Rien n’est noir ou blanc

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A cœur ouvert, la chronique de Rosette Poletti

Les informations, ces dernières semaines, nous invitent à prendre connaissance des destructions, exactions, crimes de guerre commis par des soldats russes en Ukraine. Que de souffrances, que de crimes et de deuils inutiles ! On ne peut que ressentir une immense compassion pour toutes les victimes de cette barbarie ! On se sent responsable de passer à l’action, de donner ce qu’on peut, d’accueillir, d’aider selon nos compétences !

Bien sûr, on peut en vouloir à Poutine qui est à l’origine de tout cela, espérer qu’un jour il sera jugé pour tous ces crimes ! On comprend aussi que les victimes de tous ces actes odieux en veuillent aux soldats russes et les accusent d’être des monstres, de ne pas se comporter comme des êtres humains, de manifester une cruauté qu’aucun animal ne démontrerait ! On peut bien comprendre cela ! 

Il y a pourtant une autre face à ne pas oublier. Il y a en Russie tant de gens extraordinaires, tant de ferveur et tant de créativité. L’autre soir, j’ai regardé de nouveau le documentaire de KTOTV sur YouTube : Valaam l’archipel des moines, du 27 novembre 2012. Le contraste est saisissant. On voit aussi ces grands hommes forts, de la même carrure que ceux qui sévissent en Ukraine (en Syrie ou au Mali !), mais dans une situation tellement différente. C’est la même pâte humaine, qu’est-ce qui fait la différence : une autre croyance, d’autres décisions et choix de vie. L’horreur et la beauté, il y a les deux, tout être humain peut être capable des deux en fonction des situations, en fonction de son entourage, l’abject et le sublime, c’est tellement difficile pour nous de tenir les deux, ensemble, dans notre esprit… et de ne pas juger tous les Russes, à cause des exactions de certains ! 

Une phrase du philosophe Jean-Yves Leloup interpelle particulièrement en ces temps troublés : « Comment voir du même regard à la fois l’absurdité de l’enfant qui meurt et la beauté du coquelicot qui fleurit ? L’absurde et la grâce dans un même regard ! Ce sont les deux aspects d’une même réalité qu’il faut apprendre à accepter dans son entièreté, (Un art de vivre par temps de catastrophe, p.10), tant nous savons, par expérience, combien c’est difficile. C’est le travail de toute une vie. »

 

Rosette Poletti

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