Davantage de pistes cyclables toujours plus larges ?

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En Suisse romande, un volontarisme politique contribue à l’augmentation et à l’élargissement des voies réservées aux cyclistes, y compris hors des localités.

Un peu partout en Suisse romande, les pistes cyclables gagnent du terrain. Au-delà du marketing politique, un vrai changement de mobilité se profile-t-il à l’horizon ?

Oui, nous sommes à un tournant décisif, après des années de demi-mesures et de blocages. Ce n’est qu’un début, espérons.

En quoi l’aménagement de voies supplémentaires et plus larges pour les cyclistes favorise-t-il une meilleure cohabitation avec les autres usagers de la route ?

Séparer clairement les flux améliore la sécurité, mais aussi diminue les conflits. Les cyclistes cohabitent mal avec les voitures et les camions sur la route, ils se sentent en danger et se reportent souvent sur les trottoirs, gênant ainsi les piétons. Une route où chacun a son espace défini est donc plus sûre et réduit les conflits entre les usagers.

Les mesures provisoires visant à faire de la place aux vélos ont-elles une réelle valeur incitative ?

L’absence d’un réseau cyclable continu est la raison principale pour laquelle les gens renoncent au vélo. Ces mesures provisoires envoient un signal: on peut enfin commencer à enfourcher son vélo avec davantage de sécurité. Il faut maintenant que ces bandes deviennent des pistes définitives, et il faut les étendre à tout le réseau urbain.

Sans passage en force, pas de mobilité douce ?

Au début du XXe siècle, on a imposé l’automobile dans les villes. C’était une erreur historique dont on paie le prix en termes de pollution, de bruit, de réchauffement climatique, entre autres. Aujourd’hui encore, la voiture domine nos rues. Réduire massivement la place qu’on lui attribue n’est pas un passage en force, c’est un rééquilibrage indispensable pour la qualité de vie de toutes et de tous. Diminuer le trafic « inutile » fait aussi de la place pour les livreurs et les personnes à mobilité réduite.

 

 

Un peu partout en Suisse romande, les pistes cyclables gagnent du terrain. Au-delà du marketing politique, un vrai changement de mobilité se profile-t-il à l’horizon ?

La mobilité douce et le vélo gagnent en importance, car ce sont des solutions efficaces sur de courtes distances et qui font sens dans les centres-villes. C’est une mobilité intéressante, bienvenue, nécessaire et qui répond à un besoin et a un rôle à jouer, surtout durant les pics du trafic motorisé et pour éviter la congestion dans les transports publics.

 

Que pensez-vous des mesures provisoires visant à faire de la place aux vélos, comme les pistes cyclables hors des localités dans le canton de Vaud ?

Le TCS a soutenu l’arrêté fédéral qui a inscrit le vélo dans la Constitution et qui vise à développer un réseau national cohérent d’infrastructures destinées au vélo. Un projet de loi est actuellement en consultation. Le TCS est favorable au développement de la mobilité des deux-roues, si la sécurité routière est garantie et si la capacité du réseau routier n’est pas réduite pour le trafic motorisé. Sans quoi, des bouchons et des blocages de trafic se créeront, si la demande reste la même.

 

En quoi davantage de pistes cyclables, et plus larges, ne faciliteraient pas forcément la cohabitation ?

L’espace étant limité, la capacité du réseau routier peut être réduite pour le trafic motorisé lorsque les pistes cyclables sont élargies.

 

Mais ne faut-il pas forcer quelque peu le passage pour favoriser la mobilité douce ?

C’est seulement dans un esprit de multimodalité qu’il sera possible de répondre aux multiples besoins de la population.

 

 

 

 

 Nicolas Verdan

 

 

 

5 Commentaires

Pour commenter

En ce qui concerne les pistes cyclables, je les prône. Par contre, les cyclistes je les crains : ils ne se conforment pas au règlement de la circulation, roulent en sites interdits, ne respectent pas les feux ni les signaux en général, ils devraient être plus sévèrement punis. Ils manquent d'attention envers les piétons, pas de sonnette, les dépassent sans égards dans les petits chemins. Les piétons ne savent bientôt plus où marcher, nulle part ils se sentent en sécurité. Merci au cycliste qui m'a renversée voici deux ans déjà. Résultat : Un implant dentaire avec greffe.

Hors des localités, on n'a déjà pas de trottoir, donc pas de possibilité de rejoindre la gare dans le village voisin sans risquer la vie. Alors faisons déjà des trottoirs pour les piétons. Et pour notre sécurité de pédestre (mobilité très très douce...): pas de vélos sur les trottoirs, point barre!

Pistes cyclables ! Je n'y suis pas favorable. Utilisateur quotidien de ce mode de transport durant toute l'année du 1er janvier au 31 décembre par n'importe quelle température, les uniques fois où j'ai été mis en danger par des automobiles et des camions, c'est en roulant sur de telles voies. Sur les routes normales, les autres usagers font preuve d'une prudence qui me stupéfait. L'essentiel est de garder sa place et les autres utilisateurs nous respectent.

Il y a des années, la rue de Lausanne et rue de Romont à Fribourg étaient non piétonnes. Les commerçants adoptaient la même attitude que ceux de Pérolles aujourd'hui face à l'introduction d'une piste cyclable. Qui voudraient revenir en arrière aujourd'hui ? Après un temps d'adaptation, tout le monde y trouve son compte, sauf ceux qui ont la flemme d'utiliser les parkings sous-terrains, loin d' être sur-occupé. La qualité de vie dans nos villes est à ce prix. Un prix modeste en regard de l'essence dépensé à tourner en rond pour trouver une éventuelle place droit devant un commerce. La marche est bonne pour la santé !

Un grand oui aux pistes cyclables mais avec un grand mais.
Il faudrait pouvoir avertir tous les cyclistes qu'ils ne sont pas seuls sur les trottoirs, les piétons ont droits aussi à un peu d'égards. Cette remarque s'adresse surtout aux personnes qui roulent en vélos électriques et qui se croient les rois sur terre. A bon entendeur...