Campagne de lingerie Darjeeling: je suis comme je suis !

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Qui a dit qu’il fallait avoir 20 ans pour porter de la jolie lingerie ? La preuve que non avec cette campagne d’affichage de la marque française Darjeeling, qui suscite des commentaires contrastés. 

Impossible de ne pas être interpellé par le corps de Caroline Ida, posant à 61 ans, pour la marque de lingerie Darjeeling. L’œil est tellement habitué à associer lingerie à corps ferme, lisse et svelte, qu’il lui faut quelques secondes (c’est beaucoup !) pour comprendre ce qu’il voit. L’expérience est étonnante et traduit le conditionnement culturel dans lequel nous sommes englués. Et n’avons, hélas, souvent pas conscience. Cette affiche, qui s’intègre à une campagne démarrée l’an dernier par la marque de dessous féminins Darjeeling, sur le thème Je suis comme je suis, montre la diversité des corps féminins. Et rappelle, au passage,  l’exiguïté de notre représentation du «  montrable  ». (Le nombre de femmes, jugeant leur peau in-montrable, qui renoncent à se mettre en bikini.) 

C’est d’ailleurs pour rendre visibles les femmes de plus de 50 ans, que Caroline Ida a décidé de les inviter à reprendre la place qu’elles méritent dans tous les environnements, et pas seulement médicaux  ! Aussi dans le domaine de la mode et de la beauté. Via son compte Instagram et les photos d’elle non retouchées qu’elle publie, elle est devenue une influenceuse engagée en faveur des femmes «  silver  » ainsi qu’elle les appelle. Au printemps dernier, elle a même défilé en petite tenue, auprès des rondes et des mannequins atypiques sur la place du Trocadéro à Paris.

 S’il ne faut pas perdre de vue que la campagne Darjeeling cherche d’abord à restaurer l’attraction des femmes pour leur lingerie, mise à mal par la vogue «  no bra  » (sans soutien-gorge), elle a le mérite de participer à prouver que le beau peut se situer ailleurs que dans le périmètre connu. Car Caroline Ida est une belle femme, reconnaissons-le  ! Des décennies de publicité exhibant des silhouettes de femmes jeunes pour rendre des objets — des voitures, des yaourts, des parfums — attractifs, ont eu raison de notre capacité à admettre le désirable ailleurs que dans du 36 fillette. Ainsi Caroline Ida reconnaît-elle que son corps suscite des commentaires méchants,  voire blessants, souvent chez les femmes. «  Les jeunes en revanche me remercient  : «  Grâce à vous, on n’a pas peur de vieillir. » 

 

VC

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