COVID-19 - Quelles précautions prendre avant de partir à l’étranger

©Istock

Les vacances d’été sont bientôt là, avec l’espoir ou la décision de partir à l’étranger, malgré le Covid-19. Avant de partir, quelles précautions prendre pour éviter les mauvaises surprises ? Les professionnels nous répondent.

L’été est à nos portes et l’appel des vacances se fait chaque jour plus pressant. Dans un monde touché par la pandémie, le tourisme n’est pas interdit. Et ce, alors même que l’Office fédéral de la santé publique persiste et signe : « Pour l’instant, le Conseil fédéral recommande encore d’éviter tout voyage à l’étranger qui ne serait pas indispensable. Cette recommandation concerne toutes les destinations de vacances. » Dans le même temps, les destinations touristiques estivales, en particulier dans le sud de l’Europe, redoublent d’efforts pour accueillir les visiteurs, quitte à lever les mesures sanitaires.

 

Dès lors, si l’on est décidé à partir, comment se préparer au voyage en connaissance de cause ?

Etre vacciné contre le Covid-19, guéri de la maladie ou muni d’un test PCR négatif ne nous met en effet pas forcément à l’abri des mauvaises surprises. La récente mésaventure d’un sexagénaire suisse en Grèce résume bien le genre de pièges qui peuvent attendre les voyageurs. Pris d’un malaise sur une île (rien à voir avec le coronavirus), il a dû passer par la case hospitalisation sur le continent avant de pouvoir bénéficier d’un rapatriement en Suisse. Sa prise en charge s’est transformée en parcours du combattant dans un pays complètement débordé sur le plan sanitaire.

Ce Vaudois n’est pas près d’oublier sa nuit passée dans un couloir d’hôpital, saturé par les admissions de cas de Covid-19, où tout faisait défaut, repas compris. Heureusement bien terminée, cette histoire met le doigt sur les pièges qui peuvent attendre les touristes. Avant de partir, quel que soit son bouclier anti-virus, mieux vaut se renseigner sur la situation sanitaire du pays d’accueil. Rien ne dit que les bobos de vacances, plus ou moins sérieux, seront traités comme d’ordinaire. Plus que jamais, à l’heure de boucler ses valises, il est important de savoir où l’on met les pieds. Quitte à se poser des questions sur toutes les formes du « grain de sable ». Tant qu’à faire, générations les a posées à des professionnels aguerris, tant en termes de voyages, d’assurance, de rapatriement, de santé et d’assurances.

 

Si une personne contracte le Covid-19 à l’étranger, est-elle éligible à un éventuel rapatriement en Suisse ? Si oui, à quelles conditions  ?

Renseignements pris auprès du TCS, une couverture générale Covid-19 existe. Sous conditions : si, d’une part, au moment de la réservation du voyage, le DFAE n’a pas émis d’autres avertissements de voyage spécifiques au pays concerné (guerre civile, par exemple), et si, d’autre part, le pays de destination ne figure pas sur la liste des pays à risques de l’OFSP. « En cas de sinistre, précise Valérie Durussel, porte-parole du TCS, nous prenons en charge les frais selon les conditions générales du Livret ETI. Pour ce qui est du rapatriement proprement dit, il est envisageable, si l’évolution de la maladie et les circonstances extérieures le rendent nécessaire, conformément aux conditions générales de l’association sans but lucratif qui compte 1,5 million de membres en Suisse. Avant qu’un médecin ETI puisse décider d’un rapatriement, un rapport médical dans le lieu du séjour doit toutefois être établi. »

 

« Se renseigner sur la situation sanitaire actuelle sur place »
Valérie Durussel,TCS

 

