Logement : les besoins évoluent avec l’âge

Lisette Bovay (à droite) reçoit Véronique Garcia de Pro Senectute.

L’an dernier, Lisette Bovay, 88 ans, a décidé de quitter sa grande maison pour s’installer dans un appartement adapté. Pro Senectute Vaud propose tout un dossier sur la thématique de l’habitat dans son nouveau magazine Club Mag.

Lisette Bovay nous accueille à son domicile de Thierrens, dans la campagne vaudoise. Ou, plutôt devrait-on dire, dans son nouveau chez-soi. Car cette fringante grand-maman de 88 ans y a emménagé en juillet dernier. Elle a choisi de vendre sa vaste maison de Saint-Cierges pour venir s’installer dans cet appartement adapté (pas de seuils de portes, douche italienne, etc.) moderne.

« Ma villa de six pièces était devenue trop compliquée à entretenir, d’autant plus qu’elle comprenait un grand jardin, explique-t-elle. L’idée d’un possible déménagement trottait dans ma tête depuis 2017, mais le facteur déclencheur aura été mon attaque cérébrale, en 2018. Je devais impérativement trouver une solution. » Le choix d’un appartement adapté s’est alors présenté à elle comme une évidence. « Je n’ai pas regardé pour un EMS (NDLR, seuls 11 % de Romands envisagent de s’établir dans un tel établissement), car le saut au niveau de l’indépendance aurait été beaucoup trop grand pour moi, se rappelle-t-elle. En revanche, un logement protégé, qui inclut notamment des espaces communs et un référent social, aurait pu être une alternative si je n’étais pas tombée sur un article dans un journal qui évoquait cette construction à Thierrens, à quelques kilomètres seulement d’où je vivais. J’ai donc sauté sur l’occasion, afin d’obtenir cet appartement protégé de ٣ pièces. »

« Je suis ravie de ce choix »

Le verbe « sauter », employé par Lisette Bovay, n’a rien d’anodin, tant elle semble encore alerte. A l’exception de la vente de son ancienne maison, elle se targue d’ailleurs d’avoir fait toutes les démarches elle-même. Est-ce que cela a été dur de quitter sa maison, chargée de souvenirs ? « Il y a eu tellement de choses à gérer en même temps que je n’ai même pas eu le temps d’y réfléchir », répond-elle, stoïquement. Un choix qu’elle ne regrette aujourd’hui pas une seule seconde. « Même si ma cuisine ressemble presque à une dinette, plaisante-t-elle, avec un grand sourire qui vient lui illuminer le visage, je suis ravie de la décision que j’ai prise ! En plus, j’ai pu rester dans ma région, ce qui m’a permis de conserver mes amis et mes connaissances, et même de m’en faire de nouveaux. Et le fait qu’il y ait le Centre médical et les commerces à quelques dizaines de mètres de chez moi, cela contribue aussi à mon épanouissement social. Je conseille sincèrement à mes contemporains de réfléchir le plus tôt possible à l’habitat dans lequel ils souhaitent se projeter, car le faire dans la précipitation n’est jamais une bonne chose. »

Pas facile d’anticiper

Comme Lisette Bovay, la plupart des seniors se trouvent en effet confrontés à un déménagement sur le tard. « Il est important d’anticiper les choses au maximum », insiste Charlotte Christeler, responsable communication à Pro Senectute Vaud, qui évoque, comme autre possibilité, la coopérative d’habitation qui connaît un bel essor. « Cela dit, les gens ont souvent du mal à se projeter dans un nouvel habitat, poursuit-elle. Le plus souvent, les seniors ne s’y intéressent malheureusement qu’au moment où apparaît un problème de santé, qui ne leur permet plus de s’occuper de leur intérieur ou les plonge dans la solitude. » Un autre frein à cette projection dans le futur tient aux prix pratiqués sur le marché immobilier. Il est en effet toujours surprenant et peu logique de constater que quitter le logement devenu trop vaste que l’on occupait depuis longtemps (47 % des seniors vaudois jugent leur logis actuel légèrement à beaucoup trop grand) pour s’installer dans un plus petit engendre souvent un surcoût important.

On l’aura compris, le sujet est aussi délicat que sensible. Raison pour laquelle tout un dossier a été consacré à cette thématique dans la troisième édition du Club Mag, nouveau magazine des membres du Club Pro Senectute Vaud. Il propose un vaste état des lieux des possibilités de logements qui s’offrent aux aînés, avec de nombreux conseils pratiques et un test pour savoir si son logement dispose de tout ce qu’il faut pour continuer d’y vivre encore de longues années, comme ce sera certainement le cas de Lisette Bovay dans son nouvel appartement de Thierrens.

De nombreux avantages

Parmi les nouveautés de Pro Senectute Vaud, on trouve donc le Club de membres Pro Senectute Vaud dont l’objectif est de créer une communauté, mais aussi un lieu d’échange et d’inspiration pour rester au plus près des besoins des retraités vaudois. Ses membres — on le devient moyennant une cotisation annuelle de 35 francs pour une personne, 40 francs pour un couple — bénéficient de nombreux avantages, comme des tarifs préférentiels sur des activités organisées par Pro Senectute Vaud, des offres exclusives proposées par des partenaires, ainsi qu’un abonnement au Club Mag, publié deux fois par année, qui vise à donner une information la plus complète possible et des bons plans sur des sujets concernant directement les seniors, et ce pour qu’ils puissent faire leurs choix de manière éclairée.

 

Jean-Guy Python                        


F.R.

Pour rejoindre le Club de membres :

www.vd.prosenectute.ch

ou 021 646 17 21

 

Gagnant — gagnant — gagnant !

Win3 est un projet proposé par Pro Senectute Arc jurassien depuis 2018. Des seniors bénévoles passent deux à quatre heures par semaine dans une classe où, en accord et en collaboration avec l’enseignant, ils soutiennent les élèves dans des tâches qui peuvent beaucoup varier selon les besoins. « Je fais un peu tout, venir ici m’apporte énormément. Cela m’oblige à respecter un horaire, à avoir une forme de discipline et, quand j’arrive en classe les enfants m’accueillent. On se sent vraiment exister ! », souligne Francis, âgé de 70 ans et pionnier du projet Win3 dans une classe de Rebeuvelier. Win3, c’est surtout un partage d’expérience de vie, une relation personnelle entre jeunes et aînés, mais également une aide très appréciée offerte par un bénévole aux élèves et à l’enseignant.

Forte de son succès et afin de répondre à une demande grandissante, Pro Senectute Arc jurassien est à la recherche de bénévoles pour la rentrée scolaire 2020, spécialement dans des classes de La Chaux-de-Fonds, de Neuchâtel, de Peseux et de Corcelles-Cormondrèche. Mais pas que… ce projet se développe dans tout l’Arc jurassien.

Vous avez du temps à offrir ? N’hésitez pas à prendre contact :

Pro Senectute Arc jurassien — 032 886 83 87 — prosenectute.win3@ne.ch

 

 

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