Sex shop 2.0

©RTS/Jay Louvion

A cœur joie, la chronique de Martina Chyba.

Souvenez-vous, je vous avais raconté une visite au sex-shop, juste avant le premier confinement. Depuis, je reçois régulièrement des bons cadeaux à la maison sous pli discret, comme il est d’usage. Récemment, je me suis dit qu’il fallait aussi se déconfiner de ce point de vue-là, j’ai pris le bon de 30 francs et j’y suis retournée.

Comme sur le reste de la planète, tout avait changé. Il y avait certes toujours les vieux classiques, la lingerie et les euh… objets que je vous laisse visualiser. Mais ces objets étaient désormais connectés ! Fini le vieil appareil à massage vu dans le catalogue Vedia quand on était adolescents et qui fonctionnait à piles. Aujourd’hui les jouets (oui cela s’appelle des « jouets ») sont rechargeables comme les smartphones. Donc, sur votre multiprise, vous avez désormais votre téléphone, votre montre connectée, votre liseuse ET votre jouet. Attention à ne pas confondre les usages, s’il vous plaît. 

Le vendeur m’a présenté tout cela comme s’il faisait l’article d’un robot cuiseur multifonction, donnant des tas de détails, ainsi que ses propres préférences : « Ça, ça fait une vibration ici et c’est … mmmh. » Là, vous vous demandez ce que vous faites là, avec ce barbu tatoué qui vous parle de ses orgasmes. Vous vous rabattez prudemment sur les questions techniques : « Connecté ça veut dire quoi exactement ? » « Vous voyez, c’est en deux parties, il y a le jouet et la télécommande. Votre compagnon peut, par exemple, l’actionner à distance. C’est aussi possible à partir d’un téléphone portable grâce à une application. » Wow. Moi qui ai du mal à faire un partage de connexion sur mon iPhone, je sens que cette chose promet plein de moments gênants. 

 

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Figurez-vous qu’il en existe même avec des caméras dessus. Oui ! Pour filmer pendant l’action. Honnêtement, je ne vois pas ce que ça peut donner comme images intéressantes, mais il faut faire très attention. L’émission A Bon Entendeur de la RTS a démontré qu’il était facile de prendre le contrôle de ces appareils depuis un ordinateur et accéder ainsi à des données très, très privées.

En plus, ces produits ne sont pas donnés, comme on dit pudiquement chez nous pour dire : « très chers ». Bref, j’ai dit merci à mon charmant interlocuteur en pensant que je vais justement essayer de me déconnecter un peu pour me connecter le plus possible avec une vraie personne que j’aime. Et ça, ça n’a pas de prix.

 

Martina Chyba

 

 

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