Nos célébrités rêvent de fêter Noël en famille

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Face à la pandémie, cinq personnalités romandes nous expliquent comment elles s’imaginent passer les Fêtes, malgré tout, entre famille, bons plans, tradition et valeurs à préserver.  

 

 

 


Photo : ©Vincent Calmel

 

« Dites à vos proches que vous les aimez ! » 

Brigitte Rosset, 50 ans, humoriste et comédienne

« Honnêtement, Noël, avec mes enfants, mon amoureux et mes frères et sœur, on s’imagine encore pouvoir le faire en se réunissant. Maintenant, si on ne peut pas, on se résignera peut-être à passer par Zoom. J’ai d’ailleurs déjà fêté mes 50 ans de cette façon, en avril dernier. On pourrait s’offrir des bons cadeaux — « Regarde ce que je t’ai offert ! » —, que ce soit pour un super repas à la maison ou pour un dîner chez nos amis restaurateurs, pour des livres, des bijoux… Un bon, c’est aussi la promesse d’un échange futur. Il y a le plaisir de le recevoir, puis le fait de se réjouir du moment où on va pouvoir le consommer. Chez nous, on a une tradition : en bons protestants, on se réunissait jusqu’ici chez ma mère qui nous lisait chaque année le récit de Noël : le recensement, l’arrivée à Nazareth… Mais, ma maman est décédée en janvier dernier, c’est le premier que l’on fera sans elle, et c’est moi qui ai été élue pour lui succéder avec cette lecture. Voilà une autre chose qui reste possible par Zoom. Tout comme les chants, les poésies récitées ou le fait de jouer à des instruments, auxquels les petits ont l’habitude de se livrer avant d’ouvrir les cadeaux.

Ce qui manquerait, cependant, ce serait le contact avec les gens. Et, à ce titre, je pense beaucoup à nos personnes âgées, dans les EMS. J’espère qu’elles pourront sortir. Les imaginer seules, sans l’espoir de serrer leurs proches dans les bras, ça me brise le cœur. Au pire, j’ai vu des initiatives superbes sur les réseaux sociaux pour demander aux enfants de leur envoyer des dessins, de partager des messages ou, simplement, leur faire savoir qu’on pense à elles. Voilà une autre valeur que ma mère avait pour habitude d’expliquer soigneusement aux petits, le soir de Noël : avoir une pensée pour ceux qui sont seuls.

Je ne suis pas forcément croyante, mais les principes chrétiens me semblent fondamentaux : l’amour nous sauvera. Pour lutter contre la peur, il y a l’amour. Dites à vos proches que vous les aimez. Après, moi, j’adore le kitsch de Noël : les sapins, les guirlandes, tout ce côté féerique qui permet de s’échapper… Rien qu’au niveau des bougies, celles allumées à Noël ont tout de suite l’air beaucoup plus folles, plus chouettes… J’aime cette idée de rêver durant cette période, de m’évader dans une sorte de conte. »

 

 

« Le plus beau des cadeaux serait de pouvoir serrer mes petits-enfants dans mes bras »

Pascal Auberson, 68 ans, musicien

« A Noël, on fait habituellement une grande fête familiale dans mon local du Flon, où je travaille. Pour moi, le plus important de cet événement, c’est la lumière dans le regard des enfants. C’est pour cette raison que, pour l’instant, je préfère ne pas envisager de passer la soirée en Zoom (NDLR, application de conférence à distance), même si on doit tous porter le masque — y compris le Père Noël —, et si on doit faire ça avec moins de gens et moins de cadeaux.

Mais un dessin de la part de mes petits-enfants et une chanson sympa que j’écrirai pour eux, ça suffit. De toute façon, pour moi, le plus beau des cadeaux serait de pouvoir les serrer dans mes bras. Ne plus se toucher du tout, ne plus s’embrasser ou passer la main dans leurs cheveux, c’est l’horreur absolue.

