Leur talent, c’est leur engagement !

Après ses déboires, Yves est devenu aujourd'hui pécheur et s'avoue  heureux de l'être. 
©Sandra Culand/DR

Trois témoins de générations se retrouvent, aujourd’hui, dans le nouveau spot TV du magazine. Ils racontent, émus.

Yves, Jacques et Joël : ces dernières années, tous les trois ont narré leur émouvante histoire dans le magazine générations, leur engagement, leur force à lutter, bref, à ne jamais baisser les bras quand la vie nous tend des croche-pattes. Pour Yves, rejaillir à la suite d’un licenciement brutal et se trouver une nouvelle vie comme pécheur; pour Jacques, à la retraite, s’engager pour les réfugiés qui déferlent sur l’Europe en se donnant corps et âme en Grèce; pour Joël, enfin, sauver au jour le jour le dialecte de son canton, pour que cette langue incroyable, qu’il pratique en famille, ne disparaisse jamais de sa terre natale. Hommes ou femmes, ils étaient et restent nombreux à témoigner dans les pages de générations pour dire leur défi et le raconter. Ces trois bougres-là ont simplement répondu positivement à nos sollicitations, ils ont accepté de passer devant les caméras : merci à eux ! 

« Il est évident que la vie comme les projets ne s’arrêtent jamais, encore moins l’âge arrivant. Nous avons toujours voulu le montrer dans le magazine, avec des histoires de Romands et de Romandes qui s’engagent, rejaillissent, enrichissant la société de leur expérience et de leur combat ! Je suis sûr que ce spot TV saura toucher juste, quelle que soit la génération », s’enthousiasme Blaise Willa, le rédacteur en chef et directeur de générations. Ecoutez-les : vous en serez certainement convaincus. 

 

 


Jacques Petitpierre ©Sandra Culand

 

Comme retraité, cette FROMAGERIE, c’est un peu l’œuvre de ma vie! » 

Le Genevois Jacques Petitpierre est allé au bout de son rêve : créer une fromagerie artisanale qui donne du travail aux habitants de l’île de Tilos et aussi — et surtout — aux migrants qui y ont déferlé, ces dernières années. L’inauguration, c’était en 2018. Depuis ? Un migrant est salarié pour aider Vassiliki et Illias à la traite des chèvres laitières et leur fromage est désormais proposé sur les cartes des tavernes. Depuis l’automne 2020, des nouvelles familles en provenance d’Afrique sont arrivées sur l’île, la municipalité, très investie, a permis la scolarisation des enfants qui, désormais, jouent avec leurs petits camarades grecs. Bref, l’aventure humaine est un succès, comme a pu le constater Jacques sur place. 

 

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« Notre association compte, aujourd’hui, plus d’une centaine de personnes, de toutes générations. Elles sont de Meinier (GE), bien sûr, qui nous a soutenus, mais aussi de France ou d’Athènes, et nombreuses sont celles et ceux qui voudraient donner un coup de main sur place ! Aujourd’hui on pense déjà à la suite : nouvelles installations ou nouveaux locaux pour l’affinage et le stockage... « Pour moi, comme retraité, c’est un peu l’œuvre de ma vie. Ce projet a été un moteur extraordinaire et, aujourd’hui, il résonne pour moi comme une renaissance, une deuxième carrière ! A nos âges, le repli sur soi n’est jamais bon. Cette aventure m’a permis de créer des liens sociaux, de me sentir entouré aussi. Je crois vraiment que l’engagement est la clé de tout : on ne fait rien sans. A 73 ans, on a de moins en moins de temps et de plus en plus de choses à faire. Seule la qualité de ce temps qui reste fait la différence. » 

 

 

 


YvesTreyvaud ©Sandra Culand

« J’espère que mon parcours redonnera de l’espoir aux autres »
 

« La période de chômage est un moment difficile, que je ne souhaite à personne, même à mon pire ennemi », lance Yves Treyvaud, cet ancien informaticien comptable de formation, devenu aujourd’hui pécheur sur le lac Léman.

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Licencié, il se retrouvait, il y a quelques années, sans travail, et dans la panade. « A 50 ans, on est trop vieux et trop cher, pas facile de retrouver un job », se rappelle-t-il, C’est alors, avec sa compagne Catherine, qu’il trouve la solution : travailler dans la pêcherie de son beau-père à Tolochenaz (VD) et y ouvrir une buvette, la Buvette du Petit-Bois, aujourd’hui connue loin à la ronde pour sa friture de perches. Lui, il passe son permis de pêche et sa licence de cafetier-restaurateur.

Bien sûr, cette année, le Covid-19 n’a pas vraiment aidé, comme de nombreux autres restaurateurs. Il a rouvert en juin, avec de nombreuses restrictions et le chiffre d’affaires a méchamment baissé. Cela dit, il est fier de son parcours. « J’espère qu’il redonnera de l’espoir aux autres. Il faut de la volonté, vouloir changer, s’ouvrir, se réadapter et, parfois, repartir de zéro. Et après, travailler… Je n’ai jamais baissé les bras et, c’est vrai, j’ai eu la chance d’avoir de l’aide du papa de Catherine. » La nature et la beauté du lac, il l’avoue, l’ont toujours encouragé sur le chemin et, cet été encore, la beauté des ondes et des berges l’a soutenu comme jamais.

Il a aujourd’hui 67 ans et l’avenir devant lui, du moins « tant qu’il le pourra ». C’est ce qu’on lui souhaite de mieux.

 

 


Médecin généraliste, Jöel est un homme engagé sur tous les fronts. ©Sandra Culand

« C’est une langue d’amour que je vis comme un engagement »

De l’engagement, c’est peu dire : de l’abnégation, de la douce folie ! Joël Rilliot, médecin généraliste à Cortaillod (NE), donne une bonne partie de son temps au patois neuchâtelois et à sa survie, un dialecte disparu progressivement entre la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe. Il le parle en famille, passe des heures sur les textes, les confrontant, les sourçant, dans le but d’établir un glossaire de la langue disparue. « On m’a dit que mon engagement était patri-monial, mais cela va plus loin : après le français, c’est ma deuxième langue, et je la parle avec des gens qui me sont proches. Mes enfants et mes amis patoisants. Ma compagne le comprend et mes filles le parlent avec moi, plus rarement mon fils. C’est ma langue de cœur que je vis et partage comme telle, un vrai engagement pour moi. » 

 

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Cette passion l’a fait rencontrer d’autres patoisants, plus âgés souvent, autant d’amateurs qui ont « un commun de langue vernaculaire qui fait tomber des barrières ou ouvrent des portes ». Joël l’avoue : « Je sens que, avec eux, il y a quelque chose d’affectif inexplicable et que le lien est différent. » Il travaille ainsi à la maison, en plus de son job de médecin, principalement le soir, en automne et en hiver. Les autres saisons, le jardin et ses fruits — d’autres fruits, donc, que les mots — prennent souvent le dessus. « Ptéte bin k’y soû on potchotè cour ! » (NDLR, Peut-être que je suis un peu fou », glisse-t-il en souriant. Mais non : les autres l’ont compris, son engagement n’a pas de prix. 

 

 

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