L'histoire romande à portée de tous

© Corinne Cuendet

Passé Simple, mensuel romand d'histoire et d'archéologie, est né début 2015. Derrière ce magazine captivant, un journaliste historien étonnant: Justin Favrod.

Lancer une revue d'histoire et d'archéologie en Suisse romande... il fallait oser. Et surtout être à la hauteur pour assumer un mensuel capable d'aborder notre passé sans tomber dans le piège du soliloque ennuyeux et du verbiage hermétique. Derrière la revue Passé Simple, dont le premier numéro est sorti en janvier, se trouve un homme passionnant et passionné: Justin Favrod.

 

Regard malicieux, sourire presque timide et humour à fleur de peau, il est un OVNI dans le paysage médiatique. Etudes d'histoire antique et de lettres latines à l'UNIL, journaliste au Journal de Genève, à La Liberté, puis à 24 heures, écrivain, conseiller personnel du conseiller d’Etat vaudois Pascal Broulis... Son aventure personnelle, il la raconte par bribes, en la saupoudrant de petites remarques amusées dont il a le secret: «Je suis né en 1963. J'aime bien préciser que je suis né le 17 décembre: ça me donne l'impression de gagner une année!» 

 

Son grand-père mathématicien l'encourage à lire Plutarque... ce qu'il s'empresse de faire dès l'âge de 13 ans. Cette expérience marquera le début de son intérêt pour l'histoire ancienne, avec une préférence pour les Ve, VIe et VIIe siècles, et pour les Burgondes auxquels il consacrera sa thèse.

Plaire et instruire

Même s'il explique avoir beaucoup aimé le journalisme, Justin Favrod finit par ne plus se sentir en adéquation avec le milieu dans lequel il évolue. Voilà quelques mois, il décide de se fixer un challenge professionnel: créer une revue consacrée à l'histoire romande et suisse. «Mon ambition est de plaire et d'instruire, de faire en sorte que les lecteurs apprennent quelque chose sans s'ennuyer. Pour cela, je fais appel à des auteurs. Pour le moment, j'ai des sujets et des signatures jusqu'à la fin de l'année.»

 

Passé Simple se décline sur 36 pages. La première partie est consacrée à un dossier et à des éclairages, le tout truffé d'anecdotes et de détails passionnants. La seconde, réalisée par le rédacteur en chef, aborde tout ce qui touche à l'actualité du passé: expositions, livres, conférences...

 

Le créateur de ce nouveau média est passionnant et inattendu. Une double particularité qui se retrouve dans les pages de sa revue. Pour assurer sa pérennité, il doit compter sur 3000 abonnés. En mars, il en avait déjà 1700. Lorsqu'il aura franchi le cap fixé, il pourra s'accorder son premier salaire et continuer à relever son défi audacieux. Le tout sans passer par la case internet pour diffuser des articles: son site ne sert qu'à présenter la revue et à permettre au public de s'abonner. La future disparition supposée des livres et des médias traditionnels le laisse de glace. Le papier comme l’Histoire, il y croit!        

 

Martine Bernier

 

www.passesimple.ch

 

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