Du côté de la Rega, organisation suisse de secours (qui n’est pas une assurance), les médecins-conseils et chefs d’opérations assurent une permanence téléphonique au service des personnes victimes d’une maladie ou d’un accident à l’étranger. Ils dispensent des conseils médicaux, fournissent les adresses de cliniques et d’hôpitaux sur le lieu de séjour ou apportent leur aide pour traduire et expliquer un diagnostic. La Rega n’effectue cependant pas de premiers secours à l’étranger. « La Rega ne peut rapatrier les patients qu’une fois qu’ils ont été hospitalisés (en raison du Covid-19 ou d’une autre maladie ou d’un accident), rappelle Emilie Pralong, porte-parole de la Rega. A la suite d’une alarme, nos médecins-conseils prennent généralement contact avec le médecin responsable sur place et décident de la nécessité, du moment, du type de rapatriement en Suisse sur la base de critères médicaux, sociaux et opérationnels. » En 2020, 140 malades du Covid-19 ont été rapatriés dans une unité d’isolement à bord de l’un des trois avions-ambulance de la Rega.

« L’unité d’isolement des patients (la PIU) est utilisée dans la plupart des cas de rapatriement de patientes et de patients atteints du Covid-19. Elle permet de transporter des patients atteints de maladies infectieuses dans l’avion-ambulance, explique Emilie Pralong. Avant l’embarquement à bord de l’avion-ambulance, le patient est isolé selon une procédure stricte dans ce que l’on pourrait appeler une « tente de protection ». Cela évite le risque d’infection de l’équipage de l’avion-ambulance pendant le vol. Un autre avantage : l’avion-ambulance n’a ainsi pas à être nettoyé et désinfecté à la suite du vol; il est immédiatement disponible pour la mission suivante. La Rega peut aussi se passer de la PIU dans ses avions-ambulance, en particulier pour les patients placés sous assistance respiratoire, car le système de respiration artificielle en circuit fermé limite déjà suffisamment le risque de contamination pour l’équipage. Dans ce cas cependant, l’équipage médical porte alors des combinaisons de protection durant le vol. »

 

A lire aussiCOVID-19: la vie après le vaccin en 10 points

 

Une personne partie de Suisse est déclarée positive au Covid-19 durant un séjour touristique à l’étranger. Quelle option ? 

Attention, prévient Grégoire Gogniat, porte-parole de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) : « Dans le cas où la personne n’est pas rapatriée, les directives sanitaires exigent toutefois un test PCR négatif valable avant de prendre un vol de retour à destination de la Suisse. Si vous êtes positif au moment de monter dans l’avion, vous devez donc rentrer par un autre moyen de transport. »

A l’étranger, il est important de se conformer aux dispositions en vigueur imposées par le pays dans lequel on séjourne, en s’isolant par exemple. Les déplacements sont dès lors strictement interdits. En cas d’évolution sévère de la maladie, certains assurés, pas seulement auprès du TCS, bénéficient d’une prise en charge dans leurs frais de traitement (frais de guérison) sur place. Pour autant qu’ils ont souscrit à une telle protection. Mieux vaut se renseigner, avant de partir, de l’étendue de sa couverture auprès de son assurance maladie ou autre. 

 

Faut-il s’assurer que le système hospitalier du pays hôte n’est pas débordé ou en rupture avant de partir ? 

« Nous recommandons à nos clients de s’informer au mieux de la situation dans le pays concerné avant le départ, affirme Bianca Gähweiler, porte-parole du groupe Hotelplan. Nos employés, dans les succursales, connaissent les conditions dans les différents pays et sont disponibles pour donner des conseils sur les voyages. » Du côté du TCS, on ne dit pas autre chose : « Quelle que soit la destination choisie, il est nécessaire de se renseigner sur les mesures officielles et la situation sanitaire actuelle sur place, avant de réserver un voyage et juste avant le départ, souligne Valérie Durussel, porte-parole. Cette planification est rendue compliquée par la constante évolution pandémique. Il est également nécessaire de prendre en compte que, dans beaucoup de pays, les soins, y compris pour les pathologies non liées au coronavirus, peuvent être altérés par la pandémie. Les autres maladies ou accidents sont couverts par le Livret ETI conformément aux conditions générales. Enfin, au cours du trajet comme lors du séjour, il est essentiel de respecter les mesures sanitaires en vigueur. »

 

« Si, pour une raison quelconque, le voyage doit être interrompu prématurément, nous ne pouvons pas rembourser le prix du voyage»
précise Bianca Gähweiler, porte-parole du groupe Hotelplan

 

Les assurances annulation tiennent-elles compte du Covid-19 ? 

