Technologie: la pandémie a changé la donne

©Yves Leresch/DR

Le constat est clair : la pandémie, cruelle pour tous, a cependant permis aux seniors de progresser dans leurs compétences numériques. Le directeur de Pro Senectute Genève en témoigne. 

Le directeur de Pro Senectute Genève, Joël Goldstein, le dit clairement : la pandémie a poussé les seniors à se connecter davantage. « Au début de la crise sanitaire, le changement s’est principalement fait ressentir avec l’augmentation des demandes de contact qui nous parvenaient par email, afin que ceux qui nous écrivaient, les bénéficiaires, puissent maintenir un lien avec leurs assistantes sociales. » Mesures sanitaires obligent, les animations dites culturelles, de leur côté, se sont principalement faites avec l’application de visioconférence Zoom. « Un grand travail d’accompagnement et de support a dû se faire au travers de nos équipes, afin d’aider les bénéficiaires à installer l’application de conférence en ligne sur leurs tablettes ou smartphones.

A force d’utilisation, ils ont fini par se familiariser avec l’outil », se réjouit Joël Goldstein, qui s’est même étonné de voir, alors, un record de participation aux événements ! Grâce à la flexibilité que de la technologie peut offrir, l’association genevoise a pu proposer des cours en début de soirée, ce qui a plu à nombre de Genevois. « Ces nouveaux horaires ont facilité la participation aux conférences en ligne et permis aux gens d’interagir et de poser des questions, tout en étant confortablement installé chez eux. » Un plus indéniable.

Mais l’effet positif ne s’arrête pas là : la pandémie a aussi redéfini l’idée même du contact humain, si nécessaire à tous, en particulier en période de crise. « Un intérêt grandissant des utilisateurs pour les applications à partage d’écrans, tels que Zoom, Facetime ou encore WhatsApp, s’est manifesté et, à force, a permis à de nombreuses personnes de se réunir à plusieurs ou de partager des moments entre amis ou en famille ! » 

Aïe, le QR Code !

Autre nouveauté, le QR Code. Avant la pandémie, scanner un QR Code était un geste inconnu pour une majorité, qui n’en avait du reste jamais ressenti le besoin ou la nécessité. Aujourd’hui, l’application COVID a rendu ce geste presque évident, à tout le moins nécessaire, et même si la formation est encore urgente pour beaucoup, tenir un smartphone en main est aujourd’hui presque naturel. Bref, ça avance !

Preuve en est, l’achat d’un ticket de train pour faire une virée avec des amis et aller visiter un musée à Berne se fait par le biais du smartphone. Et, à midi, au restaurant, on scanne un QR pour consulter la carte du bistrot ! Revenu à la maison, on peut même faire ses factures par le même QR Code ! L’autonomie, technologique, si elle nous permet de rester connectés aux autres et à notre entourage, assure aussi une intégration dans la société qui nous entoure. « Face à une accélération de la dématérialisation de l’argent, de plus en plus de personnes âgées se laissent aussi convaincre par les cartes bancaires et le paiement en ligne. Très peu de seniors font encore la queue à La Poste pour payer leurs factures », remarque le directeur de Pro Senectute Genève.

 

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Attention aux fake news

Joël Goldstein souhaite toutefois rappeler les effets néfastes que peut avoir une hyperconnectivité dans le quotidien. « Durant la pandémie, nos bénéficiaires se sont aussi davantage tournés vers les réseaux sociaux, comme Facebook. Au-delà d’un apprentissage des outils qui a eu un effet positif, cela a aussi facilité, hélas, l’accès aux fake news (fausses nouvelles) et aux théories du complot qui règnent aujourd’hui sur le web. Face au besoin de trouver des infos, les réseaux sociaux ont en effet facilité l’accessibilité à des news plus au moins fiables, qui étaient partagées à tout va par l’entourage ou d’autres médias moins sérieux », regrette Joël Goldstein. La mise en garde est donc lancée.

Si pendant la pandémie tous les cours de Pro Senectute se sont faits en ligne, des cours en présentiel ont pu reprendre peu à peu, comme, par exemple, ces heures consacrées, en mai dernier, à l’usage de l’application CFF. Le cours était organisé par le magazine générations et son partenaire SD Informatique dans les locaux de Pro Senectute Genève. Même masqués, le plaisir de se retrouver « en vrai » s’est fait ressentir.

Le sujet du jour : Comment utiliser l’application des CFF. Tout un programme et c’est peu dire : si pour beaucoup la pandémie a facilité le lien avec la technologie, l’installation ou l’utilisation de nouvelles applications suppose encore parfois un rien d’accompagnement… Cela dit, soyons honnêtes, de très nombreuses personnes, et indépendamment de leur âge, renâclent devant la complexité de certaines applications… et on les comprend.

Cet après-midi, l’ambiance était détendue. Les échanges avec Sofian, le formateur de SD Informatique, étaient fréquents, lui qui faisait le pari de répondre à toutes les questions posées par chaque participant. Même si le cours a été rythmé par des « rigolades », l’écoute est restée très attentive, et n’a pas empêché une entraide réelle entre les participants lors des exercices. A quelle heure part le train ? A quelle heure je vais arriver, comment acheter mon billet ? Comment payer ? Voilà les cas pratiques avec lesquels le formateur du jour a aimé « challenger » les participants. 

 

Plus confiante

« C’est la première fois que je télécharge une application toute seule, je gagne en autonomie », s’est ainsi réjouie Olivia, 63 ans, une Genevoise très enthousiaste qui participe à son deuxième cours de la journée. « Je savais déjà plein de choses », s’est rassurée, de son côté, Marianne, 70 ans, qui est tout de même repartie plus tranquille et plus confiante dans ses compétences. Bravo à elles !

 

Mayra A.C
 

 

 

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