle paire de lunettes, un traitement dentaire ou un déménagement. Pro Senectute soutient ces personnes avec le Fonds d’aide individuelle lorsque l’Etat et les communes ne peuvent pas intervenir. Le fonds prend en charge des frais liés au logement, à la santé, à un abonnement de bus, à un cours de sport ou à un animal domestique. Grâce à ces coups de pouce, en dépit des soucis d’argent, les seniors échappent à l’isolement et conservent une vie sociale épanouissante.
En achetant une tablette de chocolat d’une valeur de 5, de 10 ou de 15 francs dans votre magasin Migros, vous soutenez des projets de Pro Senectute, de Pro Juventute, du Secours d’hiver, de l’EPER et de Caritas. La somme récoltée sera répartie, à parts égales, entre les cinq œuvres de bienfaisance. Migros, de son côté, versera 1 franc pour chaque tablette achetée.

 

Marco Danesi


Le Festival visages se déroulera du 22 au 29 mars 2019 à Martigny et la région Quarante films (courts et longs métrages, animation, expérimental, documentaires) seront présentés

www.festivalvisages.ch

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