Phanee de Pool a conquis la scène helvétique

Phanee de Pool ©DR

En deux albums, la Biennoise Phanee de Pool s’est taillée une jolie réputation dans le milieu de la chanson suisse. Sur scène et dans la vie, elle pétille comme on pourra s’en apercevoir à Fribourg. 

Une ancienne policière devenue artiste, inspirée en partie par le rap, cela peut sembler suspect. Mais on vous rassure, Phanee de Pool aurait fait une bien mauvaise criminelle. Quelle que soit la question, elle passe immédiatement aux aveux. Elle dit tout et même plus, sans retenue, sans chichi. Une fille nature comme on dit, même si on sent que cela se bouscule dans sa tête. Mais, disons-le, ça fait un bien fou de discuter à bâtons rompus avec la Biennoise. A 32 ans, l’auteure-compositrice-interprète est d’une fraîcheur peu commune, elle pétille littéralement et donne la pêche à ses interlocuteurs. On comprend mieux comment, en trois ans et deux disques seulement, elle a conquis la scène helvétique. 

Mais reprenons. Née Fanny Diercksen, la Biennoise a toujours été attirée par la musique malgré un passage dans la police où elle a laissé tomber l’uniforme après avoir vu l’horreur de trop. Elle s’est alors muée en Phanee de Pool. Pourquoi ce nom d’artiste plutôt étrange ? « Ben, Phanee parce que ça ressemble à Fanny et de Pool parce que je porte toujours un chignon, un nid de poule. Et aussi parce que j’étais auparavant policière, un poulet quoi. » Vous suivez? Essayons par une autre voie. Comment définit-elle son style musical ? « Je dis souvent que je suis une slapeuse (NDLR, contraction entre slam et rap), mais, en fait, cela ne joue pas du tout. J’essaie de mettre de la douceur dans mes chansons, une sorte de poésie vivante musicale et théâtrale. » 

Sa drogue

De fait — elle le reconnaît — son cerveau est rarement en mode pause. « Même la nuit. Je suis insomniaque, mais j’aime bien. Il y a plein d’idées qui viennent, cela va dans tous les sens. » A ce stade-là, on est obligé de demander à la jeune femme ce qu’elle prend comme « vitamines » au petit-déjeuner pour être dans une forme pareille. Elle se marre. « Mon truc : des tartines au cenovis. Sinon, pas de drogue, promis. De même, je n’ai jamais pris une cuite. Vous savez pourquoi ? Depuis toute petite, j’ai une phobie, la peur de vomir. » Sacrée Phanee de Pool !

Demeure que, sur scène, elle conquiert le public par ses textes plein de douceur, mais de dérision aussi. Autodidacte en matière musicale, elle a tout de même de sacrées références avec un papa fou de jazz et une mère pianiste classique. Si elle n’oublie pas ses premières amours avec des boucles électro, elle se produit aujourd’hui sur scène avec un orchestre de chambre pour l’accompagner. On est loin de ses débuts en solo. Et quelques indices donnent à penser que la Biennoise, déjà lauréate du Prix de l’Académie Charles Cros et plusieurs fois nominée aux Swiss Music Awards, n’a pas fini de nous surprendre. 

J.-M.R. 

 

 

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