«Le scrabble n’est pas un jeu de vieux!»

Hugo Delafontaine, champion du monde francophone de scrabble en élite, joue – comme tous les compétiteurs – avec une grille de jeux aimantée. © Wollodja Jentsch

Et c’est le champion du monde francophone en élite de la spécialité 2014, Hugo Delafontaine, qui le dit, du haut de ses 25 ans! Il défendra les couleurs de la Suisse au Ier Montreux Scrabble Masters, les 4 et 5 octobre prochains.

Il y a le scrabble tel qu’on le connaît tous, auquel on joue volontiers en famille. Et il y a le scrabble de compétition. «Cela n’a rien à voir, explique Hugo Delafontaine, d’Echichens (VD). En compétition, nous ne jouons pas contre un seul joueur. Un arbitre tire des lettres au hasard et on est 300 concurrents à chercher la solution en une, voire deux minutes, puis à l’écrire sur un papier, remis au jury. L’arbitre donne alors la meilleure solution, c’est-à-dire celle qui rapporte le maximum de points. Ensuite, on continue tous avec cette solution.»

Initié par son frère aîné Benoit à l’âge de 8 ans, le champion du monde francophone de scrabble en élite 2014 (et 2009!) est aussi un excellent ambassadeur de ce sport cérébral. Inutile, donc, de lui demander si l’étiquette de jeu de vieux qui colle au scrabble l’agace! «Bien sûr que ça m’agace et non, le scrabble n’est pas un jeu de vieux!, répond-il. D’une part, parce que la compétition exige beaucoup de concentration et de vivacité. Il faut aussi savoir calculer très rapidement les points. En compétition blitz, où l’on ne dispose que d’une minute par coup, le plus âgé des dix meilleurs n’a que 36 ans! Et on est plusieurs à avoir une vingtaine d’années et à s’être hissés parmi les meilleurs!» Ici, contrairement à la version familiale du scrabble, la chance ne représente en l’occurrence qu’une part de... 5%.

Un peu comme dans la vie, les joueurs compensent souvent le poids des ans et une perte de vivacité par une expérience accrue et un vocabulaire plus étendu. «Il y a donc aussi de très bons joueurs de 50 et de 60 ans et plus, mais ils sont simplement plus rares en compétition.»

Tous à Montreux!

Hugo Delafontaine, son frère Benoit et Franck Maniquant, champions du monde en paires cette année, seront présents au Ier Montreux Scrabble Masters, parmi plus de 150 joueurs. «Les huit meilleures équipes d'Europe, seront réunies, se réjouit Francis Antoine Niquille, président de la Fédération suisse de scrabble, organisatrice de l’événement. Il s'agit d'une épreuve avec des joueurs de Suisse, de France et de Belgique. Précisons que les huit équipes de huit joueurs disputeront la finale de la Coupe d'Europe Interclubs. Et l'équipe suisse de la Blécherette – à laquelle appartiennent les frères Delafontaine, le champion du monde élite 2012 David Bovet et le vainqueur du Défi mondial 2014 Kévin Meng  – est vice-championne d'Europe.»

Après Montreux en 2007, Lausanne en 2010, c’est la troisième fois que la Suisse accueillera cette compétition. Après le rituel tirage au sort des deux poules de quatre équipes, toutes les parties se joueront en deux minutes par coup, et l'annonce du score de chaque match s'effectuera en temps réel. A ce propos, Hugo s’entraîne-t-il de manière intensive? «Cela fait un petit moment que je n’ai pas rafraîchi mon vocabulaire, raison pour laquelle j’étais d’ailleurs un peu surpris d’avoir remporté le titre mondial, admet l’étudiant, titulaire d’un master en économie. Disons que je m’entraîne en moyenne une heure ou deux par semaine et je participe aussi à une, voire deux compétitions par mois.»

Plusieurs supports sont à disposition pour enrichir son vocabulaire: des listes de mots par thématique, par longueur de mots ou recelant les lettres généreuses en points comme le j, le k ou le w sont en vente. Par ailleurs, internet s’avère un allié précieux des scrabbleurs. Les débutants, eux, commencent par mémoriser des mots de deux et trois lettres – une base bien utile, précise le jeune champion – avant de s’attaquer à des mots de sept ou huit lettres permettant de scrabbler, c’est-à-dire de poser toutes ses lettres.

La solitude de l’excellence

Si son titre mondial lui a rapporté pour la première fois quelque 1200 francs suisses, il comporte comme toute médaille un revers: dans son entourage, tous ne sont pas enchantés à l’idée d’affronter Hugo au scrabble, en connaissant d’avance l’issue de la partie! «Cela dépend si ce sont de bons ou de mauvais perdants, glisse malicieusement le Vaudois. Ma grand-mère Madeleine, elle, veut toujours jouer avec moi ou mon frère. Elle se moque de perdre ou de gagner: ce qu’elle veut, c’est apprendre!»     

S. F. K.

 

Pour en savoir plus: 

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