Nouvelle révolution sexuelle

Martina Chyba. © Jay Louvion/RTS

A cœur joie, la chronique de Martina Chyba.

Pardon d’avance, hein, mais je vais vous parler d’un truc un peu plus cru que d’habitude. J’ai en effet appris un nouveau mot lié à la sexualité et je me suis dit que j’allais le partager avec vous. Après tout, ce n’est pas parce qu’on a plus de 50 ans qu’on est coincés, non? Nous sommes largement majeurs et largement vaccinés, même survaccinés désormais, alors il n’y a aucune raison qu’on perpétue l’idée que, seuls, les jeunes peuvent parler de cul.

Si vous avez des enfants et des petits-enfants, vous avez vu arriver une révolution de genre, avec plus de fluidité entre genre masculin et féminin, la possibilité de se déclarer non binaire, les discussions autour de la transidentité, etc. Cela s’assortit d’un nouveau vocabulaire très sophistiqué. Moi, par exemple, avant, j’étais une femme. Aujourd’hui, je suis assignée au sexe féminin, cisgenre et hétéronormée. En résumé, cela signifie que mon identité de genre est en accord avec le sexe qui m’a été donné à la naissance, à savoir féminin, que sexuellement j’aime les personnes de l’autre genre, à savoir les hommes. Mais ce n’est pas tout.

Le fameux «il y a papa dans maman»

J’ai lu un article récemment qui parlait de dépasser la sexualité «pénétro-centrée». Voilà voilà voilà. Pour dire les choses avec des mots simples, il faudrait réfléchir à une autre sexualité que celle uniquement basée sur l’équation suivante: préliminaires+coït+éjaculation=satisfaction et une fois que c’est fait on peut tranquillou retourner regarder Netflix. Souvenez-vous, on expliquait à nos enfants comment on faisait des bébés avec le fameux « il y a papa dans maman ». Ce serait un des outils de domination des hommes sur les femmes. Ce n’est pas tout faux, mais objectivement réducteur. Comme le dit élégamment mon amoureux: «Vous nous accueillez chez vous», ce qui est une vision nettement moins brutale de la chose. Cela dit, on n’a pas attendu 2022 pour trouver d’autres manières d’éprouver du plaisir, surtout nous les vieux, qui devons faire avec des chutes d’hormones et des chutes de plein de choses (cheveux, désir, érections et autres) et réinventer une libido épanouissante «pénétro-centrée» mais aussi «pénétro-décentrée». 

Bref, je ne sais pas si on va dépasser cette sexualité qui semble désormais poser problème. Mais, heureusement, que nos ancêtres étaient encore un peu «pénétro-centrés», parce que sinon… ben on ne serait pas là, vous et moi, pour nous poser ce genre de question.

Martina Chyba

0 Commentaire

Pour commenter