Deux-roues et piétons, la possible cohabitation

La trottinette, après le vélo, peut aussi représenter un danger pour les piétons... © iStock

Les incivilités augmentent au même rythme que le nombre de deux-roues sur l’espace public. Entre signalisation peu claire et comportements à risques, Que faire quand on est piéton, et donc particulièrement vulnérable?

Toujours plus pressé, l’humain cherche à se déplacer de la manière la plus efficace, ininterrompue et rapide. Il fut un temps où la solution était la voiture. Mais, aujourd’hui, c’est bien le vélo, surtout dans sa version électrique et en milieu urbain, qui est de plus en plus prisé. Sans oublier les trottinettes électriques.

Les cyclistes ont dû se faire une place — quitte à se faufiler partout, même là où c’est interdit — dans une circulation déjà bien dense et dans des rues évidemment pas extensibles dans le sens de la largeur. Dans plusieurs cas, la signalisation et la communication manquent de clarté, ce qui donne des frictions désagréables entre cyclistes ou conducteurs de trottinettes électriques, de tous âges, et piétons, de tous âges.

«Je pense qu’il faut surtout se focaliser sur le rapport entre piétons et vélos, recadre Jenny Leuba, cheffe de projet à Mobilité piétonne Suisse. Et si nous visons une mobilité active qui est, au final, notre but commun, nous devons proposer un espace adéquat à chacun pour cohabiter en sécurité. Dans la mesure du possible, les trottoirs sont réservés aux piétons et une certaine partie de la route aux vélos. C’est souvent dans le flou des zones mixtes que naissent les conflits.»

Désireux de se défendre, certains piétons se révoltent. Johan Pain est président de la nouvelle Association pour la protection des piétons lausannois (APPL), qui a récolté plus de 1200 signatures en vue d’un meilleur respect des lois et d’une clarification des panneaux de signalisation dans la capitale vaudoise. «On n’est pas contre les vélos, mais on se doit de défendre le plus faible quand les cyclistes disent qu’ils sont forcés d’utiliser le trottoir parce qu’ils sont embêtés sur la chaussée. Nous sommes les gilets jaunes des piétons en quelque sorte.»

Toutes sortes d’engins

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, tous les nouveaux engins à propulsion électrique que nous voyons apparaître sur nos routes ne sont pas autorisés à circuler. En plus des vélos, seuls les gyropodes avec guidon (segways) et les trottinettes électriques soumis à homologation le sont. Ils sont assimilés à des cyclomoteurs légers et soumis aux mêmes règles que le vélo et sont admis sur les voies de circulation correspondantes.

Bien qu’en vente légale en Suisse, les planches à roulettes électriques, les hoverboards et autres monocycles électriques sont réservés à un usage sur une propriété privée et n’ont rien à faire ni sur la route ni sur le trottoir.

Thérèse Courvoisier

Quatre situations critiques

1. Sur une route de campagne
«En l’absence de trottoir, le piéton se placera, dans la mesure du possible, dans le sens contraire de la circulation pour un maximum de sécurité, rappelle l’adjudant André Gloor, responsable de la législation routière à la Police de Lausanne. Il sera ainsi plus visible pour les autres utilisateurs de la chaussée et pourra, lui-même, s’écarter en cas de danger.»

2. Sur un trottoir partagé
«Chacun est tenu d’utiliser la partie de trottoir qui lui est attribuée. Je rappelle que les cyclomoteurs, et donc les vélos électriques rapides, sont également autorisés à emprunter la bande réservée aux deux-roues et cela sans limite de vitesse autre que leur capacité à rouler à 45 km/h. Je conseille donc à tous d’être vigilants et observateurs.»

3. Dans un parc public
«C’est la signalisation placée à l’entrée du parc qui fait foi. Si la circulation est autorisée aussi pour les deux-roues, il s’agit donc d’une zone mixte et ces derniers ont l’obligation d’adapter leur vitesse. Elle doit ne doit pas dépasser celle d’un homme au pas, même en dehors des heures de forte fréquentation. Les piétons sont prioritaires.»

4. A un croisement avec passage piétons et piste cyclable
« Dans ces cas très précis, la signalisation indique aux cyclistes qu’ils sont autorisés à tourner à droite même si le feu est rouge. Mais attention : ce panneau équivaut à un cédez-le-passage en ce qui concerne les piétons. Le vélo peut donc avancer tant que personne n’est engagé sur le passage piétons. S’il y a quelqu’un, c’est lui qui a la priorité.»
 

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