L’exemple de Hotelplan Suisse vaut pour la plupart des voyagistes : « Si, pour une raison quelconque, le voyage doit être interrompu prématurément, nous ne pouvons pas rembourser le prix du voyage, précise Bianca Gähweiler. Nous vous recommandons de souscrire une assurance voyage de retour pour couvrir les frais encourus si le voyage doit être interrompu prématurément pour une raison urgente (comme votre propre maladie ou un accident). Naturellement, Hotelplan Suisse prend en charge ces clients et les aide à organiser leur voyage de retour. » 

 

Voyager cet été sans souci, ce serait : vacciné, dans un pays où le vaccin est avancé et dont le système de santé est solide ?

« Avant chaque voyage, il est conseillé de se renseigner directement auprès de l’ambassade ou du consulat du pays de destination des restrictions liées au nouveau coronavirus, souligne Grégoire Gogniat, porte-parole de l’OFSP. Les conseils aux voyageurs élaborés par le DFAE donnent aussi des informations sur les soins médicaux. » Hotelplan, par exemple, compte sur ses partenaires locaux pour garantir des mesures d’hygiène et de sécurité dans les destinations que le voyagiste propose à ses clients : « Toutes les personnes concernées font de leur mieux pour que les vacances de cet été soient aussi insouciantes que possible. Dès juin, nous pensons que les voyages en Europe, en particulier autour de la Méditerranée, seront de nouveau possibles. » Prérequis au passage des frontières : un test PCR négatif, ou la preuve du vaccin. « La vaccination pourra sécuriser les voyageurs, qui pourront profiter de plus de libertés dans les destinations où elle est avancée », affirme Valérie Durussel, porte-parole du TCS. Pour Nico Koch, porte-parole d’Allianz Part-ners, un géant de l’assurance et de l’assistance voyage, la pandémie mondiale a clairement changé la donne : « Selon toute probabilité, le Covid-19 nous accompagnera à l’avenir dans nos voyages. » Et d’affirmer en substance que, si toute précaution est bonne à prendre, « en fin de compte, cela se résume à des choix personnels, tant en matière de voyage que de prise de risque ».

 

« nous recommandons une souscription à une assurance voyage auprès d’un partenaire solide et de renommée mondiale,
couvrant les différentes sortes de risques individuels, qu’ils soient liés ou non à une pandémie. »

 

 

Au final, quelle est la recommandation ? Partir ou non ?

« Le risque d’être infecté par le coronavirus est présent dans presque toutes les régions du monde. Compte tenu de la situation sanitaire, le Conseil fédéral recommande de renoncer à tout voyage qui n’est pas indispensable », rappelle Grégoire Gogniat. Pour le TCS, la responsabilité appartient à chacune et à chacun : « Voyager ou non reste un choix individuel, déclare Valérie Durussel. Mais, la prudence restera de mise cet été. Il est nécessaire de préparer correctement son voyage en tenant compte des impératifs liés à la pandémie. Grâce à la Covid Helpline, le TCS assiste ses membres en Suisse et à l’étranger, en leur permettant d’obtenir gratuitement et facilement du soutien et des informations en lien avec la pandémie. »

Du côté d’Allianz Partners, Nico Koch insiste, bien entendu, également sur la nécessité d’une bonne couverture : « Que l’on voyage pour de simples loisirs, pour sa culture générale, pour les affaires ou pour d’autres raisons, nous recommandons une souscription à une assurance voyage auprès d’un partenaire solide et de renommée mondiale, couvrant les différentes sortes de risques individuels, qu’ils soient liés ou non à une pandémie. » De manière générale, cette année, les voyagistes font preuve de souplesse. L’exemple de Hotelplan Suisse n’est pas une exception, loin s’en faut : « Chez nous, les voyages vers les destinations estivales les plus prisées du pourtour méditerranéen peuvent être annulés ou reportés gratuitement jusqu’à 21 jours avant le départ, sans indication de motifs. »

 

Nicolas Verdan

0 Commentaire

Pour commenter