Et, si j’ai une chose à leur dire, c’est qu’il faut rester debout, leur faire comprendre que tout cela est passager. Je ne dis pas qu’il faut danser sur la table — n’oublions pas que certains en meurent — mais, si on continue à se morfondre, on va tous mourir de tristesse. Mon conseil, pour positiver, c’est de jouer de la musique très fort. Nous on va taper sur des tamtams ! »

 

 

 

« Si on est dix et qu’on ne peut se réunir qu’à cinq, on le fêtera deux fois ! »

Yvette Théraulaz, 73 ans, chanteuse et comédienne

« J’ai deux petites-filles, de 6 et 10 ans. Comment fêtera-t-on Noël ? Franchement, c’est tellement difficile de se projeter. Mais si on est dix personnes et qu’on ne peut se réunir qu’à cinq, on le fêtera deux fois, tout simplement. Parce que, honnêtement, je fais un peu de résistance par rapport à Skype, Zoom ou même les téléphones portables. Maintenant, si ça devient une nécessité, je m’y mettrais. Après, sans être rabat-joie, j’ai toujours trouvé cette fête trop consumériste, un peu « too much » avec ces guirlandes exhibées déjà deux mois en avance.

C’est bien sûr différent avec mes petites-filles : c’est très touchant de les voir attendre le Père Noël et tout ça. Mais, même de leur côté, je ne suis pas sûre que si Noël devait ne pas avoir lieu cette année, ce soit la fin du monde. Et puis, ça ne les empêchera pas de recevoir des cadeaux. Comme je suis une grand-maman un peu pédagogique, je vais leur acheter plein de livres et de BD, en espérant en dénicher qui traitent du virus d’une manière ludique. Je crois que les enfants ont besoin d’être informés et rassurés. »

 

 

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« J’aime penser qu’à Noël on se comporte tous un peu mieux que d’habitude »

Alain Morisod, 71 ans, musicien

« Cette année est particulière, puisque c’est le premier Noël depuis 1974 que je ne vais pas passer en tournée, mais à la maison, tranquille, avec mon épouse. D’abord à cause du Covid-19, mais aussi d’ennuis de santé. J’ai été opéré en septembre pour de gros problèmes de colonne vertébrale. Elle est d’ailleurs aujourd’hui tellement garnie de vis que j’ai prévu de me servir d’une radiographie comme carte de vœux : en ajoutant simplement quelques boules, ce sera le sapin de Noël parfait !

Zoom ? N’y pensez pas : je ne sais même pas naviguer sur mon portable. Mes copains du Canada vont d’ailleurs me manquer. Sinon, à Noël, j’aime penser que, ce jour-là, on se comporte tous un peu mieux que d’habitude. Je suis aussi très traditionnel : au menu, ce sera foie gras, saumon, dinde et cardons genevois ! Et j’adore faire la crèche. Gamin, j’avais eu le malheur de casser la statuette de Melchior de mes parents qui m’avaient passé une dérouillée. Il y a cinq ans, j’ai eu l’idée de raconter ça en concert et d’encourager mon public à m’envoyer un Melchior s’ils en avaient un en trop. J’en ai aujourd’hui 540 ! » 

 

 

« On repousse Noël au 25 juin : reporté pour cause de Covid ! »

Sandrine Viglino, 44 ans, humoriste

« Nous, c’est bien simple : on repousse notre soirée de Noël de six mois, au 25 juin. « Reporté pour cause de Covid », comme pour les spectacles. Et je me réjouis déjà de voir qui sera déguisé en Père Noël en plein été. Alors, ça nous fend le cœur parce que Noël, pour nous, c’est vraiment l’occasion de nous revoir tous, entre grands et petits cousins, oncles et tantes… On va quand même essayer de marquer le coup en se retrouvant à l’extérieur la journée, autour de Martigny, s’il fait beau. Le tout en restant à distance respectable, soit avec, chacun, son caquelon à fondue, soit son verre de vin chaud. Et, le soir du 24, on fêtera ça dans nos familles respectives, pour ma part avec mes parents, mon compagnon et mon frère, en petit comité.

On avait aussi l’habitude de se presser pour aller à la messe de minuit, mais, l’an passé, l’église était vraiment déserte et la messe avait un peu perdu de sa magie. Après, question cadeaux, mon filleul n’a pas perdu le nord : il s’inquiète déjà de savoir si le Père Noël pourra entrer dans la maison pour déposer les cadeaux à cause du virus… »

 

 

Véronique Châtel 

 

 

 

 

 

 

 

 

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