Où étiez-vous le jour où l’homme a marché sur la Lune ?

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Vous souvenez-vous du premier pas de l’homme sur la Lune, il y a cinquante ans ? Cinq personnalités racontent quelle fut leur impression à l’occasion de la télédiffusion en direct de cet événement. En Suisse, il était 3 heures 56 du matin, le 21 juillet 1969.

« On en a parlé avec mes camarades dans la cour d’école »

« J’étais dans la cour de « l’Ecole des caddies », à Crans. » Faute de télévision, il n’a pas suivi l’événement en direct. « En revanche, j’ai le souvenir que le thème « flottait » en quelque sorte dans l’air, dans les conversations entre camarades ou dans celles que je surprenais chez les adultes. » Si cet événement n’a pas changé quelque chose dans sa vision du monde, Jacques Cordonier, né en 1955, s’étonne « avec quelle rapidité la Lune a été « abandonnée » par la suite. C’est bien ainsi, elle est redevenue celle des poètes et des rêveurs. » Le fondateur de la Médiathèque du Valais conserve à l’esprit cette image : « Cet astronaute, un peu gauche, devant une bannière unicolore dont on disait qu’il s’agissait d’une expérience de l’Université de Berne sur les vents solaires. »

 

« J’étais devant la télé avec mon père fort âgé »

« Cette nuit-là, il faisait beau. J’étais chez mon père, François de Ribaupierre. Il avait 83 ans. Mon père, qui eut une enfance sans électricité, m’a confié combien cet événement avait une portée extraordinaire. Le fait de voir le premier pas sur la Lune à la télévision signifiait, à ses yeux, le fulgurant progrès technologique accompli en cent ans à peine. » En 1969, Derib a 25 ans. C’est la première parution des Aventures de Pythagore, le grand-duc fort en maths. Ses planches sont publiées par les magazines Tintin, Spirou et Pilote. Avec son copain de collège, l’astronaute Claude Nicollier, ils évoquent aujourd’hui plus volontiers leurs frasques scolaires que la conquête spatiale : « Mais je me souviens qu’il a été marqué par des BD comme Objectif Lune et On a marché sur la Lune. »

 

« La guerre froide en direct à la radio »

L’écrivain vaudoise a suivi l’événement à la radio avec son mari. « Nous étions marqués par le contexte de la guerre froide. L’alunissage, c’était comme si les Etats-Unis avaient remporté une victoire sur les Soviétiques. C’était peut-être un grand bond pour l’humanité. Mais je voyais tout cela dans une perspective politique, compte tenu de l’extrême tension qui régnait alors sur notre planète. » Janine Massard associe l’aventure lunaire à la brusque accélération du développement de l’électronique. Elle se souvient aussi de propos triviaux : « Dans les bistrots, autour de leurs trois décis, les gens imaginaient alors qu’il y aurait une ville sur la Lune. Les racistes disaient qu’il fallait
y expédier les Italiens, soit les immigrés de l’époque. »

 

« Un exploit des Etats-Unis en direct à la TV installée en classe »

« Je me souviens d’avoir vu la retransmission dans le cadre de l’école où une télévision avait été installée. C’était quelque chose d’incroyable pour le gamin du Noirmont que j’étais. » Né en 1954, le grand chef Georges Wenger a ressenti une immense surprise : « Les Etats-Unis avaient réussi un coup de force, et cela renforçait pour ma génération, née dans l’après-guerre, que les USA étaient le plus puissant des pays. Cela nous faisait rêver. » L’alunissage représente notamment à ses yeux la force de l’esprit pionnier. Un exemple qui l’a marqué : « En tout domaine, il y a des gens qui sont des précurseurs. Ils ont le courage d’aller à la rencontre du monde », rappelle ce grand cuisinier qui a contribué, lui, à faire venir le monde au Noirmont, grâce à sa gastronomie et à sa défense constante des produits locaux et bio.

 

« Jeune stagiaire, j’ai suivi l’alunissage à la rédaction du Journal de Genève »

Présidente du Conseil d’administration de Audemars Piguet, Jasmine Audemars a commencé sa carrière comme journaliste. Le
20 juillet 1969, elle a suivi l’alunissage dans la rédaction du Journal de Genève. « J’étais une toute jeune stagiaire journaliste. On a passé la nuit à attendre cet événement diffusé à la télévision. L’image bougeait, elle était tremblotante, en noir et blanc. » Jasmine Audemars se souvient d’avoir ressenti « une énorme curiosité ». « J’avais à la fois l’impression d’assister à un film, avec quelque chose d’artificiel et, en même temps, je savais que c’était la réalité. » Si la première montre sur la Lune était une Omega, Jasmine Audemars rappelle qu’elle était animée par un mouvement Nouvelle Lémania. « Et donc fabriqué dans la vallée de Joux. »

       

 

 

Nicolas Verdan

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