Vous avez dit LGBTQIA+ ?

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« Ma petit- fille m’explique qu’il ne faut plus dire LGBT mais LGBTQIA+. Je m’y perds avec ces acronymes : de qui parle-t-on ? Et pourquoi prennent-ils autant de place dans les médias ? » Robert, 76 ans

Il n’est en effet pas évident de se repérer dans l’utilisation de ces acronymes, d’autant que plus ils sont courants, moins ils sont (re)définis et contextualisés. Ce qui peut donner l’impression aux non-initiés de se sentir exclus, voire analphabètes. L’acronyme LGBT (pour lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) est apparu pour désigner des personnes non hétérosexuelles et non cisgenres (ne se reconnaissant pas dans le genre assigné à leur naissance).

Autrement dit, il permet de désigner une orientation sexuelle (LGB) et aussi une identité de genre (T). La plupart des institutions utilisent encore cet acronyme à quatre lettres. Mais il s’est agrandi, car il intègre d’autres caractéristiques comme le fait de ne pas se reconnaître dans une sexualité hétérosexuelle ou une identité cisgenre (Q de queer), le fait d’être né intersexué (le I) ou le fait de ne pas ressentir de désir ou d’intérêt sexuel (le A pour asexualité) : d’où LGBTQIA. Le signe + indique que la liste n’est pas exhaustive et qu’il existe encore d’autres groupes. 

 

 

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Rendre visible pour une meilleure inclusion 

Pourquoi parler autant des LGBTQIA+ ? Parce que les personnes concernées par cet acronyme sont plus nombreuses qu’on l’imagine souvent. Et puis surtout, elles ont en commun de vivre un stress régulier en lien avec leur appartenance à l’une ou à plusieurs de ces catégories. L’idée que l’hétérosexualité et la cisgenralité (être bien dans le genre assigné à la naissance) sont la norme imprègne encore beaucoup les esprits. Dès lors, ne pas rentrer dans ces normes donne lieu à des violences symboliques, médicales, interpersonnelles et institutionnelles de différentes ampleurs, ce qui a pour effet d’affecter la santé mentale et physique des personnes LGBTQIA+, voire de favoriser les pensées suicidaires. C’est pourquoi il est important de rendre visibles leurs réalités, aussi bien pour des questions de santé publique que pour des raisons politiques. Une société inclusive doit donner les mêmes droits à chacun, quel que soit son genre, son anatomie et/ou son orientation romantique et sexuelle. L’adoption du mariage pour tous dans la Constitution suisse, en septembre dernier, est le fruit du combat des communautés LGBT+. 

 

 

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LGBTQIA+ un acronyme en évolution

Cependant, un acronyme qui n’est pas compris par tout le monde peut perdre de sa force. Or, plus s’y ajoutent des lettres, plus il devient difficile à décrypter pour la majorité. Certains réclament, aujourd’hui, l’utilisation d’un acronyme plus court, comme MSG pour nommer les « Minorités Sexuelles et de Genre », sans entrer dans les détails. Si ce raccourci peut être utile dans certaines situations, il risque d’empêcher de penser les spécificités des réalités vécues par les LGBTQIA+ : celles d’une personne intersexuée ne sont pas les mêmes que celles d’une personne lesbienne, par exemple. Utiliser un acronyme certes « à rallonge » mais davantage précis permet de rendre plus présentes ces différentes réalités, et de réduire leur ostracisation. Cela dit, Robert, vous pouvez continuer à utiliser l’acronyme LGBT en y ajoutant le signe + pour le rendre plus inclusif !

 

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Romy Siegrist
Psychologue FSP, sexologue

 

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