Disparue en 1997, la chanteuse Barbara inspire toujours! | generations-plus.ch

Disparue en 1997, la chanteuse Barbara inspire toujours!

La disparition de la chanteuse, en 1997, inspire les commémorations. En témoignent les disques, les films et les livres qui sortent cet automne. Hommage à la belle dame brune.

Barbara est décédée en novembre 1997, à l’âge de 67 ans, des suites d’une maladie pulmonaire chronique. Bientôt vingt ans donc. Elle est enterrée dans le carré juif du cimetière de Bagneux, au sud de Paris, dans le caveau familial Brodsky (nom de sa mère), tout près de celle qu’elle adorait, sa grand-mère Granny, dont elle disait qu’elle « seule savait sécher ses larmes et recueillir, du bout des doigts très fins, son désespoir d’enfant.»

 

Du désespoir, Monique Serf (ainsi s’appelait la dame brune) en a éprouvé souvent durant son enfance, marquée par la guerre, l’Occupation, la traque des Juifs et par les viols répétés de son père. Le neuropsychiatre, Boris Cyrulnik, interrogé cet été sur France Inter, disait qu’elle était un merveilleux exemple de résilience. C’est aussi l’avis de l’écrivaine Julie Bonnie qui, en exergue de son biopic sur Barbara* a repris cet extrait des mémoires de la chanteuse**: «Sûr, il m’a fallu un sacré goût de vivre, une sacrée envie d’être heureuse, une sacrée volonté d’atteindre le plaisir dans les bras d’un homme, pour me sentir un jour purifiée de tout, longtemps après.»

Pianiste chantante...

C’est grâce à une voisine de palier, professeure de chant, que Monique commence à travailler sa voix et le piano à 16 ans. Elle est douée : sa professeure l’encourage et la fait entrer à l’Ecole supérieure de musique de Paris. Elle découvre les mélodies de Duparc, Fauré et Debussy qui la marquent. Pour survivre durant ses années d’apprentissage, elle cumule les petits boulots : mannequin, choriste, plongeuse, cousette, démarcheuse en assurances. Jusqu’à 30 ans, où elle enregistre un disque de chansons de Brassens, qui lui vaudra des prix et un début de popularité, Barbara (pseudonyme emprunté à la martyre chrétienne jetée aux lions) a bouffé de la vache enragée. Accrochée à son objectif, devenir une pianiste chantante, saisissant toutes les opportunités et les rencontres pour progresser dans le métier, mais ne mangeant pas toujours à sa faim.

 

En 1964, elle chante ses propres compositions en première partie de Georges Brassens à Bobino — un triomphe —, avant d’y chanter seule, en 1965. C’est après ce spectacle qu’elle écrira Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous destinée au public. La suite est jalonnée de compositions (218), dont une trentaine deviennent des tubes — L’aigle noir, Dis, quand reviendras-tu ?, La solitude, La petite cantate ... — et de tours de chant inoubliables.

 

Mariée deux ans avec Claude Sluys — un avocat bruxellois —, la belle dame en noir a beaucoup aimé les hommes. On lui prête une liaison avec Serge Reggiani, Georges Moustaki, Gérard Depardieu ... Mais, chut ! Barbara était secrète. Discrète. Sur sa vie privée comme sur ses engagements humanistes : elle a soutenu l’association de lutte contre le sida, Act-Up, visité des détenus dans les prisons ...

...mélancolique et gaie

Les artistes qui lui rendent hommage ont coutume de reprendre les chansons mélancoliques de son répertoire, celles évoquant la jeunesse passée et les amours d’antan. C’est dommage. Barbara en a écrit des caustiques aussi comme Veuve de guerre : « Tout dans la vie arrive à son heure. Il faut bien qu’on vive. Il faut bien qu’on boive. Il faut bien qu’on aime. Il faut bien qu’on meure. »

** Il était un piano noir, Ed. Fayard.

Véronique Châtel

Hommages 20 ans après

  • Barbara, un roman, Julie Bonnie, Ed. Grasset, sortie en septembre.
  • Elles & Barbara , 13 reprises de Barbara par 13 artistes féminines (Zazie, Jeanne Cherhal, Olivia Ruiz, Elodie Frégé...), Universal Music.
  • Barbara, long métrage de Mathieu Amalric avec lui-même et Jeanne Balibar.

La bande annonce du film:

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